LÉSIONS PATHOLOGIQUES DE L*ENCEPHALE
Un abaissement de température qui se produit une fois que la période ascendante est complètement établie, indique ou qu'une nouvelle liémorrhagie s'est produite, ou qu'une syncope est survenue.
Si la température subit une élévation brusque, il est permis de supposer que la lésion a atteint les centres modérateurs que les expérimentateurs ont décrits.
M. Charcot, dans un cas où la température s*était élevée jusquà 42^ 6 trouva à Tautopsie une thrombose oblitérant Vartëre carotide gauche.
Dans le ramollissement cérébral, la température présente quelques particularités importantes à noter.
On connaît la difficulté excessive qu*il y a souvent dans certains cas à faire un diagnostic entre une hémorrhagie cérébrale et un ramollissement du cerveau ; dans ces cas la thermométrie, comme nous allons le voir, peut être d'un très grand secours.
L*abaissement initial de la température existe quelquefois, les températures observées ont été 37®, 2, — 37*», 8 ; mais il peut aussi manquer et c^est là le cas le plus Aréquent.
Dans une observation de M. Bourneville, nous pouvons noter la série suivante :
2 heures après l'attaque 36^
48 et 60 — 38«2
72 — 4Çn
Lorsque l'abaissement de température existe, il est beaucoup moins marqué que dans l'hémorrhagie cérébrale.
Des différences très importantes existent entre ces deux maladies au point de vue de la température à la période dite stationnaire. Dans le ramollissement cérébral, en effet, la température s'élève brusquement après l'attaque. — Dans toutes les observations que M. Charcot a pu prendre, jamais un fait semblable n'a été vu dans l'hémorrhagie cérébrale ; jamais non plus dans 1 hémorrhagie la température ne redescend au chiffre physiologique, comme cela se voit dans le ramollissement cérébral.
La période ascendante du ramollissement diffère de la période ascendante de 1 hémorrhagie, en ce que dans Thémorrhagie cette élévation thermique se produit un ou deux jours après Tictus apoplectique. Dans le ramollissement la période stationnairepeut durer plusieurs jours.
Dans ce dernier état, les températures n'atteignent jamais le niveau thermique de 40'', 4P, 42*' que nous avons noté dans Thémorrhagie cérébrale.
La température de la période terminale est généralement moins élevée aussi dans le ramollissement.
M. Hutin ^ dans un travail récent, basé sur un grand nombre d*observations thermométriques dans Thémorrhagie cérébrale et le ramollissement, arrive aux mêmes conclusions que MM. Charcotet Bourneville.
« L'abaissement de quelques dixièmes de degré dans Thémorrhagie cén^.brale ou le ramollissement, dit cet auteur, au moment de l'ictus apoplectique n'est pas un signe suffisant pour faire diagnostiquer immédiatement la lésion, mais il permet au moins d'éliminer aussitôt toute une série d'alTections (hystérie, alcoolisme, etc.)- *
11 est inutile de faire ressortir davantage les indications que peuvent nous fournir le thermomètre dans le diagnostic de rhémorrhagie cérébrale et du ramollissement; des différences très nettes existent dans la marche de la courbe thermométrique, et les lois de M. Charcot sont établies sur un nombre assez considérable d'observations pour que nous les adoptions entièrement. Mais là ne s'arrête pas le bénéfice que nous donne le thermomètre, il ne nous permet pas seulement de distinguer l'hémorrhagie cérébrale du ramollissement du cerveau, il nous permet encore de diagnostiquer les autres états si nombreux qui se cachent sous le symptôme apoplexie.
Les attaques apoplecliformes donnent lieu en effet à des modifications particulières de la température. — Westphal a démontré que la température, dans ces cas, s^élève jusqu'à 30^ environ, qu'il y ait ou non des convulsions.
i . Hdtin. De la température dans fhémorrkagie cérébrale $t le ramoi*
lissement (thèse de Paris, 1877).
LESIONS PATHOLOGIQUES DE L*£MCÉl'HALE 05
Elle 8*abaisse rapidement, si le cas est favorable; mais si la mort doit arriver, elle persiste et va même en augmentant. Ces caractères, on ie voit, ne sont pas ceux de Thé- Diorrhagie cérébrale, et le diagnostic devient facile.
Les attaques apoplecU f ormes ^ qui se montrent dans le cours de la paralysie générale, s* accompagnent presque toujours d*aprës Westphal \ Mickle ^, Hanot, Magnan^ d'élévalion de la Umpéraiure,
Dans la sclérose en plaque (Zenker, Nicolas), dans les tunuurs cérébrales (Ladame^), dans Vataxie locomotrice, dans les pneumonies séniles, ies attaques apoplecti formes s'accompagnent d^élévation de la température.
Les attaques apoplectiques dues à Turémie donnent lieu au contraire, à des abaissements extraordinaires de la température.
Dans les attaques épilepti formes, quelque temps après Tattaque, il y a élévation de la température ; dans l'hémorrhagie cérébrale, au contraire, nous savons qu'il y a abaissement.
C'est là un point dont Timportance nous parait très grande.
Nous devons encore attirer l'attention sur un fait singulier signalé par Williams » et Clouston •, et qui peut aider à prévoir le début de Tattaque d'épilepsie ; nous voulons parler de rabaissement initiai de la température avant Tattaque.
Nous dirons, en terminant, qu'en présence d'un apoplectique, le thermomètre peut nous indiquer la lésion qui a amené le symptôme que nous observons.
Si nous avons, en effet, lors d'une première exploration, un abaissement de température, nous pouvons rejeter l'idée que nous avons affaire à des attaques apoplecti formes ou épileptiformes. — Dans les empoisonnements qui produisent le
i. Wbstpbal. Gi-iesinger Archiv fur Psychiatrie, i, 337.