Jousset de Bellème, Gazette des Hôpit. 1876, p
Digitale 243
matique comme le sulfate de quinine est le spécifique, de la fièvre intermittente.
D'après Wunderlich, la température est influencée avant le pouls, elle baisse dès le deuxième jour de l'emploi de la digitale, lentement d'abord, puis assez vite.
De nombreuses observations, Alvarenga, tire les conclusions suivantes :
1° La digitale et son principe actif, la digitaline, ont pour effet de déprimer avec promptitude et énergie la température et le pouls.
2o La température et le pouls déclinent, en général, dans les vingt-quatre à quarante-huit hpures qui suivent l'administration des premières doses du médicament ; souvent même il se manifeste une notable diminution (0°,5 à 2o temp,, 12 à 39 pulsations) avant que vingt-quatre heures se soient écoulées (quatre à douze heures par exemple).
3° La température et le pouls descendent au niveau physiologique, ou même au-dessous, dans un espace de temps qui a pour limites quarante à soixante-seize heures, terme moyen, quajrante-huit heures et demie, à partir du moment où a été employée la première dose du médicament.
4" L'infusion de digitale agit rapidement quand elle est préparée avec 1 gr. 50 à 2 grammes de la plante pour 120 à 200 grammes d'eau. Cependant, parfois l'infusion d'un gramme suffît pour faire décliner aussitôt la température et le pouls.
5° L'effet de la digitale est d'autant plus prononcé et prompt que la température est plus haute, le pouls plus fréquent et la dose plus élevée.
6» La température et le pouls commencent, en général, à décimer en même temps et d'ordinaire dans de mêmes proportions. ^
7» La température atteint le minimum ou en même temps que le pouls, ou avant, ou après lui ; la différence de temps est généralement petite. ^
i8%^r^2Z^il%^ r/^emo.^™o;o,ze et thermacologîe. Lisbondé,
244; DES ABAISSEMENTS DK T. DANS LES INTOXICATIOÎÎS
8" Le minimum de température que nous avons observé est de 35", et celui du pouls do 36 pulsations par minute.
9° La température, après être descendue au ??iini7?iim, commence à s'élever et retourné au niveau normal avant le pouls.
10° L'usage de la digitale etde la digitaline étant suspendu, la température et le pouls continuent à décliner, durant un à trois jours et plus, et restent, durant deux à quinze jours, au niveau inférieur au taux normal, sans que le malade éprouve pour cela aucune incommodité, à moins qu'il n'y ait deS' vomissements, des hoquets, de l'irrégularité du pouls, etc.
11" Il suffit, en général, d'employer pendant deux jours l'infusion de digitale pour que la température et le pouls fébrile descendent au type normal ou au-dessous de lui.
« La digitale et la digitaline sont, par conséquent," l'un des antifébriles les plus puissants et les plus rapides, »
Chez l'homme sain et en bonne santé, la digitale abaisse assez notablement la température.
Megerand^a constaté sur lui-même que la température s'était abaissée de 37", 2 à 36",6, puis à 36" et à 35o,8, sous l'influence de l'injection de 1/4 de milligramme de digitaline de Nativelle. La proportion d'urée excrétée avait diminué.
En résumé, la digitale et la digitaline abaissent notablement la tempérfiture, elles agissent dans les fièvres comme antifébriles puissants.
Veratrim et, veraùrum viriçle. — La vératrine abaisse la température. Aran nota ce fait, que la vératrine abaisse d'autant plus la température de la peau, que la fièvre dans laquelle on l'administre est plus forte. Vogt, Kocher, Biermer ont surtout constaté l'action antifébrile de la vératrine dans la pneumonie.
Dans de nouvelles expériences pratiquées par Pegaitaz-, de Bulle, la température, après l'injection hypodermique de 1/12 degrain de A^ératrine pure, s'est abaissée de 3°,1.
Après l'injection de 1/8 de grain, elle s^est abaissée de 3",4.
Après l'injection de 1/100, abaissement de quelques dixièmes.