ETHER CHLOROFORME
Ellier. — Dans le sommeil anesthésique obtenu au moyen de l'éther, on observe, au moment de la résolution, un abaissement de température.
Duméril et Demarquay, à la suite d'éthérisations, ont observé :
1" Une légère élévation de température pendant la période d'excitation ;
2" Un abaissement de 1, 2, 3° (suivant la durée de l'éthérisation), au moment de la période de résolution.
Ces résultats ont été confirmés chez l'homme et les animaux par un grand nombre d'auteurs.
Chloroforme. — Le chloroforme abaisse aussi la température et nous avons vu dans le chapitre dans lequel nous avons traité de l'influence du traumatisme sur la température, que nos obsei-vations sont complètement conformes à celles des expérimentateurs, qui se sont occupés de cette question.
En 1848, Duméril et Demarquay démontrèrent que le chloroforme abaisse la température et que cette dépression est précédée d'une légère ascension correspondant à la période d'excitation. Us notèrent des abaissements de température de 2, 3 degrés.
En France, Bouisson ', en Allemagne, Scheinesson % confirmèrent ces résultats.
Voici une de nos expériences où l'abaissement de température a été très notable.
Expérience. — Chienne de moyenne taille.
11 11. 10 m.: on l'attache. — 12 h. 17 m.: SS»,?.
On commence l'inhalation. — 12 h. 40 m., l'animal est tranquille: 380,5. — 12 h. 54 m.: 38°. — 1 h. 3 m., narcotisation complète, salivation: 37°,6. — 1 h. 30 m.: 36°,9. — 1 h. 32 m.: 36°,8. — 1 h. 35 m.: 36",G. — 2 h. 15 m.: 35'',2. — 2 h. 25 m.: 35°.
On suprime le chloroforme. — 2 h. 30 m.: 34°,9. — 2 h. 33 m.: tremblements : 34°,7. — 2 h. 40 m.; l'animal s'agite, tremhle : 34»,5. — 2 11. 51 m.: salivation intense : 34°,9. — 2 h. 55 m.: éva-
1. Bouisson. Trailc de la mcUiode anesthésique appliquée à la chirurgie et aux différentes branches de l'art de guérir. Paris 1830
2 SciiEiNKssoN. Untersuchungen ûber dcn Einfluss des Ohlnroforms auf die Warmeoerhaltnisse der organe uni den Blutkreiskruf Dissertalioii inaugurale soutenue à Dorpat et Arfi/rrà fur Ileilkimde de Roser et Wundcriicii, lîd x, 1869, I. p. 137, 1808- 2. p 172
cuation de fèces et d'urine : 35°,2. — 3 li.: 35»,G. — 3 h. 38 m.: 39». — 5 h. 10 m.: SS^S.
Nous tenons à faire remarquer que, dans ce cas, ranimai a subi une chloroformisation très longue et a absorb*; beaucoup de chloroforme ; l'abaissement de température a été très considérable^ et cependant l'animal n'a pas succombé.
Chez l'homme, on constate aussi, après des chloroformisations prolongées, des abaissements de température.
Simonin (de Nancy), ^ dans ses recherches sur la température pendant l'anesthesie par le chloroforme, est arrivé aux résultats suivants :
Chez l'homme, la température s'élève deO^là 0°8 au-dessus de son point de départ pendant la période d'excitation ; mais elle s'abaisse pendant la période de resolution de 0°2 à 0°9 au-dessous de la normale. Les oscillations extrêmes sont de 2 degrés.
Dans les observations suivantes, empruntées à Simonin, on note des abaissements de température :
Réduction d'une luxation ■ious - coracoïdienne.
Avant l'anesthésie 37°7
Excitation 38°
Période cliirm^gicalc 38° l
En résumé, élévation au début, très léger abaissement au réveil.
Amputation de favant-bras, motivée 'par une carie. Température élevée de 3/10 pendant l'excitation, abaissée de 5/10 pendant la période cliirurgicalc, retombant à 2/10 au-dessous et restant au réveil à 1/10 de degré de la température du début.
Ablation d'une lumcur colloïde de la face (Homme de 53 ans).
Avant l'anesthésie 3G°9
Période d'exeitation 37°
i. Simonin (de Nancy). Delà température dans la chloroformisnlion. Acad. de mod. 6 avril '1875, et Ba l'emploi de l'èlher et du chloroforme à la Clinique chirurgicale de Nancy, tome 11", 2° partie, 1877.