‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 174 sur 312 · I. Hémorrhagic cérébrale · texte numérisé non relu

I. Hémorrhagic cérébrale

E. Maragliaiio a publié les premiers documents sur la question de lathermometrie cérébrale dans l'héraorrhagie du cerveau.

Ses recherclies sont basées sur cinq cas d'hémorrhagie du corps opto-strié et de la capsule interne et un cas d'hémorrhagie protuberantielle.

De Texamen de ces observations, il résulte que la comparaison des chiflFres obtenus ne donne aucun résultat positif.

La moyenne des températures indique au contraire im abaissement de la température de la tête. C'est ainsi que la plus haute moyenne thermique a été de 35° pendant qu'elle restait chez les autres à 34°5, 34°, 33°8 et descendait même à 31°7.

Cet abaissement, d'après E. Maragliano, tient à l'inertie dans laquelle se trouve le malade hémiplégique. Il s'appuie pour expliquer ce fait : 1° sur ses recherches qui démontrent que, pendant un travail musculaire, la température cérébrale s'élève au niveau des lobes frontaux et pariétaux; 2° sur ce que l'abaissement de la température de la tête dans ses observations est en rapport direct avec la diminution de la puissance motrice.

Ces recherches thermométriques auraient, d'après E. Maragliano, une grande importance pour le diagnostic de Vhémorrhagie et du ramollissement cérébral.

HÊMORRHAGIB CEREBRALE 437

Dans le ramollissement, il existe un abaissement considérable de la température au niveau du lobe ramolli.

Dans lliémorrhagie, rabaissement au niveau du lobe lésé, quand il existe, est peu, marqué.

Voici les conclusions de Biaise sur ce point :

1° Les tracés thermoraétriques de la tête recueillis chez les apoplectiques présentent un parallélisme complet avec celui de Faisselle ;

2° Quand l'hémorrliagie se fait en une seule fois, on y reconnaît les trois périodes établies par Charcot pour la marche de la température rectale, et qui sont caractérisées : la première, par un abaissement initial; la deuxième, par le retour à la normale suivi d'oscillations autour de cette dernière pendant un temps variable; la troisième, par une élévation progressive jusqu'à la mort. Cette dernière manque, ou se trouve extrêmement réduite, si la terminaison se fait par guérison;

3" Lorsque l'hémorrhagie se fait en plusieurs fois, par une série de poussées successives, les courbes cérébrales suivent encore toutes les oscillations de la courbe axillaire, mais on observe une série d'abaissements et d'élévations alternatifs tels que, en quelques heures, la température peut varier de 2° et même davantage ; enfin survient une dernière ascension puis la mort ;

4° Les températures de la tête arrivent la plupart du temps à un chiffre élevé, fort peu différent de celui de l'aisselle. Cependant dans quelques cas l'écart est allé jusqu'à 2°. D'un autre côté, les différentes régions frontales, temporales et occipitales n'ont présenté entre elles que des variations thermométriques de quelques dixièmes de degré ;

5" La différence entre les régions symétriques a été à l'avantage du côté lésé, sauf quelques exceptions rares où la température s'est montrée alternativement plus élevée du côté malade et du côté sain. Ce dernier résultat tient peut-être à ce que la poussée congestive encéphalique a prédominé tantôt à droite, tantôt à gauche. La constatation d'une hémorrhagie dans un hémisphère ne prouve pas en effet absolument que c'est là que la congestion a agi avec le plus d'intensité; elle prouve tout simplement que c'est à ce niveau que les vaisseaux ont présenté le moins de résistance. Les chiffres

438 TEMPÉRATURES PÉrICRANIENNES MORBIDES

représentant cette différence ont presque constamment oscillé entre 0°4, 0°5 et même de O"? ;

6° La température cérébrale suivant, chez les apoplectiques une marche parallèle à la température axillaire, tout ce qui s'applique à cette dernière, pour le diagnostic différentiel de l'hemorrhagie et du ramollissement, convient également à la première;

7" Dans le cas où le foyer hémorrhagique est ancien, les chiffres que nous avons recueillis n'ont donné comme différence au niveau des régions symétriques, que des quantités peu sensibles tout à fait insignifiantes;

8° Jusqu'à plus ample informé, il nous semble impossible de se baser sur les résultats obtenus par la thermométrie cérébrale pour diagnostiquer un ancien foyer d'hémorrhagie d'un ancien foyer de ramollissement.

Page 1