‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 189 sur 312 · DANS L'HÉMIPLÉGIE · texte numérisé non relu

DANS L'HÉMIPLÉGIE

7o A part quelques cas graves où la température peut donner, comme Ta établi Charcot, une courbe parallèle à celle de riiémorrhagie,on voit donc qu'il existe entre les types que nous venons d'exposer et ceux que nous avons établis pour l'hémorrhagie, des différences très marquées qui peuvent être d'un très grand secours pour le diagnostic différentiel. ' 80 Notons aussi l'action remarquable que nous avons obtenue sur la température en plaçant des sangsues aux malléoles, Sous leur influence, la courbe axillaire s'est abaissée de 2o en huit heures, pour se maintenir ultérieurement à un chiffre bien inférieur au chiffre primitif.

90 La différence entre les deux aisselles a été en général peu ' marquée (ool à 0o4) ou nulle. L'avantage a été tantôt en faveur du côté lésé, tantôt en faveur du côté sain.

lOû La courbe des avant-bras ne s'est pas montrée parallèle à celle des aisselles. Quand cette dernière s'élevait, on pouvait bien observer du côté de l'avant-bras une élévation ; mais la tendance à l'égalisation de la température des différentes parties périphériques avec les parties centrales a paru moins marquée que dans l'hémorrhagie.

Nous devons encore citer les conclusions suivantes, du même auteur :

1° Lorsqu'une paralysie d'origine cérébrale débute sans apoplexie, la température périphérique, notamment celle de l'aisselle, s'élève ordinairement peu ou même pas du tout au-dessus de la normale. Dans ces conditions, on observe rarement plus de 39o à l'aisselle.

2" Dans l'hémiplégie, nous avons le plus souvent observé une diminution de la température du côté paralysé par rap- : port au côté sain. En général, plus la paralysie était com- ;plète, plus l'écart paraissait considérable.

Quelquefois cependant, nous avons constaté d'une façon 1 permanente une augmentation en faveur du côté paralysé. A cet égard, nos observations ne nous permettent pas d'établir de distinction absolue entre les paralysies récentes et les paralysies anciennes.

3° Dans certains cas, la différence entre les deux côtés a ' diminuée à mesure que la lésion devenait plus ancienne ; dans d'autres cas, au contraire, elle s'est accentuée. Enfin 1 nous avons pu voir le côté paralysé présenter successivement

une température moins élevée, sensiblement égale, puis supérieure à celle du côté sain, sans modification appréciable des parties paralysées ou des parties saines.

Il y a plus, le côté paralysé, qui d'habitude présentait une température moins élevée que le côté sain, a montré subitement, à plusieurs reprises et chez plusieurs malades, une température plus élevée, sans que l'on pût apprécier la cause de ce changement.

4° La différence était le plus souvent très peu considérable, quelquefois même nulle aux aisselles, où elle variait habituellement entre 0°1 et OM; ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle a pu atteindre 1°.

Aux membres, quand il y avait différence, elle était toujours plus marquée qu'aux aisselles. L'écart, qui le plus souvent n'a pas dépassé 1°, s'est élevé dans quelques cas à 2''3 et même 4''8.

Cette manière difi'érente, dont se comportent les aisselles et les avant-bras, donne lieu à penser que si les membres paralysés présentent une température plus basse que les membres sains, cela tient beaucoup à ce que les premiers se trouvent dans une situation telle qu'ils maintiennent leur température plus difl^cilement que les seconds.

La différence entre les aisselles a été de même sens que la différence entre les membres.

Le contraire n'a été observé que d'une façon tout à fait exceptionnelle et sans que nous puissions en expliquer la raison.

5° Le mauvais état de la circulation en retour, qui s'accompagne souvent de coloration plus ou moins violacée des extrémités paralysées et de tendance à l'œdème, nous a paru une condition favorable à l'abaissement de la température.

6° La présence ou l'absence de contractures ne nous a pas pas paru exercer une influence appréciable sur les résultats thermo métri ques .

7o Dans l'hémianesthésie, nous avons constamment trouvé , une diminution de la température du côté anesthôsié, cette i diminution ne se traduisait le plus souvent que par un écart de OM à 0o7, quelquefois cependant ce dernier s'est même montré plus faible, ou même plus fort sans dépasser 1°.

DANS l'hÉMIPLÉGIK ^"^^

8" Cette diminution de température s'est accompagnée, chLn:!i:élnesthési,ues,d'unediminutionc^^^^^^^^^^^^^^^^ sudorale et de la vascularisation des parties paialysôes (les piqûres restaient, pour ainsi dire, exsangues).

9» La température générale des malades atteints de paralysies sensitives ou motrices paraît rester normale. Cependant les parties paralysées se refroidissent plus facilement que les parties saines et peuvent présenter une température inférieure à la normale ; lorsqu'elles ont ete placées pendant un certain temps dans un milieu chaud, elles peuvent mettre en outre un temps plus considérable que les parties saines pour se réchauffer. ^

10» Dans certaines conditions mal déterminées, on peut observer chez les hémiplégiques, d'un jour à l'autre ou dans la Journée, de grandes oscillations thermiques des membres, contrairement à ce qui se passe dans l'apoplexie, ces oscillations paraissent plus marquées sur les parties paralysées que sur les parties saines.

" 11" La nature de la lésion (ramollissement, hémorrhagie, sclérose, etc.) n'a pas paru exercer une influence spéciale sur le quantum des différences observées. Cette réflexion s'applique aussi tout particulièrement au siège de la lésion, et nous serions porté à penser, d'après nos observations, que les éléments vaso-moteurs du cerveau sont disséminés dans toute sa masse.

I. Tempéralure locale dans les anesthèsies. — Hémianesthésie. IL — Influence des agenls dits esthésiogènes sur la température locale des membres anesthésiés.

Influence de V électricité, des courants, des aimants, des métaux.

Il n'existe dans la science qu'un très petit nombre d'observations de thermométrie locale dans les anesthèsies et les hémianesthésies.

Il est à remarquer que les conclusions des auteurs que nous allons citerne concordent pas entre elles. Ces conclusions ne s'appuient que sur un trop petit nombre de faits.

Michel Peter * a soutenu en 1865, devant la Société de mé-

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