Slareck. Arch.f. Anat. u. Fliys, 18G
3. Lolliot. Action physiologique de l'arsenic, Thùse de Paris, 1808,
ARSENICAUX. lODOFORME
plus que les doses étaient plus fortes, elles furent souvent, dans ce cas, considérables. Cependant on observa parfois une légère élévation de la température après de fortes doses ; il s'agissait alors de phénomène de réaction succédant sans doute à des lésions produites par le poison.
Dans les empoisonnements par l'arsenic on retrouve cette réfrigération, notée dans les recherches expérimentales.
Dans les fièvres intermittentes, l'arsenic qui se montre dans quelques cas égal au sulfate de quinine, doit agir en partie par ses propriétés thermo-dépressives.
lodo forme. — L'iodo forme pris à l'intérieur ou appliqué à l'extérieur, sur des plaies, abaisse la température. L'hypothermie ne se montre que lorsque le médicament est absorbé à dose toxique.
Les chirurgiens qui, dans ces derniers temps, ont préconisé ce mode de pansement, ont signalé l'accélération du pouls, en désaccord avec le peu d'élévation de la température (Konig ').
Nous citerons deux observations empruntées à Konig, dans lesquelles on note un abaissement de température :
Obsrrvation CXXVI. — Jeune fllle de quinze ans. Résection de la hanche. Abcès de la partie interne de la cuisse pansé à Tiodoforme (30 grammes environ). Au deuxième jour, vomissements, contracture des extrémités supérieures . Perte de connaissance . Pupilles contractées. Pouls 120 à 150. Température 36»; contracture et convulsion des bras. Remplacement de l'iodoforme par l'acide phénique. Cependant, après trois jours, élévation de la température. Enfin mort deux mois après l'opération. A l'autopsie, anémie cérébrale; foie gras, reins gras, rate ferme.
Observation CXXVII. — Jeune homme de quatorze ans. Résection de la hanche pour une coxalgie. Une cuillerée à café d'iodoforme. Le jour suivant, frissons, abaissement de température, misseraents, agitation dispnée, mort. A l'autopsie, reins amyloïdes:
La mort nous paraît due dans ce cas à l'urémie et non de l'empoisonnement par l'iodoforme.
11 ressort de cette étude qu'un certain nombre de subs-
d . KôNiG. Centralblalt fur Chirurgie, 18 et 25 février, 1882, n»» 7 el8 Voyez aussi: WoamR. Du paiisement à Viocloforme. Revue générale [Revue de Chirurgie, n° août-septembre, 1882).
Redard jg
tances, dites antifébriles, agissent, en clinique, en abaissant la température, il est à remarquer que, dans presque toutes les intoxications chroniques, on observe des abaissements de température.
Les abaissements de température signalés dans les intoxications sont utiles à connaître dans l'étude clinique des empoisonnements.
La courbe thermométrique varie en effet à différentes périodes de l'empoisonnement, la température élevée à certains moments s'abaisse ensuite, suivant le degré et la gravité de l'intoxication.
Des courbes différentes sont obtenues, suivant la nature des poisons employés, certains poisons donnent des courbes ascendantes, d'autres des courbes descendantes avec des abaissements de température plus ou moins considérables.
La constatation de la température dans certains cas de médecine légale, peut donc rendre de grands services.
Les courbes thermométriques obtenues jusqu'à ce jour ne sont pas assez nombreuses pour nous permettre une précision très grande. C'est pourquoi cette étude doit être poursuivie, elle nous paraît d'autant plus importante que la mort, dans la plupart des cas d'empoisonnements, étant d'après nous, une mort par le froid, il est très important de mesurer le degré d'intensité du refroidissement, afin de connaître la gravité de l'empoisonnement, et son pronostic.