‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 141 sur 312 · INTRODUCTION. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. — HISTORIQUE

L'étude des températures locales à l'état de santé et de maladie, a vivement préoccupé dans ces derniers temps les médecins. Sous l'impulsion de MM. Broca, Peter, Colin, (d'Alfort), un grand nombre de travaux sur cette question ont successivement parus en France et à l'étranger.

Cette étude n'est cependant pas absolument neuve et dans les temps les plus éloignés, les observateurs ont signalé les modifications de la température locale. C'est ainsi qu'Hippocrate disait : « Dans le corps, là où est de la chaleur ou du froid, là est la maladie. » (Aph. 39, t. IV, p. 517 trad. Littré.)

Parlant de la possibilité de découvrir le lieu affecté par le fait de sa plus grande chaleur, Hippocrate dit : « Quibus latus sublatum in tumorem, ac calidius est, et inclinatis in alterum, gravitas aliqua impendere videtur, his pus ex una parte est. » (Coac. preenot., n° 243.)

Et il recommande ailleurs pour connaître le point où il faut inciser dans Fempyème, de recouvrir la poitrine du malade d'un linge enduit de terre rouge bien passée imbibée d'eau tiède, disant que c'est là où la terre se dessèche d'abord qu'il faut inciser.

284 THERMOMÉTRIE LOCALE

Vers la fin du xvii" siècle, Borelli, Martine se servirent les premiers du thermomètre pour rechercher la température locale de quelques organes.

Martine (1755) compare la température de la peau à celle des viscères et du sang.

De Haen (1758), considéré à juste titre comme l'inventeur de la thermométrie médicale, signale dans plusieurs des observations la température locale d'organes malades.

11 étudie les modifications de la température locale des membres à la suite de lésions nerveuses et dans l'hémiplégie. Il note l'élévation de la température locale dans un cas de cancer de la mamelle.

J. Hunter (1766) observe le premier l'augmentation de la température dans les organes enflammés. « Une inflammation locale, dit ce célèbre chirurgien, ne peut élever la chaleur de partie au-dessus de la température de l'animal, et lorsqu'elle a un siège dans des parties dont la température naturelle est inférieure à <:elle qui existe à la source de la circulation, elle ne s'élève même pas jusqu'à cette dernière. »

11 fait un très grand nombre d'expériences sur la chaleur aux différents points du corps chez l'homme et les animaux.

J. Davy établit en 1814 la topographie de la chaleur animale et donne le résultat de ses recherches sur la température de la peau en diverses régions, du sanget des principaux viscères. Il se sert dans ses expériences d'une méthode d'exploration rigoureuse.

Quelques années plus tard (1815) Forster et Hodgson signalent les modifications de température des membres inférieurs après la ligature de l'artère fémorale.

Everard Home et Scarpa (1815) virent, (Ju'après la ligatur.i de l'artère principale d'un membre, la température locale loin de s'abaisser s'élève au contraire dans les heures qui suivent l'opération.

Becquerel et Breschet (1835) étudient la température locale au moyen d'appareils thermo-électriques extrêmement ingénieux, ils examinent la température dans les différentes parties du corps et au niveau d'organes enflammés ,

Bouillaud indique en 1847 la nécessité de rechercher les températures de surface, l'utilité d'un thermomètre qui per-

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