OB LA TBMPÉRATURB AXILLA.IRE COMPAREE A LA TEMPERATURE
RECTALE.
En clinique, dans les maladies caractérisées par des élévations de température, Texploration axillaire fournit généralement des renseignements suffisants. Il faut cependant remarquer que dans ces cas on ne peut obtenir Tétat de la température centrale que donne, avec une approximation suffisante, Texploration rectale ou vaginale.
Dans les maladies fébriles, la différence entre la température axillaire et rectale est peu marquée. Dans les maladies algides, au contraire, la température axillaire est quelquefois très basse, alors que la temi)érature rectale est élevée.
Dans la période d*algidité do la fièvre intermittente, alors que la température axillaire est abaissée, la température centrale est au contraire très élevée. (Sénac, Gavarret.)
Chez Tenfant, la température prise dans le rectum et dans Taisselle présente des différences trës marquées.
M. Henri Roger * a trouvé, à Tétat normal et dans quelques maladies fébriles chez les enfants :
Température axillaire. Température recUte.
1. H. Roger. Rechcrckcs cliniques sur les maladies de l'enfance, Paris,
37M Méningite tuberculeuse 37<»8
38«2 Rougeole 38^2
38^2 Scarlatine 38°6
3608 Méningite 37o2
Finlayson a constaté qu'il y avait une différence en plus de 0,70 F., c'est-à-dire à peu près un tiers de degré centigrade entre les deux régions.
M. Gavarret ' dit que, chez les enfants, le creux axillaire donne presque absolument la température centrale.
Dans ses premiers écrits, M. Roger admettait la même conclusion. Cet auteur pense aujourd'hui que la température rectale peut rendre des services et qu'il est indispensable de la rechercher.
D'après M. Mignot*, les explorations thermométriques rectales ne donnent pas de résultats plus précis que celles faites dans le creux axillaire.
Pour le vieillard, personne, croyons-nous, ne nie qu'il existe un écart assez marqué entre la température axillaire et la température centrale à l'état physiologique ; la température centrale présente une grande fixité, tandis que la température axillaire varie beaucoup.
Si Ton aborde le domaine de la pathologie la différence va s'accentuer davantage, et si l'on compare la température axillaire à la température rectale dans le cours d une maladie, il existe un désaccord considérable entre les deux courbes obtenues. On pourra, par exemple, avoir sous l'aisselle 36^2, tandis que la température centrale indiquera 39*.
Que la température axillaire, à l'état normal, difière fort peu de la température centrale, nous l'accordons; mais à l'état pathologique, et surtout à l'état d'algidité, il n'en est plus de même.
L'algidité, chez l'enfant en particulier, s'accuse davantage en raison de la facilité plus grande que possède l'enfant à se refroidir; or il est évident que les parties les plus exposées au froid sont celles qui se refroidissent le plus. La tem-
\, Gayariiet. Des phénomènes physiques de la vie, 1869. 2. MiGNOT. Gazette hebdomadaire^ 1869.
TEMPS&ATURB AXILLAIRE ET TBMPERATURB RECTALE 17
pérature de Taisselle ne doit-elle pas, dans tous les cas, être plus abaissée que celle du rectum ?
Chez Tadulte des différences très marquées ont été trouvées dans certaines maladies entre la température rectale et la température axillaire. Certains auteurs ne s'occupant que de la temt>érature axillaire nous ont donné des résultats que nous ne pouvons pas admettre. C*est ainsi que dans le choléra, on a affirmé qu'il existait un abaissement de température beaucoup plus considérable qu'il n'est en réalité et qui manque même le plus souvent.
Dans nos observations, nous avons pu vérifier ces faits.
Dans plusieurs cas, nous avons noté une différence de 3 à 4® entre la température rectale et la température axillaire.
Si chez l'enfant et chez l'adulte la température axillaire est, à rétat sain et dans quelques maladies fébriles, peu différente de la température centrale,il ne s'ensuit pas que dans l'état d'algidité, il en soit de même. Nous devons donc toujours prendre la température axillaire en même temps que la température rectale ou vaginale. Chez le vieillard et chez le lioveau-né cette précaution est indispensable.
Dans nos recherches, dans celles d'un assez grand nombre d'auteurs, de M. Charcot en particulier, les températures ont été toutes prises dans le rectum; aussi donnent-elles une certitude que Ton cherche vainement dans certaines observations : les notions qu'elles fournissent sont d'une grande importance, car elles ont trait à l'algidité centrale.