‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 149 sur 312 · Becquerel. Annales des sciences physiques · texte numérisé non relu

Becquerel. Annales des sciences physiques

^S'^n n 2H7 pt t IV p 243. — Annales de chimie et de phys., 2^ se ic, 83o p. 2b7 et^ Voyez aussi : Becquerel. - Traité expénmenia de

V^ÂéHdu mSnétisme, t. IV, p. 9 183G. "^f'^J"^^ ments thermo-éleetriques. - Tr fé de physique ^«"1/^^^, J SScS^' la chimie et les sciences naturelles, t. ]I. P- • -^'?V,H,7?,n «S 20 série, t VII, p. 56f,,l835. - Second M nmre sur ^^^^ ^'..Srrf^ Lu à l'Académie des sciences, jO.j^out dSoa - Com//ey^^^^ l'Académie des scicnces,L\, p. 28, l-H. P; ^'l. t V ^ ^^^^ p. 790. Des forces physico-chimiques et de leur intervention dans tes

phénomènes naturels. Paris, 1875.

dejonction platine et cuivre ou acier et cuivre, selon que l'on opère avec l'aiguille platine et cuivre, ou acier et cuivre, sont placés dans de la glace fondante, pour que leur température reste constante; l'aiguille aimantée est déviée en raison de la ditrérence de température qui existe entre celle de la partie explorée et zéro. Or, le courant agissant avec d'autant plus de force que l'angle d'écart est moins grand, et l'expérience ayant prouvé que c'est entre zéro et îi5° environ que l'on obtient le maximum d'effets, on tourne la boîte du multiplicateur jusqu'à ce que l'aiguille soit déviée de 20 à 25° avant de commencer les expériences, et l'on dirige le courant de manière que l'aiguille rétrograde vers zéro et ne dépasse pas 25 à 30" de l'autre côté ; dans le cas où elle dépasserait cette limite, on ferait passer le courant dans un fll métallique suffisamment long pour diminuer son intensité, de manière à obtenir une déviation qui ne dépassât pas la limite assignée : si l'on ne prenait pas ces précautions, il serait impossible d'observer de faibles différences dans l'intensité du courant, attendu que plus la déviation est considérable plus le courant agit obliquement sur l'aiguille, et moins cette déviation augmente par l'efFet du même accroissement de force ; aussitôt que l'aiguille aimantée est dans une position fixe d'équilibre, on retire la sonde de la partie explorée et l'on plonge la soudure dans un bain d'eau dont on élève la température jusqu'à ce qu'on ait une déviation plus grande de quelques degrés que celle qui avait été précédemment obtenue. On laisse refroidir l'eau lentement jusqu'à ce que l'on ait cette déviation, et on détermine avec un excellent thermomètre la température exacte correspondante à cette déviation, laquelle est précisément celle du milieu où se trouvait primitivement la soudure, puisqu'elle produit le même effet thermo-électrique.

M. Becquerel préfère déterminer la température par abaissement plutôt que par élévation, attendu que lorsque le refroidissement est lent, on est plus certain que la soudure et le thermomètre ont sensiblement la même température à l'instant où l'on observe.

Pour éviter que le refroidissement dans l'air des parties non immergées de l'aiguille ne donne des résultats au-dessous de

ceux que l'on doit obtenir, on passe cTiaque bout libre dans des enveloppes de laine, ayant la forme de ga,îne.

L'aiguille devant être détachée souvent du fil du multiplicateur on doit aciop|ter un mode de jonction qui permette d'effectuer facilement leur réun,iq:|i et leur séparation; il'expédient suivant est celui qui a paru le plus simple : on contourne chaque bout de fll du multiplicateur en spirale ; l'ouverture de chaque spira,le est assez petite pour que l'extrémité de l'aiguille puisse y être retenue avec ,forç§ après l'insertion ; on en nettoie l'intérieur^ en y passant un petit morceau de bois effilé, et l'on frotte, de ,temps à autre, ,les deux bouts de ^aiguille avec du papier préparé a l'émeri, pour enlever les corps étrangers qui .pç^i^rraient adhérer à leur surface.

Cette méthode, simple à la vérité, présente l'inconvénient d'exiger remploi de la glace et de donner des résultats à un demi-degré près; ce défaut de sensibilité tient à la trop grande différence entre les soudures.

"Dans certains cas, M. Becquerel maintient l'une des squdures dans la bouche d'une personne, tandis que l'autre est portée successivement dans les milieux que l'on veut explorer (fig. 39). ' '

FÎg. 39. — Appareil thermo-électriciiie de Becquerel.

La personne qui se prête à cette manœuvre doit s'habituer à respirer par le nez pour ne pas introduire de l'air froid dans ^ia bouche et s'attacher à ne jias ^changer ç\e place |^g0|ifÏHre.

Ces deux précautions sont indispensables si Ton yeu^ avoir une température sensiblement constante. La température de la bouche éprouvant des changements dans l'espace de quelques heures, il:est indispensable de la déterminer de temps à autre avec un .excellent thermomètre, indiquant des cinquièmes de degré. , .

La .température de la bouche, dit Becquerel, faute de mieux, peut servir de terme de comparaison, mais l'on a toujours a craindre des variations assez fréquentes qui dépendent de la •manière dont la soudure est placée ; aussi doit-on rejeter ce moyen toutes les fois que l'on se livre à des recherches délicates : .cependant il y a un moyen de vérification que aaous ne .devons pas omettre de signaler.

On .doit opérer d'une manière inverse, c'est-à-dire que l'on place la soudure de la seconde aiguille, celle qui se trouve .être «n contact avec la bouche dans la partie dont on cherche la température ; si les résultats sont les mêmes, on est alors certain de leur exactitude. Dans le cas contraire, on cherche d'où peut provenir la difîérence et l'on continue à expérimenter jusqu'à ce que l'on soit parvenu à l'égalité absolue.

Pour graduer les aiguilles thermo-électriques, c'est-à-dire mesurer la déviation de l'aiguille du galvanomètre qui correspond à des différences déterminées de températures entre les soudures, Becquerel, se servait du procédé généralement encore employé aujourd'hui.

L'une des soudures du circuit thermo-électrique est plongé dans un vase contenant de l'eau, et dont la température varie peu, l'autre placée dans un autre vase dont on peut élever la température en ajoutant de l'eau chaude. Un thermomètre divisé en dixièmes de degré placé de temps en temps dans le premier bain fera connaître sa température peu variable et qui sera notée; le même thermomètre placé à demeure dans le second bain indiquera la température do l'eau qu'il faut agiter souvent.

Le circuit étant interrompu, on voit à quel degré s'arrête l'aiguille du galvanomètre; puis on ferme le circuit, si l'eau est à la même température dans les deux bains, l'aiguille reste immobile. On ajoute de l'eau chaude dans le second vase et après l'avoir agité on note le degré du thermomètre et

la déviation de l'aiguille du galvanomètre. On dresse ainsi une table de graduation qui indique les déviations et les différences de température correspondantes; l'expérience montre que l'angle de déviation est proportionnel à la différence de température des soudures, toutes les fois que cet angle ne dépasse pas 25°.

Le sens de la déviation indique quelle est la soudure la plus chaude.

Les aiguilles étant graduées, on peut alors apprécier avec une très grande rapidité la différence de température de deux

régions.

Dutrocliet ' s'est servi dans ses recherches de températures chez les animaux d'une méthode à peu près analogue. Au lieu de soudures ??îéc^tane5, cet auteur emploie des soudures anguloterminales, ou termino-lalérales qui n'ont besoin que d'être légèrement enfoncées par leur pointe dans les parties vivantes et peuvent toujours être plongées à la même profondeur. Ces aiguilles se composent d'un fil de fer recourbé sur lui-même, soudé par chacune de ses extrémités et latéralement avec un fil de cuivre de même diamètre. Lorsque la soudure est faite, on a soin de recouvrir les deux fils d'un vernis, tant pour les isoler l'un de l'autre que pour les mettre à l'abri de l'action des agents chimiques que peuvent contenir les corps dans lesquels ces aiguilles sont plongées.

Lorsqu'au lieu de mesurer des différences de température, on veut obtenir le degré de température d'un milieu, il faut maintenir l'une des soudures dans un bain dont la température fixe est donnée par un thermomètre, et si l'autre soudure est placée dans un milieu plus chaud ou plus froid, le sens et la grandeur delà déviation indiquent ce qu'il faut ajouter ou retrancher à la température fixe du bain.

Appareils à température constante. — On s'est servi pour obtenir ce milieu à température constante de vases contenant de l'huile, du pétrole, de l'eau, et laissés pendant un certain temps dans une chambre à température peu variable.

Jacobsôn ^ se servait dans ses expériences comme source de

1. DuTUOcuET. Annales de chimie et de phys:, 2e section, t. XLVIlj, 207. — A^males des sciences naturelles, 2" série. Botanique, t. Aiii. 2. IlKiNnicii Jacobsôn. TJeber normale und patlwlogische Local température. Archiv fur pathologiscke Anatomie und physiologie, 18/0.

chaleur constante d'une petite boîte contenant du pétrole renfermé dans un grand réservoir d'eau. On peut par ce procédé obtenir un milieu dont la température varie peu, en prenant soin d'écliautïer l'eau très lentement à l'aide d'une faible flamme et en remuant constamment avec soin.

0. Weber dit que ce moyen ne permet pas d'obtenir une température assez constante, cet auteur n'a pas obtenu de bons résultats en se servant de vases contenant de l'huile et enveloppés de ouate, la température du milieu variait trop notablement à de courts intervalles.

Dans plusieurs expériences que nous avons pratiquées, d'après les indications de ces auteurs, nous avons éprouvé une réelle difficulté à obtenir au moyen de l'huile ou de l'eau une température constante.

La température du liquide qui se met à la température de la chambre où l'on opère est très éloignée de celle des milieux que l'on explore et les déviations de l'aiguille du galvanomètre sont considérables, de là des erreurs.

Cesméthodes ne sont donc pas rigoureuses et il est nécessaire de se servir d'appareils plus précis.

Parmi ces appareils, nous devons citer ceux de Becquerel, de Sorel, de Dujardin, ded'Arsonval

Appareils à température constante de Becquerel ^. — Dans le but d'obtenir une température fixe, Becquerel imagina d'abord l'appareil suivant :

^ On prend un petit tonneau en bois revêtu entièrement d'une feuille de plomb, muni d'un couvercle mobile également en bois, percé au centre d'une ouverture par laquelle on introduit un thermomètre, et d'une autre ouverture longitudinale destinée à passer l'aiguille dont la soudure doit être maintenue à une température fixe d'environ 36° quand il s'agit de mammifères. Ce même couvercle est percé encore de plusieurs autres ouvertures circulaires par lea-

1 . Voyez aussi l'appareil de Friedel, conslruit par M. Wissiieee Dour

, . , uu-i oî; .

td. Becquerel. A/ijiato' de chimie et de physique. 2« série t LIX m, et Annales des sciences physiques etmltrellesX m, p. 2^',

quels passent des tubes dont l'usage sera indiqué plus loin.

On commence par mettre de l'eau à 50° dans ce tonneau qui en s'écliauffant, fait descendre la température à j)eu près

Fig. 40. - Appareil thermo-électrique de Becquerel {Annales de chimie et dephysirjue)

au degré voulu; on place ensuite ce tonneau dans un autre un peu plus taut, on y verse de l'eau à 40°.

Cette température a été trouvée suffisante pour que le thermomètre du tonneau inférieur ne baisse pas sensiblement quand elle descend d'un degré. ^

Cette enveloppe extérieure est destinée à empêcher la deperdition de la chaleur dans le tonneau intérieur, il faut ensuite s'arranger pour que l'eau du tonneau intérieur conserve sensiblement la même température à un degré près ; deux moyens peuvent être employés pour cela. Le premier est de réchauffer de temps à autre le bain extérieur en y versant de l'eau plus chaude à l'aide du tube. On enlève en même temps a même quantité d'eau que celle qui y a té introduite Cette manœuvre qui est assez pénible peut être remplacée par V^Zoi de l'appareil suivant qui permet de r gular.ser 1 entSe de l'eau chaude et la sortie de l'eau dont la température est plus basse de 1 à2 degrés.

on place sur uu trépied TT k peu do distance de, deux ouneaux un troisième vase en fer-blanc; de ce tuyau part un

tuyau tt muni d'un robinet RR; ce tuyau descend jusqu'au fond du tonneau BB ; un autre robinet rr est adapté à la 'partie supérieure. Après avoir versé de l'eau à 38° ou 40° dans "le tonneau CC, on ouvre le robinet RR pour porter de l'eau chaude dans la partie inférieure de BB. Cette eau en montant dans la partie supérieure du bain^le réchauffe dans toutes ses parties ; puis l'on ouvre le robinet RR, pour donner écoulement à une quantité d'eau égale à celle qui entre. Avec un peu d'habitude et en consultant souvent les thermomètres, on parvient à obtenir la température constante dont on a besoin dans le tonneau AA. La soudure d'une des aiguilles ,d b c est placée dans ce tonneau, et la soudure ,d,e l'autre dans la partie explorée, puis les bouts a a sont mis en communication avec le multiplicateur ce. Il s'agit d'abord de construire la table des températures. Supposons que la température de l'une des soudures soit maintenue à 36°, on plO:nge l'autre soudure dans un vase 4'.eau dont on fait varier la température ,(^epuis 30°, par exe^i^ile, jusqu'à 50 degrés. Si l'on veut ^eXjpéjTiif^enter sur tous les animaux on note dans chaque cas |l^,d,éyia,tion ,cprrespoj;i,dante ; l'ensemble de ces observations S.u,#jt jpç.ui^ ,d.onuer sur-le-champ la température correspon- ,dan;t,e à une (jléviation donné.

Pp.ur obtenir une température .constante, Becquerel f'es^ mxss'i servi de l'appareil de M. Sorel, légèrement modifié.

,G,e^ appareil repose sur la dilatation de l'air renfermé sous jane cloche entièrement plongée dans un liquide dont on élève la température au degré fini qu'exige l'expérience. La ,cloei^e communique avec un registre qui agit, au besoin, sur un courant d'air pour diminuer ou augmenter la combustion nécessaire à l'entretien d'une lampe placée au-dessous de l'appareil qu'elle échauffe, en même temps qu'il intercepte ou établit la communication du foyer avec l'espace qui doit être maintenu à une température constante.

Pet appareil une fois réglé ne varie plus, de temps à autre, que d'un dixième de degré en plus ou en moins souvent même dans l'espace de plusieurs heures, il ne varie plus d'une quantité appréciable.

p. ^" " l'Académie des sciences, IQ a^ûf, 1835,

Appareil à température constante du d' Dujardin de Lille. — Interrompre une colonne d'air chaud parles oscillations d'un diaphragme entraîné par une aiguille de galvanomètre lorsque la température atteint un degré donné, telle est l'idée de l'appareil représenté (flg. 41).

Fig. 41.— Thermographe de Dujardin.

Au-dessus de la flamme d'une veilleuse s'élève une cheminée coupée transversalement à la moitié de sa hauteur, de manière à laisser libre un intervalle d'un centimètre environ entre les deux portions de tuyau superposées et fixées à une planche montante. Un diaphragme se meut dans cet intervalle et permet d'interrompre la communication entre le bas et le haut de la cheminée, voici comment. Dans l'épaisseur

1. DujAHDiN(DE Lille). De la Thermographie médicale. Thèse de Paris, 1874.

de la planche est disposé un galvanomètre vertical : le diaphragme faisant office de soupape est monté sur le même axe que l'aiguille airaentée et par conséquent solidaire de tous ses mouvements. Au repos le diaphragme se trouve en dehors de l'axe de la cheminée, la voie est donc libre, mais on comprend qu'il suffira d'envoyer dans le galvanomètre un courant convenablement dirigé pour imprimer à l'aiguille aimantée, et par suite à la soupape, une direction telle que la colonne d'air chaud sera immédiatement coupée. C'est ce qui arrive lorsque la température atteint le degré qu'on a choisi pour point fixe de comparaison, 39° par exemple.

Dans la portion de cheminée située au-dessus de la soupape est suspendu un tube de verre fermé par un bout, dans lequel on a versé du mercure en quantité suffisante pour y plonger une des soudures thermo-électriques, ainsi que le réservoir d'un thermomètre d'une construction particulière. Son but est d'empêcher que la température du bain de mercure ne dépasse 39°. A cet effet, un fll de platine pénètre par le haut dans la chambre supérieure du thermomètre, s'engage dans le tube capillaire et se termine en pointe très fine en regard du 39° degré de la graduation ; par son autre extrémité, il aboutit à un des pôles d'une pile. Un second fil de platine sort par le réservoir du thermomètre et fait communiquer la colonne mercurielle avec l'autre pôle de la pile. Dans le circuit est ! interposé le galvanomètre chargé de faire mouvoir la sou- ;pape, dont nous avons indiqué le jeu; les pôles de la pile sont ainsi disposés, qu'à la fermeture du circuit, la soupape intercepte la colonne d'air chaud ; on autre temps, les deux tuyaux superposés qui composent la cheminée communiquent librement.

L'appareil fonctionne de la.manière suivante : l'air chaud 1 monte à 39°, aussitôt la colonne thermométrique rencontre le fil de platine et donne contact. Le circuit est fermé, l'aiguille du galvanomètre vertical dévie, entraînant la soupape qui vient intercepter la communication entre le bain de mercure et la source de chaleur. Le refroidissement s'opère le mer cure descend à l'intérieur du thermomètre; mais à peine a-t-il quitté la pointe de platine, qu'il remonte aussitôt sous 1 influence d'une nouvelle bouffée d'air chaud. Pour la se-

334 TECHNIQUE DE hk THERMOMETRIE LOCALE

conde fois, fermeture du circuit, refroidissement, et ainsi de suite, tant que la veilleuse durera. La température du bain de mercure restera forcément comprise entre les limites extrêmement rapprochées des oscillations delà colonne thermométrique au-dessus et au-dessous du point de contact^ oscillations qu'à l'œil nu on peut à peine constater.

Ajoutons que la soudure thermo-électrique se trouve elle même dans une enveloppe en gomme, au milieu du bain de mercure, et qu'ainsi entourée d'un corps mauvais conducteur de la chaleur, elle participe d'autant moins à ces petites variations de température, trop rapides pour qu'elle ait le temps de les suivre. La fixité de 1 aiguille du galvanomètre enregistreur est la meilleure preuve de la stabilité de la température.

L'appareil ainsi construit permet de varier les points de comparaison : on peut régler la température du bain de mercure à 38° ou 40o, tout aussi bien qu'à 39°.

Nous avons décrit plus haut l'appareil à température constante proposé par le D'' Witz.

Appareil à température fixe de d'Arsonval. — L'étuve se compose de deux vases cylindro-coniques concentriques limitant deux cavités : l'une centrale qui est l'enceinte qu'on veut maintenir constante, l'autre annulaire que l'on remplit par la douille et qui constitue le matelas liquide soumis à l'action du foyer. Ce matelas d'eau distribue régulièrement la chaleur autour de l'enceinte et l'empêche de subir de brusques variations de température ; il mérite donc bien le nom de volant de chaleur que lui a donné M. Schlœsing.

M. d'Arsonval utilise les variations de volume de cette masse énorme de liquide pour régler le passage du gaz allant

au brûleur. . ^ i ^

Pour cela, la paroi externe de l'étuve porte une tubuluie latérale qui,communiquant avec l'espace annulaire (2, fig. 42) se trouve fermée à l'extérieur par une membrane verticale de caoutchouc ; cette membrane constitue une fois la douille du haut (3, fig. 42) bouchée, la seule portion de paroi qui puisse traduire à l'extérieur les variations de volume du matelas d'eau en les tolalmnt. Or le gaz qui doit aller au brûleur

APPAREILS THERMO-ELECTRIQUES

Fig. 42. — Appareil h température constante de D'Arsonval.'

est amené par un tube (4) qui débouche normalement au centre de cette membrane et à une faible distance de sa surface externe dans l'intérieur d'une boîte métallique, d'où ilressort par un autre orifice (5) qui le conduit au brûleur. Tube et membrane constituent de la sorte un robinet très sensible dont le degré d'ouverture est sous la dépendance des variations de volume du matelas d'eau et qui ne laisse aller au brûleur que la quantité de gaz strictement nécessaire pour compenser les causes de refroidissement.

Dans cette combinaison le combustible chauffe directemait e régulateur qui à son tour réagit directement sur le combusible ; ainsi se trouve justifiée l'épithète appliquée à ces régu^ lateurs qui, de la sorte, ne peuvent être paresseux à régler; mivel appareil à température constante de d'Arsonval (fig. 1

et 2). — Le nouvel appareil proposé par d'Arsonval est d'une simplicité extrême. Il est basé sur la température d'ébullition de l'éther (37°) (fig. 44 et 45).

11 se compose de deuK vases métalliques concentriques A, B, limitant deux cavités. Le vase le ^^^'^ ff^'^'^^^^^^^^ de deux tubulures C, D, avec bouchon contient de 1 éther, le

vase B, est destiné à recevoir un tliermométre T. Une troisième tubulure L met en communication le vase A avec un serpentin F, contenu dans un récipient G, dans lequel passe un courant constant d'eau froide au moyen des tubes I et J.

Une petite lampe H chauffe le récipient A.

Lorsque l'éther entre en ébullition, les vapeurs s'échappent par la tubulure E, passent dans le serpentin, mais sont condensés par le courant d'eau froide.

Grâce à cette disposition on obtient au bout de quelques instants une température constante que l'on peut maintenir indéfiniment. L'appareil représenté (flg. 1 et 2), que nous avons fait construire d'après les indications de M. d'Arsonval est une réduction de celui primitivement employé par l'auteur. Il nous a rendu de très grands services dans nos recherches do température par la méthode thermo-électrique au laboratoire de Physiologie générale au Muséum d'histoire naturelle

C'est à notre avis, le meilleur, le plus précis, le plus simple des appareils à température constante actuellement en usage.

Appareil de Ilelmhoh ^. - Dans ses recherches de thermometne musculaire, Helmholz au lieu d'introduire, à l'exemple de Becquerel et Breschet, une seule soudure d'épreuve au sein du muscle en expérience en introduit trois, de manière a multiplier l'intensité du courant thermo-électrique

M Helmholz emploie trois aiguilles (cuivre ou fer et mail echort) ayant chacune 1 décimètre de longueur et2 millimètres de diamètre, formées d'une pièce médiane de fer aux

1 '''^f ^'''^ pièces de maille-

chort, de teUe sorte que chaque aiguille est formée de trois

TeZtlZ:: '"'^"^^ '''''''' com„.i chacune Lorsqu'on veut procéder à l'expérience les trois ai-uilles sont enfoncées dans la cuisse encore adhérente à Sn ma par ses nerfs de telle sorte que les soudures du même côté le ces trois aiguilles, soient immergées dans la ma^se musc i arre.Les m mes aiguilles sont ensuite enfoncées ck is^'X" uisse complètement séparée de l'animal, de man è^^^e que es fois autres soudures symétriques plongent d::;rLras:e

Redard

musculaire. Les soudures qui plongent dans la cuisse encore animée par les nerfs sont les soudures d'épreuve , les autres, séjournant dans une masse musculaire inerte, sont les soudures de comparaison.

Les extrémités des aiguilles sont reliées entre elles à l'aide de communications métalliques, de manière à représenter une pile thermo-électrique, puis on interpose le tout dans le circuit du galvanomètre. Tout l'appareil (moins le galvanomètre) est introduit dans une petite caisse recouverte d'une glace, de manière que l'expérience s'accomplisse dans un milieu sa/uré de vapeur d'eau. Cette précaution, recommandée par Dutrochet, est nécessaire pour supprimer le refroidissement dû à l'évaporation, refroidissement dont la valeur pourrait n'être pas la même pour toutes les soudures, si l'expérience se faisait à l'air libre.

Heidenhain ' s'est servi d'une colonne de Melloni dont les soudures terminales sont appliquées sur les muscles, on évite ainsi la lésion des muscles et on peut employer un plus grand

nombre d'éléments. ,'>/fi„ ack\

Plaques thermo-électriques de M. le professeur Gamrret - (Sg. 46) Repoussant l'emploi du thermomètre dans l'étude des températures locales, M. Gavarret s'exprime amsi :

Tlos aiguilles thermo-électriques à soudure médiane et a soudure latérale, merveilleusement disposées pour prendre la empTrature des parties profondémentsituées,ne peuvent pas 'rpTus servir à explorer la surface extm de la peau. Longtmps préoccupé de ce problème et convaincu de imnortance qu'il y aurait à déterminer exactement la empera Z "Zmlenies portions cutanées, surtout dans le cas ou o^io rviPntle sièce d'une inflammation, nous avons résolu "r^^^ pile thermo-électrique cons— nouveau modèle. Bien que nous n'ayons jama s eu occas n

^:=ir:7:;;rb=^^^

la description.

^^Ztîl^Sc £ ;^ieS-t;rïïi.l^^ci^lS-..-e. vivants, l8.5,p.i8o.

APPAREILS THERBIO- ÉLECTRIQUES

Fig. 46. — Plaçiues thermo-électriques de Gavarret.

Chacun des deux couples de la pile se compose d'un cylindre de bismuth B étalé à sa partie inférieure de façon à former un disque mince de 1 centimètre en plus de diamètre. A la face inférieure du disque de bismuth est soudée une lame de cuivre très mince et de même diamètre. A la partie supérieure du cylindre de bismuth est soudé un cylindre de cuivre G terminé par une poupée à vis à laquelle vient se fixer une des extrémités du fil du galvanomètre G. Le cylindre de cuivre, le cylindre de bismuth, et la partie supérieure du disque de bismuth, sont mastiqués dans un tube de bois ou d'ivoire D, muni d'un manche M, qui permet de manœuvrer le couple sans que la chaleur de la main puisse être communiquée.

La face inférieure du disque de cuivre est recouverte d'une couche mince de vernis pour la garantir contre l'action chimique des liquides. Les deux couples sont reliés l'un à l'autre par leur élément cuivre à Faide d'un fil de même métal entouré de soie et assez long pour permettre de les appliquer sur les parties les plus éloignées d'un animal. Chaque couple étant appuyé par sa face de cuivre sur une portion de la peau, se met rapidement en équilibre avec elle, et l'aiguille du galvanomètre, indique par le sens et l'étendue de la déviation qu'elle est la plus chaude. »

Appareil thermo-électrique de Béclard *. —M. Béclard, s'est d'abord servi, d'aiguilles thermo-électriques à soudure médiane iconstruites d'après le principe de M. Becquerel (fer et cuivre), tout en leur donnant une épaisseur plus grande.

Plus tard, cet auteur a fait construire de petits hameçons à deux tiges (fer et cuivre) dont la soudure correspond à l'ardillon, et qui, une fois introduits dans les muscles,ne sont pas sensiblement déplacés dans les divers mouvements de ranimai.

Ces aiguilles ont sur les aiguilles à soudure médiane un autre avantage, c^est qu'elles demeurent à poste fixe dans le circuit galvanométrique et qu'il n'est pas nécessaire de rompre le circuit à chaque expérience (pourintroduireles aiguilles dans les parties) et de le rétablir ensuite. Le circuit est

touiours fermé, , ^ .,

Appareil de Hankel. -En 1868, HankeP se servit dun

appareil thermo-électrique ainsi constitue :

Les fils qui forment le circuit sont très minces,^ ce qui,

d'après l'auteur, diminue le temps nécessaire a l echauffe-

""Tes métaux choisis sont le fer et le maillechort

aplaties et disposées en spirale ; les anneaux de la spirale

sont séparés par un léger espace.

Les deux spirales sont placées sous une cloche, dé telle soi te qi^en Ïpiiquant la cloche, les soudures effleurent en pane-

+r"nn+ três lésèremeiit la peau.

Les flls plâètrent Oans la cloche au moyen de petites ouver-

*"p'our éviter la déperdition de chaleur, des plaques de bois de un quart de pouce sont placées sur la peau. Les fils de ter ont une longueur de 3 p.eds

.^-elnrrXe^-t^e^o^pIsrLW

n::«ïr;éiisti:-ti:aiiiechort,so^^^^^^^^^

siolorjic: Comptes rendus, L. IV, p. 471, low. Haut. — Arch. dcr lledkunde, 1808, p. J-i

Le galvanomètre est formé par un fil très épais et les aiguilles sont astatiques.

Cet appareil ainsi formé permet de reconnaître très exactement des différences de température entre deux régions.

Pour révaluation de la température en degrés, Hankel gradue ainsi son appareil ;

Il place les deux cloches renversées de façon à ce que les pointes des soudures soient dirigées en haut, il place sur l'ouverture des cloches une peau de caoutchouc tendue. Il verse dans les deux cylindres de l'eau à la même température, l'aiguille du galvanomètre doit rester au zéro.

Un thermomètre divisé en dixièmes est fixé par un bouchon dans le cylindre. Du bouchon partent quatre tuyaux, l'un d'eux est destiné à introduire de l'eau chaude, l'autre de Teau froide, le troisième permet à l'eau de s'écouler, par le quatrième on peut introduire de l'air qui en agitant le liquide, met toutes les couches du liquide à la même température.

Les deux premiers conduits sont en communication avec un vase contenant de l'eau chaude, l'autre de l'eau froide, le troisième avec un récipient qui permet l'écoulement de Teau.

Par ce dispositif on peut obtenir dans les deux vases la température que l'on désire et apprécier les différences à l'aide des déviations de l'aiguille du galvanomètre.

Pour une différence de température de 1 degré Réaumur du liquide des deux vases, Hankel obtient une déviation de 5 divisions de l'aiguille du galvanomètre.

Pour une différence de 0,1 Réaumur, on obtient une déviation d'une division de l'aiguille du galvanomètre.

Pour une différence de température 4^ l'aiguille déviait de 20 divisions.

Pour avoir la température absolue de la région à explorer, une des soudures est appliquée sur la peau, la cloche qui là renferme est soigneusement appliquée au moyen de bandelettes de diachylon, l'autre est appliquée sur le caoutchouc tendu sur la cloche contenant de l'eau dont on peut faire varier la température ainsi qu'on l'a indiqué plus haut. Lorsque l'aiguille est revenue au zéro et est restée fixe, ce qui indique que les deux soudures sont à la même température on

lit sur le tliermomëtre de la cloche à milieu variable et on a ainsi la température recherchée.

Hankel fait remarquer qu'il n'est pas nécessaire dans tous les cas de ramener l'aiguille à zéro, étant connue la sensibilité du galvanomètre et sa graduation, il suffit pour apprécier les différences de température de deux régions d'observer, les deux soudures étant placées sur les organes explorés, les déviations de l'aiguille.

On sait par exemple que pour une déviation de 20, on a une différence de température de 1°, etc.

Dans la plupart de ses expériences, Hankel, place la soudure fixe dans le 4« espace intercostal sur la ligne axillaire, afin d'avoir une température qui se rapproche de celle de l'aisselle.

En 1873, Hankel ^ a modifié son appareil. Il se sert des mêmes soudures et des mêmes fils. Les soudures et les spirales sont contenues dans une capsule en caoutchouc durcie. Les deux fils percent les parois.

En appliquant cette capsule sur la peau au moyen de quelques tours de bande on est sûr d'après la disposition indiquée plus haut, que la soudure est toujours pressée sur la peau.

Pour obtenir un milieu à température constante, Hankel se sert d'huile. Une des soudures plonge dans un vase contenant un kilogramme d'huile et renfermé dans un récipient

plein d'eau. j. ^ +

L'huile et l'eau remuées au moyen d'un agitateur ne tardent nas à se mettre à la température de l'air extérieur. D'après Hankel les variations de la température de l'huile sont à peine de 0,75 R dans une heure.

On a donc un milieu à température suffisamment constante.

Au-dessus de la soudure plongée dans l'huile se trouve le réservoir d'un thermomètre divisé en 0,1 R. Ce thermomètre donne la température exacte du liquide et permet d éyahier un changement de 1/100 de degré Réaumur et par conséquent la température de l'huile et de la soudure sont connus à 1/100 de degré R. près.

1 E. Hankel. lur Messung dcr Temperatur der menschlichen Haut. Archiv der Ueilkunde, 1873, t. XIV, p. 157.

APPAREILS THERMO-ÉLECTEIQUES 343

Pour obtenir une très grande sensibilité l'auteur se sert pour faire la lecture des déviations du galvanomètre du miroir à réflexion.

Pour une différence de 1", il obtient 50 divisions du galvanomètre.

Le galvanomètre employé par Hankel dans ses dernières expériences est composé d'un système astatique avec deux baguettes aimantées suspendues à un long fll, la baguette inférieure se trouve dans le circuit du multiplicateur, la supérieure au-dessus.

Le circuit du multiplicateur contient quatre fils qu'on peut relier ensemble de telle manière que le courant peut parcourir les quatre flls l'un aprèo l'autre ou deux à la fois ou les quatre ensemble. De cette façon la sensibilité du galvanomètre est augmentée.

Appareils de Wiedemann\ de Jacobson'^. — Jacobson a modifié le galvanomètre de Wiedemann, surtout employé en physiologie, dans le but de le rendre portatif et de le faire servir aux recherches de thermométrie clinique.

Il relie un miroir à l'aimant suspendu, au moyen d'un petit ballon de gomme laque, de telle sorte que ce miroir peut être orienté dans tous les azymuts.

Il rend ainsi la position du miroir indépendante de celle du méridien magnétique et il peut viser dans toutes les directions l'image de l'échelle.

L'instrument peut être employé dans toute chambre pourvu qu'il soit à l'abri des secousses.

Jacobson ne se sert pas pour augmenter la sensibilité de l'appareil de Sauerwald qui consiste en une règle portée sur un pied et sur laquelle peut se mouvoir un barreau aimanté que l'on approche ou que l'on éloigne de l'aimant mobile par le principe de Hauy et de Weber.

L'auteur n'emploie les bobines accessoires d'Heidenhain que dans les recherches où il a besoin d'une sensibilité très grande.

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