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CHAPITRE XXV

TRAITEMENT DE l'ALGIDITÉ ET DES ABAISSEMENTS DE TEMPÉRATURE.

Il existe un certain nombre de règles thérapeutiques à suivre dans le traitement de T'algidité et des abaissements de température.

Il faut avant tout ramener la chaleur à la périphérie, s'opposer au rayonnement par tous les moyens possibles.

La physiologie expérimentale nous apprend en effet que des animaux sur le point de mourir avec un refroidissement considérable, ont pu revenir à la vie, grâce au réchauffement.

Chossat a vu des pigeons mourants du refroidissement consécutif à l'inanition, reprendre le mouvement et la vie, lorsqu'ils étaient portés dans une atmosphère chaude.

Claude Bernard, Brown Séquard sont parvenus à rappeler à la vie un grand nombre d'animaux refroidis, au moyen du réchauffement seul.

Lorsque le refroidissement est trop considérable, lorsque la température s'est trop abaissée, toute tentative de réchauffement échoue.

Walther ayant réchauflé ses animaux jusqu'à 28» après les avoir refroidis jusqu'à 18% vit la plupart d'entre eux succomber.

Dans l'algiditétraumatique, nous avons obtenu d'excellents résultats en maintenant les blessés pendant un certain temps dans une atmosphère chaude.

Nous pensons que l'établissement dans les ambulances d'une étuve maintenue à une température élevée, aurait d'excellents résultats en permettant le réchauffement des blessés atteints de choc.

TRAITEMENT DE L'aLGIDITÉ

Les bains chauds prolongés, en empêchant la déperdition de chaleur, sont à recommander.

Dans le choléra, dans le sclérème, le réchauffement permet d'obtenir des résultats inespérés.

Magendie s'est servi avec succès chez les cholériques de l'application directe du calorique entourant les malades de sachets de sable chaud, administrant des bains tièdes.

Breschet est parvenu à ranimer les enfants atteints de sclerèrae en les exposant à un feu ardent ou en les plongeaiit dans des bains très chauds.

Dans la fièvre algide, dans les empoisonnements, le réchauffement par tous les moyens, l'application de linges chauds, de sinapismes, etc., doivent être recommandés.

Les malades, dans quelques cas, devront être enveloppés d'une couche épaisse de ouate. Chez les brûlés ce moyen nous a été très utile.

Avec Walther (deKiew),nous pensons que le réchauffement doit se faire d'une façon prompte.

Les mouvements musculaires, les frictions, au moyen de liquides excitants, l'ammoniaque, etc., peuvent aider à ranimer la chaleur. On doit combattre la tendance des malades à l'immobilité.

L'alcool à l'intérieur à dose modérée, les excitants diffusibles doivent être administrés.

L'alimentation sera aussi un moyen précieux d'élever la température. Ainsi que l'a démontré Chossat : La caloricilé perdue se recouvre par la digestion.

Chez les tourterelles inanitées et refroidies, cet observateur a vu que l'alimentation dès la première ou la deuxième heure du réchauffement artificiel produisait une élévation de température persistante.

Chez les enfants, Talimentation a souveut prévenu les graves accidents du sclérème et de l'athrepsie.

La respiration artificielle, qui élève la température des animaux refroidis, devra être employée en clinique et dans les empoisonnements en particulier.

L'application de l'électricité, est souvent utile.

Il faut s'abstenir dans tous les cas des agents qui agissent sur le système nerveux en le déprimant; repousser l'emploi

(lu chloroforme, de l'opium, de la morphine, qui, à notre avis, présentent dans ces cas de très grands dangers.

Dans l'algidité traumatique, Vintervention chirurgicale Aoil être retardée dans tous les cas ou un motif impérieux n'oblige pas à l'action immédiate,

S'appuyant sur les expériences de Gschleiden qui a montré que l'extrait de la fève de Calabar est un excitant puissant pour le nerf splanchnique, certains auteurs ont proposé des injections sous-cutanées d'extrait de fève de CaUbar, dans les cas graves d'algidité traumatique, dans le but de prévenir la paralysie réflexe du côté de l'abdomen.

En raison de la puissance toxique de cet agent, les tentatives dans ce sens doivent être, faites avec beaucoup de circonspection.

Les injections sous-cutanées d'éther à la dose de 4,8, 10 gouttes que nous avons vu souvent employer dans le service de M. Verneuil, sont indiquées dans les cas d'algidité, de prostration, de coma profond, dans l'inanition.

A doses modérées, Téther agit comme excitant, élève la température, excite le système nerveux déprimé.

Dans plusieurs observations de hernie étranglée (Bennett et Croly), d'algidité traumatique (Verneuil), d'ovariotomie (Terrillon), de pelvi-péritonite avec collapsus (Schmetz de Schelestadt), de collapsus des fièvres, de variole, etc. (Peter, Brouardel, du Castel, Barth, Burdell), l'emploi de ce moyen encore peu connu et qui commence à se vulgariser, a produi, des résultats inespérés.

Dans une de nos observations de blessure par armes à feu, le malade est refroidi, sur le point de succomber, on pratique une injection sous cutanée d'éther, la température remonte et le malade rentre dans les conditions ordinaires des opérés.

Dans plusieurs cas, contrairementauxconclusionsd'Hayem', nous avons vu d'une façon très nette que les injections souscutanées d'éther éléve7U la température rectale des malades en état d'algidité.

1. Hayem. De la valeur des injections sous-cutanées d'éther en cas dp mort imminente par Mmorrhagie. Académie des sciences. îssa.

283 TRAITEMENT DE L'ALGIDITÉ

Les thèses deM"8Z. Ocounkoff', Ollivier a font bien ressortir l'importance de remploi de l'éther sulfurique en injection sous-cutanée dans les hémorrhagies, l'algidite, le coma, etc.

Notre intervention sera surtout efficace lorsque l'algidité est survenue lentement et graduellement ; chez les enfants, dans les intoxications, le réchauffement s'emploie concuremment avec les autres moyens indiqués, il ramène la température à son niveau normal et ce résultat une fois acquis devient définitif, la guérison peut être espérée.

Lorsque au contraire rabaissement s'est fait brusquement, comme dans les formes graves de collapsus, la température descendue a un niveau très bas, ne remonte plus sous l'influence de notre médication, ou si elle remonte, elle redescend bientôt.

1 . Z. OcouNKOFF. Du rôle physiologique de Vélher sulfurique et de son emploi en injection sous-cuta7iées. Thèse de Paris, 1877.

2. Ollivieu. Des injections sous-cutanées d'éther dans les états adynamiques. Thèse de Paris, 1883.

Voyez aussi : W. ZaELZER. JJeber subcutane Anwendung von excitirenden mitteln. Berliner Klin. Wochenschrift. 1871.

Traill. De la médication éthérée opiacée dans la variole. Thèse de médecine de Lille, 1882.

BucQUET. De la médication éthéree opiacée dans la variole. Thèse de Paris. 1883.

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