‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 194 sur 312 · LÉSIONS DU CERVEAU · texte numérisé non relu

LÉSIONS DU CERVEAU

Dans une expérience sur le chien, M. Vulpian \ après avoii détruit la substance grise du gyrus sigmoide du cote droit a étudié la température locale des membres.

La température des membres du côté opposé au côté de la lésion était I pe'u d chose près la môme immédiatement après cette opération qu'avant l'ouverture delà dure-mère. La temperat.xre des orteils du membre antérieur gauche (opération faite a droite) avait baissé, il est vrai, d'un degré centigrade; mais la temperature des orteils du membre postérieur gauche avait monte d un

Vino't minutes après l'ablation de la substance corticale du oTrus sigmoïde droit, la température du meiubre antérieur gauche avait baissé de plus de 4 degrés centigrades, tandis que celle du membre postérieur gauche avait monté de près de 3 degrés.

« Si l'on ne considère que la température du membre antérieur gauche, dit M. Vu) pian, on trouve là un résultat qui semble confirmer coiTiplètement l'assertion de MM. Eulenburg et Landois. Mais pourquoi la température du membre postérieur gauche s'est-elle élevée? Ces auteurs disent bien que la température peut s'élever surtout dans le membre antérieur ou dans le membre postérieur du côté opposé; mais ils attribuent ces variations à ce que la lésion porte tantôt sur tel point, tantôt sur tel autre du gyrus sigmoïde. Cette explication perd toute valeur, lorsque l'expérience est faite comme chez le chien dont il s'agit, c'est-à-dire quand elle consiste en une destruction de tout le gyrus sigmoïde. Dans un cas de ce genre, s'il y avait dans l'écorce grise deux centres vaso-moteurs de siège fixe, influençant, par la médiation d'actions vaso-motrices croisées, la température des membres du côté opposé, une destruction de ces centres devrait avoir pour conséquence un abaissement de la température de ces deux membres, abaissement pouvant d'ailleurs être inégal dans l'un et l'autre de ces membres, suivant que l'un des centres vasomoteurs supposés serait plus puiss^ant que l'autre. Ce n'est pas d'ailleurs la seule objection soulevée par l'inspection des

•1. VuLi'iAN. DestmcUan de la substance grisa du gyrus sigmoïde chez le chien. Archives de Physiologie normale et pathologique, 2" série, t. III, 1876, p. 814.

RECHERCHES EXPERIMENTALES

chiffres indiquant la tompératuro des membres vingt minutes après l'opération.

Il faut remarquer que si la température du membre antérieur gauche a baissé de plus de 4°, celle du membre antérieur droit (côté de l'opération) a baissé de plus de 8 degrés. N'est-il pas visible qu'il y a une influence exercée sur la température des deux membres antérieurs, en même temps et dans le même sens, quel qu'en soit le mécanisme? En tous cas, il est permis d'attribuer un certain rôle dans ce refroidissement à la chloralisation.

Quarante minutes après l'opération, la température avait baissé encore notablement dans tous les membres et le refroidissement continuait à s'y produire avec grande rapidité, puisque cinq minutes plus tard, on ne trouvait plus que 12''9 c. dans le membre antérieur droit qui, avant l'ouverture de la dure- mère, offrait une température de 33° c. Le membre postérieur gauche seul semblait résister plus que les autres au refroidissement.

En somme, cette expérience ne me paraît pas pouvoir être citée comme confirmant les idées d'Eulenburg et Landois. Il est clair d'ailleurs qu'elle n'a qu'une valeur relative et je suis loin de croire qu'elle autorise à nier la réalité du fait publié par ces auteurs. Cependant, j'ajouterai que j'ai fait pendant mon cours un certain nombre d'autres expériences du genre de celles-ci et que, le plus souvent, les résultats ont été dans le sens de ceux dont je viens de parler. »

H. Rosenthal ' n'a jamais constaté, dans ses expériences, l'élévation de la température après la destruction de la substance corticale, il notait fréquemment un léger abaissement du côté opposé après l'excitation de l'écorce.

Kuessner 2, injectant une solution concentrée d'acide chromique au niveau de l'écorce cérébrale n'observe pas de variations constantes de la température et n'admet pas l'existence de centres vaso-moteurs sur la convexité des hémisphères,

1 . H. Rosenthal. Experimentelk Vnlcniichungcn ùbcr den Ein/luss des Grossilims auf die Kôrperwdrme. Diss. inaug. nerlin, 1877.

2. KuEssNER. Ueber vasomolorischc Ccntren in der Gvosshirnrinde des Kaninchms. Arcli. f. Psych. n. Ncrvenhrank. T. Vlll, Heft. 2, p. 432, 1878.

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