Heidrnhain. Plùger's Arckiv fur Physiologie
LESIONS EXPBRIMBNTALBS DE LA MOELLE EPINIERB 105
qae la moelle allongée est le centre vers lequel doivent conyerger toutes les causes modificatrices de la chaleur animale.
Lorsque le cerveau était séparé de la moelle par une section qui passait par le pédoncule droit du cervelet, les corps quadrijumeaux, et qui allait jusqu'à la base, en séparant transversalement le pont de Varole de la moelle allongée, rexcitation des nerfs sensibles produisait absolument le même eifil que lorsque l'on opérait à l'état normal.
cGTest donc bien par la moelle allongée, dit.Heidenhain, que Texcitation du nerf sciatique abaisse la température. » Poar pousser plus loin sa démonstration, ce physiologiste excite directement la moelle allongée et voici les résultats qa il obtient dans une de ses principales expériences :
« Une aiguille électrique isolée jusqu^à sa pointe est introduite par Tos occipital jusqu'à la base du crâne ; une autre aiguille est enfoncée dans la partie supérieure de la moelle cervicale. La température est mesurée dans la veine cave iDférieure toutes les quinze secondes. »
La température avant la section du pneumo-gastrique étant 37^9 Après cette section on obtient :
37*^9, —88 —84 —81 —79 —76 —74 —71 —71 —69 —74 —72 -72 Pendant Texcitation de la moelle allongée :
37*72, —72 —72 —69 —64 —49 —41 —39 Après Texcitation :
—59—60—60—60-60 Pendant une nouvelle excitation :
37*58, —50 —50 Après :
L'abaissement de température est dans ce cas très manifeste.
Heidenhain a vu aussi qu*en suspendant la respiration, la température s'abaissait sensiblement ; il pense que c*est par Texcitation de la moelle allongée qui se produit probablement dans de semblables circonstances. *
Voici du reste la principale conclusion d'Heidenhain : < Lorsque la moelle allongée est excitée, soit directement (par l'électricité ou la suspension de la respiration), soit indi-
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rectement (par Texcitation d^n nerf périphérique), la température centrale descend rapidement et d*une façon notable.
D'autres observateurs en produisant des lésions de la moelle, disent au contraire avoir vu des élévations considérables de la température. Tscheschichin * dit avoir trouvé un centre modérateur^ qui, lorsqu'il est séparé de la moelle, n*a^t plus et par conséquent amène la production de la fièvre.
Pour léser ce centre « il faut passer par la partie supérieure de l'occiput et couper avec précaution la moelle allongée à la partie postérieure du pont de Yarole. »
Bruck et Qunther * qui ont en partie répété les expériences de Tscheschichin, lésaient la moelle sans ouvrir le crâne. Ils ont aussi noté une élévation de température ; mais ce qu'il faut remarquer avec eux, c'est que l'irritation de la moelle allongée qu'ils produisaient dans la région du bord postérieur du pont de Yarole et du bord antérieur de la moelle allongée, au moyen de deux aiguilles qu*ils enfonçaient dans cette région, et qu'ils laissaient un certain temps, donnait lieu à une élévation de température, mais réUvation de température était le plus souvent précédée d'un abaissement.
Ces expériences ne nous paraissent pas en désaccord avec celles de Heidenhain ; ce dernier auteur ne produisant qu'une excitation passagère, Tscheschichin, Bruck et Gunther une excitation durable.
Fischer * pense qu'il existe dans la moelle un centre dépresseur dont l'irritation détermine un abaissement de température et dont la paralysie produit au contraire une élévation. Ce centre se trouve, d'après cet auteur, dans les cordons de la partie cervicale de la moelle.
Naunyn et Quincke * ont répété les expériences de Brodie, et ont vu qu'en coupant et en écrasant la moelle épinière sur des chiens, la température s'abaissait considérablement.
Dans leurs premières expériences surtout, cet abaissement était très marqué.