Feltz et llrnER. Acad. des sciences, 3 juin
DANS LES INTOXICATIONS ^o»
On a dit, par exemple, qu'il se produisait, par suite de l'injection des substances dont nous yenons d'examiner les effets, une destruction des globules sanguins ; d'autres ont dit que le globule sanguin, comme dans l'empoisonnement par l'oxyde de carbone, avait perdu son pouvoir respiratoire ; il y aurait, suivant l'expression de Williams, une nécrémie ou mort du sang.
Rohrig pense que les abaissements de température tiennent surtout à ce que les acides amènent un ralentissement considérable du cœur.
Von Duscli et Kuline disent que les acides biliaires détruisent les globules.
Plusieurs auteurs attribuent les abaissements de température observés dans les maladies du foie à la présence de la bile ou des substances qui en dérivent dans le sang.
Les abaissements de température du diabète tiendraient de même, d'après quelques observateurs, à l'existence de Vacélonc dans le sang.
Il est rationnel d'admettre que dans les affections hépatiques et rénales, les déchets des combustions intimes (Bouchard), qui s'accumulent dans le sang à la dernière période de ces maladies exercent une action dépressive sur la tenlpérature.
Il est difficile, dans l'état actuel de la science, de préciser et d'indiquer les substances organiques qui possèdent cette action.
On sait cependant que dans le diabète, les affections rénaleâ et hépatiques, les abaissements de température et les troubles de nutrition sont surtout marqués lorsque l'urée et les ma-^ tières excrementitielles, indices de la diminution des oxydations intra-cellulaires, sont en proportion notable dans le sang.
Les poisons et certains médicaments, lorsqu'ils sont introduits dans l'organisme, agissent d'une façon puissante sur la calorification : les uns élèvent la température, les autres l'abaissent.
Nous ne signalerons ici que les substances qui abaissent la température.
Peu d'auteurs s'étaient occupés de cette question ; à peine
Brodie et Cliossat signalaient-ils l'influence de l'opium et du voorara sur la température, Demarquay, Leconte et Dumëril * étudièrent laction des différents médicaments sur la température. Leurs recherches expérimentales engagèrent les cliniciens à étudier les modifications de température produites par les médicaments et la médication antifébrile put subir uu contrôle exact.
Nous examinerons l'action dépressive sur la température des médicaments en commençant par les plus employées en thérapeutique, pour combattre la fièvre.
Quinine. — Briquet est un de ceux qui signalèrent tout d'abord l'action puissante de la quinine. Vinrent ensuite Piorry ^, Hugelmeister, qui vérifièrent les résultats obtenus.
Siduey Ringer nous a donné aussi des études fort intéressantes sur la quinine au point de vue de la température.
Cet-observateur a fait d'assez nombreuses expériences sur l'homme et sur les animaux, et il en résulte, nous dit-il, que les hautes doses abaissent certainement la température, mais que cet abaissement est peu considérable.
Favier et Colin ^, expérimentant sur eux-mêmes, en dehors de toute maladie, ont toujours noté un abaissement de température.
Lewisky \ injectant chez des lapins des doses massives de quinine, a pu observer des abaissements de température.
Liebermeister ^ a aussi étudié l'action antipyrétique de la quinine dans les maladies fébriles et de tous les faits qu'il a observés avec soin, il a conclu que la quinine abaisse d'une façon assez notable la température.
1. Demarqoay et Duuéril. Recherches expérimentales sur les modifications imprimées à la température par l'alcool, Véther, le chloroforme (Arch. g'>n. de méd., 4o série, t. XVI, p. 189, 18i8).
DEMARQU.4Y, DoMÉRiL, Leconte. Rccherches sur l'influence des agents thérapeutiques sur la température (Acad. des sciences, 1847, 1848, ■1831, et Acad. des sciences, 14 avril 1851, 26 mai 1831 et 20 octobre 1851). , . ^ . , ,„
2. Piorry. Traité de diagnostic et d". sémôiologie. T. in vol. in p. 28 et suiv. Pari.s, 1840.
3 Favier et Colin. Etude sur la quinine et ses sels. Pans, 1872.