‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 169 sur 312 · I . PioiuiY. Traité de diagnostic · texte numérisé non relu

I . PioiuiY. Traité de diagnostic

à 38° (dans le cas où la chaleur de la main a été à 37° elle était plus élevée que dans toutes les autres parties). Dans 11 cas d'inflammations plus ou moins aiguës du larynx et des bronches, le thermomètre de Réaumur a marqué : à l'aisselle de 29° à 35« ; à la bouche de 24° à 33° ; à l'épigastre de 28° à 34° à la main de 24" à 31° 1/2.

Dans un cas d'hemo-pneumorrhagie, la température a été : à la bouche de 33° ; à l'aisselle de 34» 3/4 ; à l'épigastre de BS- 1 /2 et à la main de 32°. Dans deux cas de pleurite sans flèvre, la température a été : à la bouche de 33° à ;^6° ; à l'aisselle de 30° et 33» 1/2 ; à l'épigastre de 28° à 30° ; à la main, de 27° et 30°.

Dans les cas d'entéralgie saturnine, la température a été : pour la bouche 30° 1/2 et 27° ; pour l'aisselle 32° et 29° ; pour l'épigastre, 30° 3/4 et 26° et; pour la main 29°.

Le thermomètre a marqué dans un tremblement mercuriel: bouche, 32° ; aisselle, 34°; épigastre, 33°; main, 34°. Dans une hémodermite varioleuse : bouche 32° ; aisselle, 30° ; épigastre 26»; main 28°. Dans une hémodermite morbilleuse avec flèvre vive et bronchite intense, la bouche avait 35° ; Faisselle 36°, Pépigastre, 35°, et la main, 35».

Dans 6 cas d'hj^persplénotrophie et hors le temps des accès fébriles, la température a varié : à l'aisselle de 30° 1/2 à 34° ; à la bouche de 27» 1/2 à 32» ; à l'épigastre de 29» à 31° ; à la main de 27» à 32».

Dans un cas de prurigo sans flèvre, la bouche était à 33° ; l'aisselle à 34°, l'épigastre à 35° et la main à 33°.

Dans un cas de cholihémie, la bouche avait 28», l'aisselle 30° ; l'épigastre 28» et la main 29°.

Dans 11 cas plus ou moins aigus d'inflammation de l'utérus et du vagin, la température a varié : à l'aisselle de 31° à 35"; à l'épigastre de 28° à 32° ; à la bouche de 27° à 32» 1/4, à la main de 22» à 28° ; au vagin de 32» à 38». Sur toutes les femmes qui ont voulu se soumettre à cette expérimentation, dit Piorry, la température du vagin a été supérieure à celle de l'aisselle.

Hankel compare, au moyen de i'on appareil thermo-éleclrique, la température de l'aisselle à celle de la peau du cinquième espace intercostal, et de cette comparaison résulte cette conclusion que la ditïérence des deux températures cen-

traie et périphérique est pour le même individu moindre pendant la fièvre que dans l'apyrexie.

Les observations de cet auteur ont été faites dans quatre cas de pneumonie légère, dans un cas de fièvre tierce, de bronchite et corj'za, d'orchite blennorrhagique.

Hankel rapporte des constatations isolées de Bserenspung, de Haubold qui ont vu que chez les fébricitants la tem- • pérature de la peau était relativement plus élevée que chez les sujets sains.

Plus récemment, Jacobson > dans des observations de pleurésie, de péricardite rhuraastimale, de péritonite, de fièvre intermittente, de pneumonie^, de fièvre typhoïde, constate que la différence de température entre l'aisselle et la superficie de la peau est pendant la fièvre tantôt moindre, tantôt plus forte que dans Tétat apyrétique, la chaleur pouvant varier considérablement au niveau de la peau, alors que dans Taisselle elle reste constante. Il constate même que la température de deux parties voisines peut varier en même temps en sens inverse, sans aucune relation avec la période de la maladie, mais que cependant cette températui^e de la peau, malgré ses variations, est plus haute pendant la fièvre que pendant la convalescence.

Jacobson se servait dans ces recherches d'un appareil thermo-électrique dont il enfonçait l'aiguille sous la peau.

Riegel-, Muri'i-'^ affirment que la différence des températures centrale et périphérique n'est nullement influencée par l'anormalité de la température, et que cette différence peut du reste se modifier considérablement sans cause appréciable.

D'après Scliùleiu la pneumonie ainsi que la scarlatine, et peut-être la rougeole, se distinguerait de la fièvre typhoïde, du rhumatisme articulaire, de l'ôrysipèle, etc., en ce que la

1^. Jacobson. Virchow's Archiv. fùr path. Anat. Bd. LT. 2 p. 275.

•2. HiEGKL (Franz). Zur Wnrmeregulation. Virchow's archiv fur palhol. Anal. Bd. LXl, p. 396, j874. '

n Munni (AuGusTo). Du pouvoir régulateur de la température animaio Critique des travaux de l'école de Liebermeister. Lo Sperimentalc de Horence, p. ^6 iil et 229, J873, hrocliure in-8. Florence, 1874.

■1: bcHULEiN. Uebcr dus Vcrhallniss der peripherischen zur centmlen Temperaturin Fieber. Virch. Aroh.M. LXVI, p/ToSo

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courbe de la température des extrémités (mesurée tous les quarts d'heure) est parallèle à la courbe de l'aisselle. Ainsi, d'après cet auteur, non seulement le pneumonique perd relativement beaucoup de chaleur par la peau, mais il la perd d'une façon égale et uniforme, ce qui n'a pas lieu avec autant de régularité dans d'autres maladies fébriles.

Dans la fièvre intermittente, à la période de frisson, alors qu'ainsi que l'ont démontré de Haen et Gavarret, les parties centrales présentent une température élevée, la périphérie se refroidit (voir 1™ partie). Dans le frisson de la pyohémie, des fièvres à leur période d'invasion, etc, on observe le même résultat. Chez une femme prise de frisson au 15^ jour d'une fièvre typhoïde, Lorain a noté les chiflFres suivants :

Vagin 39°,6

Bouclie 36°

Aisselle 39°,2

Main 340,4

« Donc^ dit cet auteur, la bouche et la main étaient refroidies. »

Comparant les différentes températures du rectum, de la bouche, de la main dans un accès de fièvre intermittente, Lorain ' arrive aux conclusions suivantes :

« Le rectum est toujours plus chaud que les autres points observés ; cette supériorité s'accusant davantage à partir de la seconde période c'est-à-dire dès le moment où surviennent les sueurs qui font baisser surtout la température de la peau et celle de la bouche. La main présente une température faible au début, et cette température s'élève à la seconde période et à la troisième. On ne saurait avoir une idée juste d'un accès de fièvre intermittente par la température de la

main. » .

Luigi Concato ^ dans une étude très consciencieuse sur la thermométrie comparée des aisselles dans les inflammations

i. V. Lorain. Etudes de médecine clinique. Etudes de la temperaiur'e etc T. II, p. 8 et 20. Paris, 1877. '

2 ' Luigi Concato. SuUa iermomelria eompamtiva dellc asccUe c e flogosî unilalcvali degli organi tovaeici. Rivista Clinica Bologna n" 10 de Ottobre 1877.

TEMPÉRATURE PERIPHERIQUE DANS LES MALADIES FEBRILES 4ll

unilatérales de la poitrine, àmve aux conclusions suivantes : ■ !..

1° Dans les fièvres générales, de même que chez les sujets sains, il existe très fréquemment des diflférencés.de température des deux aisselles.

2° Danâ ces maladies les températures les plus hautes se trouvent le plus souvent sous l'aissellé droite, mais avec des modifications qui sont sans influence sur la répartition proportionnelle des chiffres (77°,45 à droite, 2-i%55 à gauche).

3° L'écart total entre les deux aisselles a été dans lés observations, de 6 à 7 dixièmes inférieur à la moyenne normale, le maximum des éxtrêmes a niênie dépassé lanormalé (0°,80) de 0",20 ; quant à la fréquence variable des différences on a eu la même série décroissante du minimum au maximum que l'on observe chez les personnes saines.

Dans une deuxième série d'observations, l'auteur a trouvé, de même que dans les prenières observations, des différences très fréquentes de la température des deux aisselles, mais la proportion entre les isothermes et les différences de température des deux aisselles était l'inverse de celles des premières observations ; dans celles-ci le chiffré dés isothermes était double, tandis que dans les premières il se réduisait audessous de la normale, avec un mouvement de progression quatre fois moindre.

Cette progression en sens inverse se montrait aussi dans la répartition des températures les plus élevées du côté droit et du côté gauche, puisque les observations de là seconde série augmentèrent de 12 0/0 le nombre des températures plus élevées du côté droit.

4° Il existe encore une différence dans les résultats des premières et des secondes observations en ce que l'écart total entre la chaleur des aisselles s'est trouvé supérieur à la moyenne normale, le maximum ne fut pas même supérieur à la normale, tandis que dans la répartition des différences selon le degré de fièvre les différences furent presque incalculables.

5" Dans les deux séries d'observations, on trouve la même variabilité extrême des ràppôrts entre le degré des différences et celui de la fièvre :

Le tableau suivant indique cette vai-iabilité : Diflerences de 0°,10.

Dans l'apyrexie 20°

Avec lièvre de 37° à 38° 50 n

— 40° et au-dessus 10";00

Différences de 0°,20.

Dans l'apyrexie :

Avec fièvre de 37° à 38° 11°, 45

Différences de 0°,30.

Dans l'apyrexie :

Avec fièvre do 37° à 38" 14", 29

Différences de 0°,50.

Dans l'apyrexie

Avec fièvre ae 39° à 40° 0°,71

Différences de 0°,60.

Dans l'apyrexie :

Avec fièvre de 38° à 39° 3°,8

M. Couty ' vient de donner le résultat de ses nombreuses observations de température périphérique dans les maladies fébriles. Ces observations tendent à prouver que pendant les maladies fébriles, l'augmentation de température est pius grande à la périphérie et que la chaleur tend à s'égaliser dans tout le corps.

Dans la pneumonie les températures centrales et périphériques, d'après l'auteur, tendent à s'égaliser.

Chez les pleurétiques les températures observées sont gé-

1. CooTY. Recherches sur la température périphérique {Avchives de Physiologie 1880).

néralement moins élevées que celles présentées par les pneumoniques.

De même dans la fièvre typhoïde, les deux températures axillaire et palmaire pendant l'acmé tendent à s'égaliser ou s'égalisent complètement. Seulement cette égalisation, au moins dans les cas légers, présente certains caractères spéciaux ; elle est d'abord moins constante, moins complète que dans la pleurésie ou dans la pneumonie, et c'est seulement à certains jours et non pendant toute la période fébrile, que les deux températures, toujours très rapprochées pendant l'acmé, sont complètement égales ; mais si elle est moins complète elle semble durer plus longtemps et l'on voit souvent la température palmaire être enore très élevée plusieurs fois après la défervescence axillaire ; enfin fait capital, entre la période d'acmé et la défervescence pendant le déclin et la période intermédiaire nommée amphibole, la température palmaire présente de très grandes oscillations.

En résumé, dit M. Couty, chez les typhoïdes, la température palmaire comme la température axillaire présente de grandes oscillations: seulement ces oscillations palmaires sont beaucoup plus considérables et plus durables, et, de plus, elles se produisent souvent sans rapport avec les variations de la température axillaire.

Les affections tuberculeuses, l'érysipèle, l'ictère catarrhal, l'angine, présentent aussi des égalisations de température.

Bans certains cas bénins de fièvre typhoïde, de rougeole, la tendance à l'égalisation peut rester peu marquée, malgré une élévation assez considérable de la température axillaire certames complications, troublant l'évolution de la maladie' empêchent l'égalisation des températures. '

« Si les modifications du milieu extérieur paraissent presque sans influence sur l'état de la température périphérique es modifications du milieu intérieur au contraire, telles que les agents thérapeutiques ou alimentaires, ont une action c ertaine, quoique souvent variable sur cette égalisation destem-

En résumé, il faut admettre que ce trouble de la répartition calorique chez le fébricitant dépend non de l'état fébrile et de son intensité, mais des conditions physiologiql

Yiduelles pu i^utres de T organisme dans lequel évolue ce processus; il est nécessaire de tenir grand compte des variations de la température périphérique, non seulement parce qu'elles s'ajoutent aux variations centrales pour donner la valeur de rhyperthermie totale de l'état fébrile, mais surtout parce que les yariatioiis étant plu? considérables et plus rapides fournissent un tableau plus fidèle et plus exact de l'évolution de chaque cas morbide. »

Dans ses études comparatives des températures centrale et périphérique de la pneumonie et de la pleurésie, M. Torio ^ a obtenu les résultats suivants :

A la période de frisson, tandis que la température centrale s'élève, la température périphérique s'abaisse.

Pendant toute la période d'état de la fièvre, lorsque le frisson est terminé, la température périphérique reste toujours très élevée et presque égale à la température centrale.

Au moment de la défervescence fébrile, et quelquefois même avant que ce phénomène ne se produise, la température périphérique s'abaisse et descend même souvent audessous de sa normale qu'elle n'atteint qu'en pleine convalescence.

M. Torio a remarqué que dans la pleurésie la température périphérique paraît suivre la marche de l'épanchement.

Nous avons comparé, dans un assez grand nombre d'expériences, la température périphérique à la température centrale et axillaire.

yoici les conclusions de nos recherches en partie conformes à celles des auteurs que nous venons de citer.

Si l'on prend chez un sujet sain à diff'érents moments de la iournée et au même niveau (thorax, abdomen, pied, main) la température périphérique, on note, à l'inverse de ce que l'on observe pour la température axillaire'.à peu près constante à quelques dixièmes près, que les chiffres des températures périphériques obtenues varient assez notablement (de 1" à à"

en moyenne). i o

Chez les fébricitants la température de la peau est plus

élevée qu'à l'état normal.

1 A. Tonio. Etude comparative des Tempénitures cmlr^^^ phériques dms la pkicrésic et la pneumonie. (Thesq de P^n?, 18/0.)

HEMI-HYPERTHERMIE DANS LES MALADIES FEBRILES 415

Dans la pneumonie, la pleurésie, l'érysipèle, la fièvre typhoïde, au début, il existe des écarts assez notables entre la température périphérique et axillaire. La température périphéi'ique présente à cette période une variabilité assez grande aux divers moments de la journée ; à la période di'étal de ces maladies, la température périphérique tend â se rapprocher de la température centrale et marche parallèlement. Si la température axillaire est, par exemple, 39°, la température périphérique du thorax atteint 370,5 38o et se maintient pendant plusieurs jours à ce niveau.

A la période de déclin, pendant la convalescence, la température périphérique est moins constante ; elle s'abaisse souvent brusquement et l'écart entre la température périphérique et centrale est toujours assez notable.

II. Nous avons très fréquemment noté une élévation de la température cutanée d''un côte du corps dans des maladies fébriles. Cette hémi-hyperthermie, assez marquée dans quelques cas, un des côtés du corps présentant une température plus élevée de O^S à 1° que celle du côté opposé, s'observe principalement dans les affections pulmonaires et abdominales aiguës en dehors de toute affection nerveuse (voir Thermométrie locale dans les affections pulmonaires).

Ces modifications thermiques sont vraisemblablement sous la dépendance de troubles vaso-moteurs.

Plusieurs auteurs ont signalé, dans ces derniers temps, les dififérences de température chez les fébricitants entre les deux moitiés du corps. (Squire Lépine, Mourson).

Les recherches plus récentes de Mourson ont confirmé les résultats de L. Cocato de Couty et les nôtres. Cet auteur a trouvé des variations très fréquentes entre la température des aisselles et des deux côtés de l'abdomen, principalement dans les cas de complications pulmonaire et abdominale.

Dans quelques cas, les températures locales pulmonaires ont été supérieures à celles de l'abdomen.

De même que dans nos recherches sur la température périphérique dans les maladies du poumon comparée a le température axillaire. M. Mourson, a noté le parallélisma centre les deux courbes.

1. W. Squire. On high local Température. (Lancet. Décembre d88L)

416 HÉMI-HYPERTHEllMIli DANS LES MALADIES FEBltlLES

« J'ai fait prendre les températures locales du ventre et de la poitrine et les températures axillaires, de 2 heures en 2 heures pendant plusieurs jours de suite. Les résultats ont donné, à quelques différences près un parallélisme constant entre toutes les courbes. Les diverses températures locales conservent toujours les mêmes différences avec celles des aisselles. On trouverait même, le soir, l'égalité des températures abdominales du côté droit et de l'aiselle ganche. Ce serait donc le contraire de ce qui se passerait à l'état physiologique, où selon M. Redard, la température axillaire est à peu près constante. Je n'ai d'ailleurs jamais vu cette constance de la température axillaire à l'état physiologique. Ainsi, sur plus de cent mensurations de températures axillaires (aisselle gauche), que j'ai faites, matin et soir, en vue d'autres recherches, j'ai toujours relevé du- matin et soir et d'un jour à l'autre des différences variant de 2 à 5 dixièmes de degré.

Après la période d'éruption des plaques de Peyer dans la fièvre typhoïde, M. Mourson ^ a noté un écart assez notable entre la température axillaire et abdominale, cet écart est considérable pendant la convalescence.

Les hémorragies successives, l'extension de l'inflammation au péritoine amène une élévation de toutes les températures, moindre toutefois au ventre qu'à l'aisselle. Les diverses médications, purgatifs, etc., abaissent la température de l'abdomen.

1 Mourson. Recherches sur les tempéralures locales dans la fièvre thyphoïde. Journal de thérapeutique, 1882.

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