APPRÉCIATION DES THERMOMÈTRES
ment; elle se met en contact par une grande surface avec l'air ambiant et peut agir ainsi sur le mercure contenu dans le réservoir en spirale.
Que de causes d'erreur, dit M. Colin, sont ajoutées par les boîtes, les tambours de corne, d'os ou d'ivoire, dans lesquels on propose d'enfermer le réservoir thermométrique. Ces corps, assez bons conducteurs du calorique, font à la peau des emprunts nuisibles et des échanges avec le réservoir auquel ils donnent ou soutirent de la chaleur, suivant qu'ils ont une température supérieure ou inférieure à la sienne. Ces accessoires doivent être proscrits au nom des principes les plus élémentaires de la physique et de la physiologie.
Le thermomètre de M. Laborde est excellent, mais il ne donne pas, à proprement parler, des températures de surface, il renseigne sur la température des couches superficielles et a l'inconvénient d'exiger une piqûre et de produire ainsi une petite plaie : un grand nombre de malades se refuseraient à son application.
Les thermomètres utérins, qui sont des thermomètres destinés à renseigner sur la température de la cavité utérine, sont excellents.
Les thermomètres oculaires s'appliquent difficilement sur l'œil, ils offrent une grande quantité de mercure da ns leur réservoir.
En résumé, aucun des thermomètres proposés jusqio'à ce jour pour la recherche de la température superficielle ne remplit les conditions d'un instrument précis. L'étude de la température locale avec des thermomètres est hérissée de difficulics. (Monneret.)
Le meilleur des thermomètre à température locale est celui à réservoir très petit, dit de Voisin, que nous avons souvent employé et qui nous a rendu de réels services. Il donne une précision suffisante pour certaines recherches, particulièrement pour la thermométrie locale en chirurgie, qui n'exige pas une précision absolue, les différences de température entre la région malade et la région similaire étant souvent de 1", 2\ 3°.
Les thermomètres en spirale de forme plus ou moins variées nous paraissent devoir être rejetés, comme exposant à
des erreurs, et nous préférons les thermomètres à petits réservoirs de Walferlin, de Colin, de Cl. Bernard, de Dumontpailler, de Broca, de Biaise. Ces petits thermomètres, employés par Broca, Biaise, Maragliano, dan? l'étude de la thermométrie cérébrale sont à recommander. Nous nous sommes très souvent servi de ces instruments et nous pensons qu'à l'aide de quelques précautions, on peut se mettre à l'abri de grosses erreurs.
Précautions à prendre dans V application des thermomètres. — Le réservoir du thermomètre doit être appliqué sur la région, en exerçant une pression modérée.
Nous avons pu très nettement constater que la pression plus ou moins forte sur le réservoir du thermomètre, surtout si le réservoir est petit, faisait monter la colonne mercurielle de 3, 4 et 5 dixièmes de degré. Les petits réservoirs avec paroi mince et élastique présentent le grand inconvénient d'être influencés par la pression.
Maragliano et Seppili repoussent l'objection que le D' Shaw faisait à C. Gray devant la Société neurologique de New York à savoir : que la pression exercée sur la cuvette du thermomètre produisait une notable élévation de la température locale. A l'appui de leur manière de voir, ils instituent deux séries d'expériences qu'ils considèrent comme absolument démonstratives. Dans le premier cas, ils placent un thermomètre entre le pouce et l'index, et attendent que la colonne mercurielle se trouve en équilibre pour faire la lecture ; Us serrent alors fortement la cuvette du thermomètre entre leurs deux doigts, et tout ce qu'ils peuvent observer c est une élévation de trois dixièmes de degré. Daus ce second cas, ils placent autour d'une forme de chapelier et sur les lieux d'élection une série de thermomètres ; ils procèdent comme précédemment, et n'arrivent, par une pression énergique, qu'à une élévation de un à deux dilièmes.
Ces expériences ne nous paraissent pas démontrer que la pression exercée sur la cuvette du thermomètre ne fait pas Lnterla colonne mercurielle; l'élévation de 3 dmemes, 2 dixième observée par Maragliano et Seppili, est a lemai. quer surtout si l'on considère que les auteurs se sont servis d'un thermomètre à réservoir assez épais. Dans nos expe-