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SECTION INCOMPLÈTE DES NERFS MIXTES

L'aiguillo mobile placée sous la peau de la

cuisse droite 3^°^

Le sciatique gaucUe est découvert à la partie supérieure de la cuisse et incomplètement divisé, dans sa partie externe. L'exploration thermo-électrique donne :

Cuisse gauche au hout de 2 minutes SloS

Cuisse droite au bout de 5 — 33° Elle se refroidit .

Au bout de 10 minutes 33°

Cuisse gauche, du côté de la section incomplète

du nerf sciatique :

En dedans de la cuisse, au bout d'une 1/2 heure. 29°

Au bout d'une heure 29°

En dehors 29°

Au niveau de la jambe :

En dedans 30°

En dehors 30"

Il n'existe donc pas de différence do température, suivant que l'on examine le membre opéré en dedans ou en dehors. Ce résultat indique que la section des nerfs vaso-moteurs qui accompagnent le nerf sciatique à la partie externe retentissent sur la température du membre aussi bien à la partie externe qu'interne. En sectionnant le nerf à sa partie interne on obtient des résultats thermiques analogues dans toute rétendue du membre. Les nerfs vaso-moteurs entourent donc très probablement le sciatique en nombre à peu près égal à la partie externe qu'interne, ils ne sont pas groupés en plus grand nombre d'un côté que de l'autre.

Au bout d'une heure, du côté droit:

Au niveau de la cuisse droite saine, on obtient . . . 33°

Au bout de deux heures du côté gauche opéré. ... 29°

Du côté droit 330

Si on considère que Taiguille thermo-électrique mobile étant échauffée, l'aiguille du galvanomètre marche vers 26%

que refroidie elle marche vers 32°, 33", 33", on doit conclure que la section incomplète du nerf sciatique s'accompagne, clans les premières heures qui suivent ropération, dhme clévaLion de la température du membre correspondant (de quatre à cinq dixièmes de degré en moyenne).

Le membre sain opposé se refroidit au contraire de deux à trois dixièmes de degré.

Cet abaissement de température du côté du membre sain opposé a été signalé à la suite de la section complète du sciatique par M. le professeur Rouget, et doit s'expliquer de la même façon dans les deux cas.

L'exploration thermo-électrique pratiquée les jours suivants indique que l'élévation de température du côté du membre opéré persiste (cinq à sept dixièmes), de même que le refroidissement du côte sain.

Au quinzième jour après l'opération, le membre opéré est plus chaud que le membre sain de six à huit dixièmes de degré.

Nota. — Dans nos premières expériences sur la température des membres après les lésions du sciatique chez nos animaux (section, élongation, etc.), nous injections de la morphine, afin de les immobiliser et de les anestbésier. Nous nous sommes vite aperçus des erreurs auxquelles nous exposaient cette méthode.

La morphine, le chloroforme, l'éther, le cliloral produisent en effet au début une élévation de la température des membres suivi généralement d'un abaissement assez notable.

D'après Stricker, la curarisation produit immédiatement après l'injection du poison, une élévation de température, puis quinze ou vingt minutes après survient du refroidissement. Stricker dit avoir observé un refroidissement généralisé tel que les sections du sciatique elles-mêmes ne produisaient qu'une élévation de température de la patte tout à fait insignifiante.^

Les résultats contradictoh^cs observés par les expérimentateurs à la suite de l'électrisation du nerf sciatique nous paraissent dues aux conditions anormales dans lesquelles ils plaçaient leur, animaux, en les soumettant au curare ou au cbloraL^

Lorsque les animaux ne sont pas anesthesies, les contiactions musculaires modilient la température, mais y^^^^^^^.J^^'^l de ce côté nous paraît moins importante et plus facile a e^^to que celle tenant à nnjection sous-cutanée du curare ou do lamorplunc.

CONTUSION DES NERFS MIXTES 501 Il faut aussi noter que chez l'animal à l'état physiologique et en dehors de tout médicament (curare, morphine, etc.), la température des membres est soumise à des oscillations souvent assez notables. Afin de se mettre à l'abri de cette cause d'erreur, les expérienees doivent être rapides, en évitant de laisser 1 ammal immobile pendant un certain temps.

II. Section incomplète des nerfs mixlcs chez l'homme. — Dans les cas de section incomplète et ancienne des nerfs mixtes chez l'homme, Weir Mitchell a noté un abaissement de température variant entre 3 dixièmes de degré centigrade et 1°5.

Weir Mitchell explique l'abaissement de la température des parties paralysées par l'absence des mouvements, l'atrophie des muscles, la paralysie des vaso-moteurs et la contraction permanente qui lui succède, « les vaisseaux diminuent de calibre et la circulation privée du secours que lui apportent ordinairement les contractions musculaires, subit une déchéance et bientôt la température s'abaisse. »

Dans la contusion des nerfs, à la première période, on observe un abaissement de température et se montrant généralement ensuite pendant toute la durée de l'affection. Les observations de nombreux auteurs démontrent ce fait.

Henri Garl ' a signalé, au commencement de ce siècle, l'abaissement de la température du membre supérieur paralysé, persistant longtemps après la contusion du nerf radial.

Il s'agissait, dans ce cas, d'un marinierqui eut une paralysie du nerf radial, api^ès avoir ramé pendant longtemps, le bras appuyé contre le rebord de sa barque. Au bout de six mois, le côté paralysé présentait 70" (F) à la main, 85° (F) au coude, alors que le côté sain présentait 92" (F).

Caussard - établit, dans sa thèse, que dans les paralysies résultant d'une contusion des troncs nerveux, il y a généralement abaissement assez considérable de la température dans les parties lésées.

1. II. Garl. Medico. Chirurg. Transactions, d8l9, l. Vl[, p. 173.

2. Caussard. Essai sur la paralysie, suite de Contusions des nerfs. Thèse de Paris. 1861, p. 46.

« On a vu, dit cet auteur, jusqu'à 5" de différence entre le membre affecté et le membre sain.

Le malade accuse une sensation de froid. Les veines cutanées sont peu développées, la peau est violacée et œdémateuse quand le membre est exposé au froid. La transpiration est nulle ou très diminuée. »

Duchenne ' (de Boulogne) a observé l'abaissement de température à la suite de la contusion des nerfs.

D'après cet auteur, l'abaissement de température persiste autant de temps que la paralysie musculaire et disparaît progressivement avec elle.

Ducbenne insiste sur les effets utiles de la faradisation, qui modifie la température et la paralysie.

Il cite le cas d'un malade atteint de paralysie atropbique du membre supérieur, consécutive à une luxation scapulohumérale et qui éprouvait, au bout d'un mois, les phénomènes suivants: sentiment de froid, impressionnabilitô à l'air, différence de température entre les deux membres supérieurs au toucher. Le traitement fit disparaître tous les phénomènes en dix-huit jours.

Dans les observations suivantes, on note des abaissements de température dans les membres paralysés quelques heures après la contusion.

Observation. — Contusion du plexus brachial, paralysie complète du membre supérieur droit — (Lannelongue 2.)

Côté droit Côté gauche

Le lendemain de l'accident. Aisselle. 37° 37°

Main. 36° 37°

Le 8 juin Aisselle. 36°7 37°5

Main. 35° 37°7

Le 15 juin Aisselle. 37° 37°

Pli du coude. 35° 36°7

Main. 33° 36°

Le 18 juin Aisselle. 36°5 37°

Pli du coude. 36° 36°7

Main. 34°2 36°5

1. DucHENNiî (de Boulogne). Electrisalion localisée, 3° cdilion,

^'2 Cilé par Folet. Étude sur la température des 2yarties paralysées. Gaaette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 1867, p. 180.

Aisselle.

Main.

Aisselle.

Main.

Le 24 juin

Le 25 juin • ■

Weir Mitchell, dans deux cas de contusion du radial, a noté un abaissement de température du côté atteint de 5 dixièmes dans un cas, de 1° dans l'autre,

Observation. — Contusion des nerfs du bras.— Paralysie immédiate des muscles de tavant-hras et de la main. - Abaissement notable de la température dans toute la partie paralysée. - Symptômes de névnts sur le trajet du médian, du cubital et du radial. — Diminution progressive de tous les symptômes. - Guérison. - TerriUon '.-Résumé.

T..., âgé de 24 ans, reçoit un traumatisme du bras gauche au

tiers inférieur .

Paralysie des mouvements de la main et des doigts.

Température de la Température de la main droite main gauche paralysée

Le 17 décembre.

Le 18 décembre .

Le 20 décembre.

Le 21 décembi-e.

Le 23 décembre .

Le 25 décembre.

Le 26 décembre.

SOoô 23°9

Les deux observations suivantes démontrent que, dans les contusions anciennes des nerfs mixtes, s'accompagnant de névrite, au lieu de Vabaissement de température observé à la première période de la contusion, on observe une élévation de la température.

Nous avons recueilli, dans le service de M. Bouilly, les températures locales suivantes au moyen de notre appareil thermo-électrique :

Observation. — Contusion de la fesse gauche. — Paralysie de las

i. TEnniLLON. De l'influence des lésions traimatiques des troncs de nerfs mixtes sur la calorification. Bulletin de la Société de Biologie,l811 , t. IV, p. 8o, et Arc/iiucs de Physiologie normale et pathologique, 1877, t. IV.

Voyez Bouilly. De la contusion du nerf scialique et de ses conséquences. [Archives générales de médecine, 1880, p. 855.)

motilitèdu membre inférieur. — ALrophic ponsidérahle des muscles de la fesse, de la cuisse et de la jambe. — Contusion du nerf sciàliquc. — Signes de névrite. — Troubles vaso-moteurs. — Jilévation dç température du membre paralysé— Service do M. le docteur Bouilly. — Résumé.

Le 26 août, choc violent sur la fesse.

Le 26 septembre, le membre abdominal gauche est dans l'extension, sans raccourcissement apparent, sans rotation ni déviation. Atrophie des masses musculaires dans le domaine du sciatique, du crural et des nerfs fessiers.

Mouvements très limités.

La contractilité électrique est conservée ; la contractilité réflexe est exaltée.

La percussion du tendon rotulien est suivie, du côté malade, d'oscillations rapides, courtes et saccadées ; du côté sain, les oscillations de la jambe sont plus lentes et plus amples.

Pas d'anesthésie ni dliyperesthésie. — Douleurs très vives; lancinantes, fulgurantes sur le trajet du sciatique.

Pas de troubles vaso-moteurs appréciables.

Séance d'électrisation faradique.

Le 25, épanchement dans le genou gauche.

Le novembre, persistance des troubles moteurs du côté gauche. Contractions lîbrillaires, principalement du triceps du membre droit.

La mensuration des deux membres indique une ati'ophie considérable du côté paralysé.

Quand le malade quitte le lit pendant quelque temps pour se tenir debout avec des béquilles, il se produit un ojdème exclusivement borné au pied gauche, et une coloration plus foncée du membre gauche dans toute son étendue, mais intense surtout au pied, qui devient rouge violacé ; enfin il se fait un refroidissement du membre peu sensible au niveau de la fesse et de la ciiisse, appréciable au niveau du genou, très prononcé au niveau du pied.

Nous prenons à ce moment la température des deux membres inférieurs avec notre appareil thermo-électrique, et voici les résultats que nous obtenons :

La moyenne des chifi'res obtenus dans nos nombreuses explorations est :

Températures

Coté gauche paralysé Coté siiia

Au niveau du pied ....

Au niveau du cou-de-pied .

Pai'tie inférieure de la cuisse

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