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DANS L'HÉMIPLÉGIE

37» à gauche. Au moment de la sueur : pied droit, 83°, pied gauche, 360; creux poplité droit, 35°8, creux poplite gauche, 36''2.

En hiver, le malade s'étant promené pieds nus dans sa chambre pendant une heure, Schiff obtint 20" pour le coté droit, SS^a pour le côté gauche.

Dans ses expériences sur les animaux, Schiff note que 1 hemisection de la moelle, s'accompagne d'élévation de température dans le membre correspondant, mais que de même que chez le malade précédent, le creux poplité ne présente qu'une faible différence de température.

La dilatation vasculaire et l'élévation de température très marquée après la section, va en diminuant progressivement pour disparaître même, sans que le nerf se soit régénéré.

Les recherches de Schiff démontrent en outre qu'il se produit dans les extrémités paralysées et saines, des variations de température, d'un jour à l'autre et dans la même journée.

Ces oscillations, d'après Schiff, ne dépendent pas d'une condition générale et particulière de l'organisme, mais de conditions spéciales à chaque extrémité. Ainsi, le matin, la température du membre sain était le plus souvent peu élevée ; vers 11 heures, quelquefois plus tard, vers 3 ou 4 heures du soir, survenait une augmentation qui se maintenait pendant deux à cinq heures, suivie d'une diminution. Entre 7 et 9 heures du soir, on observait une nouvelle élévation plus notable que la première, qui s'accentuait pendant le sommeil du chien ; puis, entre 6 et 7 heures du matin, la température s'abaissait de nouveau. Or, le matin, pendant que l'extrémité saine présentait une température peu élevée, on trouvait une différence de 2° à 3» en faveur du côté opéré; quand le membre sain s'échauffait, la température du côté opéré restait stationnaire ou variait très peu, cependant les deux membres n'arrivaient pas à une température égale, car, avant que le fait pût se réaliser, le côté opéré présentait une augmentation de température qui d'abord avait une marche plus rapide que celle du côté sain, mais qui bientôt se ralentissait et finalement s'arrêtait. En somme, le côté opéré demeurait légèrement plus chaud que l'autre. Il ressort nettement de

ces expériences que le côté paralysé subissait des oscillations thermiques moins amples que le côté sain.

Dans la majorité des cas, l'élévation de la température des membres paralysés se produisait immédiatement après la section de la moelle. Dans d'autres cas plus rares on observait après l'opération une diminution subite de la chaleur durant une demi-heure, une heure et davantage, suivie d'élévation thermique, et d'affaiblissements des pulsations artérielles.

Les oscillations de la température ne présentaient aucune régularité et aucun parallélisme avec les variations de la température rectale.

L'observation suivante, de Robert W. Forrest S est un exemple des modifications très considérables de la température locale qui surviennent dans l'hémiplégie d'origine médullaire :

Chez un homme atteint à la suite d'un accident de chemin de fer d'une fracture de la colonne vertébrale, avec raideur et fourmillement du membre inférieur droit, Robert Forrest nota les températures suivantes avec le thermomètre de Mortimer Granville :

A un pouce et demi au-dessus du coudyle du fémur, le thermomètre est appliqué à 11 h. 30 du malin.

Jambe droite Jambe gauche côté malade. sain.

A 6 heures du soir, 6 h. 1/2 après l'application 91 "8 F.

A 6 heures 10 91°6 F.

A 6 heures 15, après 5 minutes d'application sur la jambe gauche . 93o2 F.

A 6 heures 20, après 5 minutes d'application sur la jambe droite . . 91 "6 F.

Au 7iiveau de la rçtule, à 12 h. 30 dumatin.

Jambe droite Jambe gaucho côté malade. sain.

A 2 heures 50, 2 heures après . . 87<'2 F.

A3 heures, après 10 minutes d'application sur la jambe gauche. . . 8808 F.

A 3 heures 10, après 10 minutes d'application sur la jambe droite . . 86o2 F.

La température de l'air est 78° ; de l'aisselle, 98°2. F.

1. RoDERT W. Forrest. Abstract of Notes of a case ofrailway injury, wiUi observations of surface température. The Lancet, J878, tome II, page 509.

DANS l'hémiplégie 465 Au niveau de la rolule, le Lhermomèlre est appliqué à 4 /i. 10 du matin.

Jambo droite, Jambe gaucUo,

côté nialatlo. côlé sain.

A 7 lieures 45, après 3 heures 35

d'application 89°8 F.(32<'c)

A 7 lieures 55 . 90° F. (Sane)

A 8 heures 17, sur la jambe di^oite SQ^ÔF. (BOHc)

A 8 heures 27 86°8 F. (30°6c)

A 8 heures 37 86»6 F. (30°5«)

8 heures 49, après 12 minutes

d'application sur la jambe gauclie . 90°6F. (32°6c)

A 9 heures, après 11 minutes d'application sur la jambe droite . . . 86''4 F. (30o2'=)

La température de la chambre, 64° F. (18° c); gous les draps, 83° F. (28° 0); sousl'aissellc, 98°F. (36°7«); de la bouche, 98°4 F.(36°9'=)

Au niveau de la rotule, le thermomètre est appliqué à 6 h. 30 du matin.

Jarabo droite Jambo gancLo

cotù malade. sain.

A 9 heures 20, après 2 heures 50,

d'application 88°F. (31° le)

A 9 heures 30, après 12 min. . . 90»2 F. (32°2c)

A 9 heures 52 90°4 F. (32°3«)

A :0 heures 90°6 F. (32°6c)

A 10 heures 22 ' 90°6 F. 32°6c)

La température de l'air sous les draps, 75° F, (24°c};'de la chambre, 61° F. (16° c); de l'aisselle, 99° F. (37° 24").

Parmi les dernières recherches sur la température locale des parties paralysées, nous devons citer le travail de Lequeux\ et tout particulièrement les intéressantes conclusions de Biaise.

Lequeux n'étudie la température des hémiplégiques que sur un petit nombre de sujets et ses conclusions sont basées sur une seule observation thermométrique pour chaque malade.

« En général, dit-il (13 fois sur 15), au delà de deux ans de paralysie, la température du côté paralysé est inférieure à la température du côté sain, au moins de quelques dixièmes de degré.

Avant deux ans, la température est plus élevée du côté paralysé (3 fois sur 4).

o''o.^fQ7o"''^" « ^'éiude de l'hémiplégie. Thèse de Paris

Hedard.

L'atrophie n'est pas un phénomène constamment en rapport avec rabaissement de la température et la diminution du nombre et de la force des pulsations artérielles, mais accompagne souvent ces troubles de caloriflcation et de circulation. »

De Tesamen d'un grand nombre d'observations, M. Biaise déduit les propositions suivantes :

D'après Biaise, voici les modifications thermiques que l'on observe dans Thémorrhagie et le ramollissement cérébraux récents :

1° Lorsque l'hémorrhagie cérébrale se fait en une seule fois, on observe sur les courbes de la tête, de l'aisselle et des membres : 1° Un slade d'abaissement initial ; 2° Un stade sialionnaire, qui est suivie par ; 3° Un stade ascensionnel, lorsque le cas devient fatal. Ces trois stades correspondent aux trois périodes établies par Charcot pour la marche de la température centrale.

1° Le premier stade, qui abaisse au-dessous de la normale, et souvent d'une façon très notable, les températures périphériques, a une durée très courte qui dépasse rarement trois heures.

La durée de ce stade est ordinairement un peu plus restreinte au rectum qu'à l'aisselle.

La chute thermique est beaucoup moins prononcée à la tête qu'aux membres .

Les membres paralysés se refroidissent plus que les membres sains. La différence est d'autant moindre qu'on se rapproche davantage de la racine de ces membres.

2° Le deuxième slade, ou stade stationnaire, est caractérisé à l'aisselle par des oscillations de quelques dixièmes autour de la normale et plutôt en dessus qu'en dessous de cette dernière. Il peut durer un temps variable, de quelques heures à quelques jours. Il manque, dans les cas d'apoplexie grave où l'abaissement initial est suivi immédiatement d'une ascension brusque et fatale.

Le stade stationnaire des membres est un peu différent de celui de l'aisselle. Il s'établit sur des chiffres supérieurs à la normale et paraît commencer plus tard que le stade stationnaire de l'aisselle, celui des cuisses débutant encore plus tardivement que celui des avant-bras.

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Il en résulte qu'entre la période initiale et la période stationnaire, on peut observer pour les membres un stade intermédiaire ascensionnel moins important mais aussi accentué que la période ascensionnelle de la fin, quand elle existe.

S" Si le cas est mortel, on voit survenir une troisième période, dite ascensionnelle, ordinairement courte, dépassant rarement un jour, et pendant laquelle on voit la température axillaire arriver rapidement à des chiffres souvent très élevés.

Cette période ascensionnelle s'observe aussi aux membres, où elle paraît débuter plus tard qu'à l'aisselle.

Les membres peuvent alors acquérir une température très élevée, qui peut même devenir égale à celle de Faisselle.

4" Si une nouvelle hémorrhagie se produit, on observe alors, à quelque période que soit la température, un abaissement immédiat plus ou moins marqué, les courbes périphériques pouvant subir d'ailleurs ultérieurement une marche peu différente.

Le même effet s'observe si le foyer gagne les méninges ou les ventricules, malgré les convulsions qui peuvent se produire.

5° Quand l'hémorrhagie se fait en plusieurs fois, par poussées successives, le tableau change : on n'observe plus la succession des trois périodes que nous venons de décrire, mais on constate une série de chutes et d'élévations successives de la température correspondant à une série d'hémorrhagies successives.

Après chaque chute thermique, on peut constater une élévation brusque de la température, qui peut atteindre un chiffre très élevé, mais dont la signification pronostique ne présente pas une gravité très immédiate, puisque la mort peut n'arriver que plusieurs jours après, à la suite d'une série d'abaissements ©t d'élévations alternatifs.

Dans ce cas, la courbe des membres paraît ne plus présenter de parallélisme continu avec la courbe axillaire. On peut même observer, à un moment donné, de grandes et très rapides oscillations, qui semblent moins accentuées pour les membres paralysés que pour les membres sains.

6° Que l'hémorrhagie cérébrale se fasse en une ou plusieurs fois, les membres paralysés paraissent plus froids que les sains pendant la première période. Mais à mesure que l'on se

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rappro(?he delà période stationnairo, la différence diminue, au point que les membres paralysés deviennent aussi chauds et même plus chauds que les membres sains. Pendant la période ascensionnelle, on constate une tendance manifeste à l'égalisation.

La différence entre les membres paralysés et les membres sains est d'autant moindre que l'on se rapproche davantage de la racine du membre.

7° On observe également, dans tous les cas, immédiatement après l'abaissement initial, une tendance à l'égalisation qui peut arriver jusqu'à Tégalisation elle-même des températures axillaires avec les autres températures périphériques.

Et plus loin :

1° Dans le ramollissement, l'abaissement initial paraît manquer. Au début, la température peut être normale. Souvent même elle reste normale pendant un temps assez considérable après le début.

2° La marche de la température est variable.

3° Tantôt la température s'accroît lentement, mais d'une façon continue, à peine arrêtée dans sa marche par quelques rémissions peu notables ; puis la mort survient au bout d'une longue période ascensionnelle qui n'atteint d'ailleurs qu'un chiffre peu élevé.

4" Tantôt la température monte en quelques heures à un chiffre peu élevé pour redescendre, au bout d'un temps presque aussi court, à la normale. Le malade guérit de son apoplexie.

5o Dans d'autres cas, on peut distinguer nettement dans la courbe axillaire trois périodes : une période d'ascension, une période stationnaire et une période de descente,

La température atteint rapidement son fastigium, qui peut être un chiffre élevé, même lorsque l'état apoplectique a déjà disparu. La période stationnaire dure un temps peu considérable; puis survientle troisième stade, quiramène rapidement la température à la normale.

Ce type paraît comporter un pronostic favorable.

6o Dans les cas où l'apoplexie est grave, on peut n'observer qu'une ascension continue de la température, qui se termine par la mort.

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