Lewinstein et Impstein. Schmidt's Jahrb
2. Brunton. Emploi de la chaleur pour guérir l'empoisonnement par le chloral. Journal de l'unat. et de la physioL, t. XIV. p. 332. Paris, 1874. Analysé lu B.ev. des Sciences méd. de liaycm, t. V.
3. Voyez aussi Keyser. Effets du chloral (Philadelph. med. and siirrj. Reports, t. XXIIl, 6, p. 107, août 1870).
Duraeril et Demarquay les premiers, signalèrent un abaissement de température assez notable chez les animaux auxquels ils faisaient absorber de l'alcool.
Dans certaines expériences, où la dose d'alcool ingérée était considérable, ils ont pu noter des abaissements de température, allant jusqu'à 8, 9°6.
Dans un certain nombre d'expériences pratiquées en 1875 dans le laboratoire de Claude Bernard, nous avons constaté les mêmes résultats que Duméril et Demarquay.
Voici les principales expériences :
Expérience XV. — Ghim bâtard, de taille moyenne. Température, 39°5 à 8 heures du matin.
L'animal est à jeun.
A 8 heures 1/2, on injecte dans l'estomac 30 grammes d'eaude-vie .
La température ne varie pas.
A 8 heures 3/4, on injecte de nouveau 30 grammes.
A 10 heures, température SS"?
A 1 heure 3802
A 2 heures 38°9
A partir de ce moment, la température monte.
Le soir, 7 heures, température 39°2
Expérience XV. — Bull-terrier très vigoureux.
Température 39°
Injection de 30 grammes d'alcool.
A 1 heure 38°5
A partir de ce moment la température monte et redevient normale .
Expérience XVL — Chien épagfieul, de taille moyenne. Température à 8 heures 1/2 , 39°4
Injection dans l'estomac de 150 grammes d'eau-de-vie.
A 9 heures 3803
A 10 heures 3803
La température redevient normale.
Chez des animaux, qui avaient absorbé une certaine quantité d'alcool et qui étaient ensuite soumis à des inhalations
1. DaMEaiL et Demarquay, Recherches expérimentâtes sur les modifications imprimées à la température animale par l'alcool, féthcr et le chloroforme. {Archives générales de médecine, 4" série, t. XVi, p. 189, 1848).
de chloroforme, nous avons noté des abaissements de température assez considérables.
Nous croyons utile de publier une de ces expériences :
Expérience XX. — Bull-terrier.
A 8 heures du matin, température avant l'expérience, 40°. On introduit dans l'estomac 100 grammes d'eau-de-vie.
A 8 heures, température 39°7
Anesthésie complète obtenue par des inhalations de chloroforme.
Excitation. — Agitation pendant une 1/2 heure. — Vomisse-
ments.
A 10 heures, température 39°5
Réveil. — Agitation.
A 12 heures 39°5
A 1 heure 38»
A 3 heures de l'après-midi 38°5
A partir de ce moment la température remonte, le soir, elle est normale, 39°6.
Dans les cas où nous injections dans l'estomac des quantités considérables d'alcool, de façon à produire un véritable empoisonnement, nous obtenions des abaissements de température de 5, 6, 7 degrés.
Ces recherches expérimentales nous démontrent que : Chez l'animal sain de petites doses d'alcool abaissent toujours la température ;
De fortes doses amènent des abaissements de température considérables.
L'alcool et le chloroforme donnés en même temps unissent leurs effets thermo-dépresseurs et abaissent considérablement la température.
Chez l'homme ivre, la température s'abaisse, et dans un cas que nous avons pu observer, 300 grammes d'alcool environ ayant été absorbés, la température s'abaissa à 36°2.
Wollenweber \ Sidney-Ringer et Rickards ^ ont publié
1. WoLLENWEBEU. Rcchcrches expérimentales imprimées à la température physiologique par Vakool. Thèse de Nancy, 1879.
2. SiDNEy-RjNGER ct RicKAuiJs. Oneffccls of alcohol on Ihe température, The Luncet, t. II, p. 208. 1806.
des observations d'individus enivrés par l'alcool et qui présentaient des abaissements de température de 2%:3.
Godfrin une heure après avoir pris 150 grammes d'eaude-vie, vit sa température baisser de 1°.
Dans les empoisonnements par l'alcool, la température s'abaisse considérablement. Magnan - a vu une femme ivre qui présentait une température de 26° dans le vagin.
Dans cette observation, Taction du froid extérieur vient s'ajouter a l'action de l'alcool.
Paluel de Marmon ^ a noté chez des enfants qui succombaient en état d'ivresse, des températures de 34".
Dans une observation très intéressante que nous a communiquée M. le professeur Ch. Bouchard, la température rectale s'est abaissée à 35°.
Il s'agit clans ce cas d'un homme entré ivre-mort à l'hôpital Lariboisière,le P'' février 1880, douze heures après l'ingestion d'un litre de rhum.
A ce moment, M. L. Gaucher, interne du service, constata de la cyanose de la face et des extrémités, du coma, du stertor et une amirie complète.
La température i-ectale était lu matin de 35".
Dans la journée elle s'éleva à 35°6, le soir elle atteignait 39°.
Des lavements d'eau froide furent administrés.
Le 2 février au matin le malade avait toute sa connaissance,
il urina un peu.
Température, le matin 39''4
Le soir 40°
Le 3 février, délire.
Même traitement, 0,50 cent, de digitale.
Température, le matin 40''4
Le soir 40°2
Le 4 février, une pneumonie double se déclara.
Température, le matin 39°3
Cette pneumonie devint chronique et le malade sortit de l'hôpital le 3 juin, complètement guéri.
La courbe de la température de cet empoisonnement est
1. Godfhiis. De Valcool, son action physiologique, ses applications thérapeutiques. Thèse de Paris, 1869.