APPRÉCIATION DES APPAREILS THERMO-ÉLECTKIQUES
voisine de celle que l'on désire observer et laisser ensuite refroidir ou échauffer UnLement, suivant que la température de la région explorée est plus haute ou plus basse.
Il faut attendre que le thermomètre soit fixe et que l'aiguille conserve le zéro pendant une minute ou deux.
Le galvanomètre sort des ateliers de M. Carpentier, successeur de Ruhmkorff ^ .
Les plaques thermo-électriques ont été construites par
M. Gaiffe.
Appréciation des appareils thermo-électriques dans l'étude de la température locale. — Leur supériorité sur les thermomètres, — Quels sont les appareils à adopter en clinique 'i
Nous avons établi dans le chapitre précédent que les différents thermomètres proposés pour l'étude de la température locale ne donnaient que des indications approximatives, que ces instruments, la plupart imparfaits, exposaient à des erreurs.
Ainsi que l'ont établi Becquerel, Gavarret, Hankel, C. Bernard, Lombard, d'Arsonval ^, les appareils thermo-électriques ont une supériorité très marquée sur les thermomètres.
Ils peuvent, lorsque les soudures sont convenablement disposées donner la température exacte de la peau.
Ils accusent les changements brusques de température et les observations se font rapidement.
Ils permettent d'explorer dans un temps très court une grande surface et servent surtout à nous renseigner rapidement et sûrement sur les différences de température qui existent entre deux régions similaires.
Ils possèdent enfin une sensibilité que les thermomètres n'ont pas.
Parmi les appareils que nous venons de décrire, il en est un certain nombre qui sont d'un mécanisme compliqué, d'un maniement difficile et peu applicables aux recherches cliniques.
L'appareil de Becquerel exige l'emploi d'un régulateur
d Nous remercions notre ami A. Guérout de l'aide et des conseils qu il a bien voulu nous donner pour la disposition de notre appareil. 2 D AnsoNVAL. Sociétd de biologie, 1880. i'i"-<-^^u.
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volumineux et qui ne peut s'installer commodément que dans un laboratoire.
Les appareils de lîankel, Helmholz, Cl, Bernard doivent surtout servir aux physiologistes.
L'appareil de Lombard d'une sensibilité exquise ne peut être facilement transporté dans les salles de malades et ne peut servir à cause de cela qu'à des recherches de laboratoire.
Les appareils qui nécessitent l'emploi d'un régulateur ne peuvent, à notre avis, servir en clinique.
Si l'on veut, en effet, avoir une température constante avec une grande précision, on ne peut se servir de l'huile, du pétrole, etc.. et l'on est obligé de l'ecourir aux régulateurs de Becquerel et de d'ArsonvaL
Le régulateur de ce dernier auteur nous paraît le meilleur et nous a rendu de très grands services dans nos recherches de laboratoire.
La disposition des soudures des appareils thermo-électriques doit être telle qu'elle s'appliquent exactement sur la peau sans lésion des tissus.
Les aiguilles piquantes de Becquerel, d'Helmholz, de Béclard, etc. ne peuvent servir au lit du malade.
Les plaques thermo-électriques de M. le professeur Gavarnet sont très bien disposées pour l'étude des températures superficielles, Elles ont seulement l'inconvénient de présenter une surface trop grande, de mettre ainsi un certain temps à se mettre en équilibre de température et de perdre de la chaleur par rayonnement avant que la soudure ne soit à la température du milieu exploré.
La disposition que nous avons donnée à nos plaques thermoélectriques nous paraît meilleure. Ces plaques présentent une petite surface et se mettent très rapidement en équilibre de température. Elles peuvent s'appliquer sur la peau, avec une pression plus ou moins forte.
Nous avons aussi adopté le principe des soudures concentriques de d'Arsonval qui présente de grands avantages.
Les métaux que nous recommandons pour la constitution des soudures, sont le fer-mai Uechort, employés par Ilelmoltz, Hankol, C. Bernard, Lombard. Le bismuth-antimoine bien que
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très sonslble ne peut se disposer facilement pour les applications sur la peau. Le ler-maillecliort donne une sensibilité très suffisante pour les recherches cliniqu-es, et ainsi que l'ont démontré Regnault ', Rosetti 2, pour une même différence de température, le couple fer-mai Uechort produit une déviation double du couple fer-cuivre.
Le circuit doit être formé des mêmes métaux que ceux des des soudures. Les fils doivent être gros, et leur diamètre proportionné à leur longueur et soigneusement recouverts de gutta ou de soie. Nous avons trouvé utile, afin d'augmenter la sensibilité de Tappareil, de joindre les deux flls conducteurs terminaux a deux flls de cuivre qui vont ensuite au galvanomètre, de cette façon la résistance du circuit est diminuée.
Les soudures voisines des soudures appliquées sur la peau doivent être préservées de toute influence extérieure (courant d'air, refroidissement ou échauffement) on s'exposerait sans cela à de graves erreurs. Dans le circuit dont nous nous servons actuellement les soudures des flls maillechort aux flls de cuivre sont isolées et entourées d'une même enveloppe en soie.
Le galvanomètre qui convient le mieux est un galvanomètre àfll gros et court, sa sensibilité doit être assez grande.
La forme de galvanomètre que nous avons adoptée permet un transport facile, les recherches peuvent se faire près du lit des malades et sur une table bien calée.
Pour une différence de température entre les deux soudures on obtient une déviation de l'aiguille du galvanomètre de 20" à 22°.
Pour avoir en chiffres thermométriques la température d'une région, on peut se servir du procédé que nous avons décrit précédemment. Cette méthode nous paraît beaucoup plus sûr et plus rapide que celles recommandées jusqu'à ce jour par les auteurs.
Les observations avec les appareils thermo-électriques
1 Regnault. Thermométrie . Mémoires de l'Académie des sciences. L. XXXI. p. i!40.
2.U0SETT1. Sur l'usage des couples thcrmo-éledriqucs dans la mesure deskmpéraliires. Annales de Chimie, L. xiii, p. 68. 18C8.
exigent des connaissances physiques et des phénomènes thermo-électriques, une certaine habitude et une patience soutenue. Il faut, veiller dans toutes les expériences avec grand soin que des conditions extérieures, ne viennent pas changer les résultats et exposer à des erreurs.
Si les précautions que'nous avons indiquées sont suivies, si l'appareil est convenâbleraent disposé, on observe alors avec une rigueur toute scientifique et l'on peut être bien certain que les chiffres thermométriques obtenus indiquent sûrement la température des parties explorées.