‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 187 sur 312 · ans 8. 7 mois · texte numérisé non relu

ans 8. 7 mois

Atrophie Atrophie Peu d'atrophie

Abaissement de 0°6.

Abaissement de 0 8, Abaissement de 0°Q.

Dans ces dix observations, dit Folet, nous constatons deux fois l'élévation thermométrique bien accusée des parties paralysées (0°6 et 0°8). Chez le premier malade l'hémiplégie ne date que d'un an ; chez le second elle est plus ancienne, mais elle est incomplète, il y a quelques mouvements ; enfin, ni chez l'un ni chez l'autre il n'y a d'atrophie.

Dans trois cas, il y a équilibre thermométrique. Ces trois hémiplégies sont anciennes, la plus récente a vingt mois. Chez ces trois malades, l'atrophie est peu marquée.

Nous avons trouvé cinq fois l'abaissement de température du côté paralysé, abaissement qui a varié de 0°2 à O'S. Dans ces cinq cas, l'atrophie est bien marquée et la paralysie est ancienne (dix-huit mois et plus), sauf chez un plombique, qui avec une paralysie ne datant que de sept mois et une atrophie légère donne au thermomètre un abaissement de 0°ô.

Voici les conclusions de cet auteur :

1° Dans l'immense majorité des cas, la production d'une hémiplégie s'accompagne, dès le début, d'une élévation de température du côté paralysé : très rarement l'équilibre persiste, presque jamais on ne rencontre d'abaissement.

2° L'élévation habituelle varie entre 0°3 et 0°9, ne dépasse pas ordinairement 1 degré, à moins que l'exploration ne se fasse aux mains. Dans ces cas, en raison du refroidissement facile, on rencontre des différences de température de 3, 4, 9 degrés (Charcot). L'élévation de température s'accompagnant de turgescence des veines peut être appréciable au simple toucher; le thermomètre révèle souvent alors une différence moins considérable que ne l'aurait fait supposer le toucher.

3° Les contractures ne paraissent pas avoir d'influence sur le résultat thermométrique.

4» La différence de température peut s'accuser pour toute espèce de lésion cérébrale, apoplexie, ramollissement, sclérose, - Nous ne savons si le siège de la lésion a une influence sur l exagération de la caloricilé.

60 La guérison de la paralysie ramène l'équilibre thermométrique. Quand la paralysie persiste, la durée de l'élévation de température est extrêmement variable. Tandis que chez certains sujets, surtout chez ceux où l'hémiplégie ne s'est pas produite brusquement, elle peut n'être plus constatable au bout de deux mois, chez d'autres, au contraire, elle peut persister-plusieurs années. Au bout d'un certain temps, généralement au début de l'atrophie, l'équilibre se rétablit.

6" L'atrophie paralytique bien marquée s'accompagne d'un abaissement de température.

7° Lorsqu'à la suite d'une hémiplégie de longue durée entretenant un excès persistant de température, l'autre côté se paralyse à son tour, l'équilibre thermométrique se rétablit ou même l'augmentation de chaleur se manifeste du côté de la paralysie récente.

En 1868, R. Lôpine ' institue à la Salpétrière, dans le service de Charcot, un grand nombre d'expériences dans le but de rechercher comment se comportent les parties paralysées par rapport aux parties saines, symétriques, quand on les place, pendant un temps égal, dans un même milieu à température tantôt basse, tantôt élevée. Voici ses conclusions :

1° En plaçant les deux membres sains et paralysés d'un hémiplégique dans certaines conditions déterminées et identiquement les mêmes pour les deux membres, on peut observer des variations très notables de leur température relative. Ainsi Tun des membres peut devenir alternativement plus ou moins chaud que celui du côté opposé.

2° Dans l'hémiplégie récente, le membre paralysé, qui est normalement plus chaud que le sain, peut devenir le plus froid si les deux membres sont soumis à un certain degré de refroidissement ; si ce degré, qui paraît en rapport avec le degré de la paralysie vaso-motrice, est dépassé, le membre paralysé se refroidit moins que le membre sain.

3" Dans l'hémiplégie très ancienne avec refroidissement du membre paralysé, ce dernier revient relativement plus chaud

1. Lépi.ne. Notes sur les variations de tempéraiarc des membres paralysés relativement aux membres sains. Gaz. màl. p. SOI, 1808.

DANS l'hémiplégie 461

que le membre sain, lorsqu'on les soumet tous deux à un certain degré de refroidissement.

Il reste en général moins chaud que le sain, si tous deux sont alors réchauffés .

La température d'un membre dont les vaso-moteurs ne fonctionnent pas d'une manière normale, ne semble donc pas susceptible de présenter des écarts soit en haut, soit en bas, aussi considérables qu'un membre sain.

4° D'une manière générale, il semble possible de se rendre compte des variations thermiques relatives des deux membres, eu admettant que les actions vaso-motrices nécessaires pour l'adaptation au milieu ambiant se produisent plus lentement et moins complètement.

Dans une observation de Bevan Lewis ', à la suite d'une hémorrhagie récente dans le corps strié, chez un aliéné, on note :

Le quatrième jour après l'attaque d'apoplexie un abaissement très considérable de la température du côté hémiplégique :

Aisselle gauche 3806

Aisselle droite du côté paralysé 3305

Au sixième jour, aisselle droite 3508

Au septième jour, dans les deux aisselles 4002

Au huitième jour, aisseUe droite. (Au moment de la mort). 36°l

S'appuyant sur de nombreuses recherches expérimentales Bufalini^, donne les conclusions suivantes :

l°La température locale, prise pendant un certain nombre de jours dans les extrémités, présente des oscillations, que ces extrémités soient paralysées ou saines, tandis que la température générale ne varie pas;

2° La température locale des extrémités paralysées ou saines, prise plusieurs fois dans la journée, présente des variations; la température générale demeurant presque constante ;

3" Dans 213 cas, la patte paralysée a été trouvée 148 fois

1. Bevan Lewis. Case of hemiplegia with great dépression of température. TheLancet, p. 502, 7 octobre 1876.

;»7f'''V •^"'r^'if, "w^" ^'<^^'erchcs expérimentales faites ÎZlil'i^^r '^^^^^^ rî7«j«ersiit' de Sienne. ArclJes de

Physiologie normale et pathologique, t. III, p. 830, 1876.

plus chaude que Tautre; 51 fois la température était à peu près égale des deux côtés; 14 fols la température de Textrémité paralysée a été trouvée de 2 à 3 degrés centigrades inférieure à celle de la patte saine ;

4° Dans la même journée, l'extrémité paralysée a été trouvée à un certain moment plus froide que la saine, à un autre moment on l'a trouvée plus chaude;

5° La température de la patte paralysée est plus élevée le soir que le matin; mais les variations de la température du soir, dans les deux extrémités postérieures, concordent entre elles et ont lieu parallèlement à celles de la température générale.

Nothnagel ' a cité plusieurs cas d'hémorrhagie cérébrale avec troubles vaso-moteurs et thermiques du côté paralysé. Dans un cas il trouve, dans la paume de la main, sur un membre parésié une température de 0°2 moindre que celle du côté sain.

Seeligmiiller ^ adonné dans son étude «Pathologie du sympathique/) une observation d'hémorrhagie cérébrale avec troubles vaso-moteurs du côté no7i paralysé.

Il s'agissait dans ce cas d'une hémorrhagie cérébrale avec parésie passagère de la moitié droite du corps. Au dix-huitième jour, la pupille gauche était considérablement rétréci, lie côté gauche de la face était rouge, congestionné, la température du côté gauche était Sô"-!, du côté droit (paralysé), 36°. Ces troubles vaso-moteurs et thermiques ne durèrent que quelques jours.

Dans une de ses observations, Schiff ^ a constaté chez un homme atteint d'une lésion trauraatique de la moelle avec paralysie d'un des membres inférieurs, un refroidissement très marqué du côté paralysé, avec sécrétion sudorale très faible.

A l'état de repos absolu, la température prise entre le gros et le deuxième orteil était de 29°3 à droite (côté paralysé), de

i.NoïHNAGEL. Virchow's ÂrcMv. Bd., LXVIII. et Bcrl. Klin. Wo-

''''^^KLii^l/LLEn.^ Zur Pathologie des Sijmpathicus. Deutches Archiv fur lŒnische Medicin. 20. 1877.

3. ScuiFF. Sulla tcmperalura locale délie parte paralitiche.{Lo bpe-

rimentale. Mars 1873.)

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