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ACTION DU FROID EXTERIEUR

température du milieu où l'on place l'animal refroidi, à 20° par exemple, la mort n'en survient pas moins.

Walther réchaulïa ses animaux jusqu'à 28°, après les avoir refroidis jusqu'à 18° ; ils périrent néanmoins.

Après leur mort, cet observateur a remarqué que les mus • des restent longtemps excitables et que par conséquent cet état est très favorable aux expériences physiologiques.

Les mouvements musculaires de ces animaux n'élèvent pas sensiblement la température. Elle s'élève cependant de 2° à 4° à la suite de contractions musculaires, mais lorsque le refroidissement a été très marqué, cette influence est presque insignifiante.

A l'autopsie de ces animaux, l'on retrouve ce que l'on a du reste observé chez l'homme qui est mort à la suite d'une exposition au froid prolongée ; il existe une suffusion sanguine quelquefois très considérable, des exsudats rapidement formés dans le parenchyme pulmonaire et les conduits aériens, du liquide épanché dans la plèvre, avec un engouement considérable.

Nous ferons remarquer que cette congestion interne seretrouve dans tous les cas d'algidité et, pour notre part, nous l'avons observée dans l'algidité traumatique.

Les expériences que l'on a entreprises pour réchauffer ces animaux sont variées et pourraient donner lieu à des applications utiles.

Claude Bernard a remarqué que dans quelques cas, si l'on réchauffe les animaux, ils peuvent revenir à la vie.

Walther, dans ses nouvelles expériences, n'a pu observer que quelques cas où le réchauffement artificiel ait réussi.

Cependant il a noté que par un réchauffement artificiel au moyen d'une température allant jusqu'à 39°, l'on pouvait élever la température d'un animal refroidi jusqu'à 18° ou ; mais dans ces cas, il faut un temps qui varie entre une et irois heures.

de?8°Vqo"''''r ^ ^^^Pérature de l'animal monte

tie J8 à 39° en deux ou trois heures.

estTumsa^t'nor^' réchauffement artificiel

est suffisant pour ranimer les animaux refroidis il a nronosé la respiration artificielle. ^ ^

TEMPÉRATDRB DES ANIMAUX

Dans ses expériences, il a porté ses animaux refroidis jusqu'à IS" c. dans un milieu dont la température était de 12° à 13° centigrades et il a pratiqué la respiration artificielle.

En introduisant alors un air qui se trouvait à une température inférieure à celle de l'animal, il a yu la chaleur revenir, et il attribue ce bénéfice aux combustions chimiques qui, sous l'influence d'une respiration plus active doivent se faire avec une grande intensité.

Il termine son intéressant travail en disant : « Je ne crois pas qu'un animal congelé puisse être rappelé à la vie par le réchauffement, en exceptant toutefois les amphibies.

>/ La première indication à remplir, lorsqu'il s'agit de rappeler à la vie les individus morts en apparence, par suite du refroidissement, c^est de les réchauffer, non pas peit à peic, comme cela se pratique ordinairement, mais rapidement et promptement.

» La respiration artificielle semble empêcher l'engouement pulmonaire, c'est pourquoi elle peut être d'une grande utilité chez les individus gelés. »

Walther pense que le réchauffement n'est pas un moyen très efficace. MM. Chossat, Cl. Bernard, Brown-Séquard en ont retiré cependant de très grands avantages.

En somme, nous pouvons affirmer que des animaux qui ont supporté des abaissements de température considérables, ont pu être rappelés à la vie par le réchauffement.

Dans ces cas, la température de l'animal se maintient à un niveau assez élevé pendant quelques jours, elle peut même atteindre 42° c. chez les lapins.

Cette réaction, quel'on signale dans toutes les expériences sur ce sujet, se rencontre dans un assez grand nombre de cas d'algidité, chez les blessés notamment que nous avons pu observer et qui présentaient des abaissements de température.

Ce qui nous a souvent frappé, et nous insisterons plus lom sur cepoint, c'est cette réaction qui se produisait comme chez nos animaux refroidis et nous annonçait que tout espoir n'était pas perdu.

RÉSISTANCE AU FROID CHEZ l'HOMME

Résistance au froid chez Vliomme. — L'homme exposé au froid présente les mêmes symptômes que les mammifères.

Il peut cependant résister à un abaissement de température considérable de — 39" Réaumur (Ross et Parry), de — 70° c. (Delisle, 1738).

Si le froid est excessif, s'il est soumis à des fatigues, des privations, à l'alcoolisme, la production de chaleur de l'homme devient insuffisante et il se met en équilibre avec la température du milieu ambiant.

Nous devons remarquer ici que, de même que chez les animaux, l'on peut fixer à 20" le chiffre auquel ils succombent, un certain nombre d'auteurs ont trouvé que chez l'homme, la mort arrive lorsque la température s'est abaissée jusqu'à 22".

Les effets généraux sont d'abord une faiblesse générale que nous avons retrouvée chez nos animaux ; l'homme exposé au froid a de la tendance à s'assoupir.

Les battements du cœur, les mouvements respiratoires sont souvent très ralentis, d'autres fois, au contraire, accélérés. Les battements du cœur, dans quelques cas, sont à peine perceptibles (Gerdy \ Cersoy 2, Ponte 3).

D'après les expériences de Mathieu et Urbain \ on sait aujourd'hui que, sous l'influence d'un refroidissement considérable, l'acide carbonique s'accumule dans le sang artériel et le transforme en sang veineux. Cet acide carbonique agit sur les parois du cœur et produit l'arrêt des battements de cet organe, en le paralysant.

On rencontre rarement les attaques de catalepsie et d'épilepsie signalées par Desgenettes ^ ; ce qui domine surtout, c est la stupeur. Le malade n'est pas préoccupé de ce qui se passe autour de lui ; la sensibilité est en partie anéantie et

\ . (^mm. Mémoire sur l'influence du froid sur l'économie animale (Journal hcbd. de médecine, t. VIll, 1830). «'«'««a

2. CionsoY. Considrralions sur les effets du froid dans leurs rannorh avec l.oonomie animale (Thèse de Paris, 1 866).

de Paris^ISfist P'''^'''^''^Smes et palhologiqucs du froid (Thèse t' DFS TNPTlf/^r ^"'"'"f Vhysioloçiie, \ 8G8.

S/Ss;«^ïs ; de pt?rï8?;r ^'''^ ''''''

lorsque le refroidissement est arrivé à un degré extrême, les mouvements réflexes ne s'exécutent plus.

C'est à ce moment que la mort arrive.

Du côté des organes, on retrouve à l'autopsie une suffusion sanguine considérable, et c'est ce qui a fait dire que les cadavres des individus qui ont succombé de la sorte offraient des lésions semblables à celles de Pasphyxie.

Comme chez les animaux, on retrouve des épancbements du côté de la plèvre, dans le péricarde, une congestion pulmonaire intense ; le tissu pulmonaire ressemble au tissu de la période d'hépatisation de la pneumonie. Il y a des coagulations sanguines dans les cavités du cœur.

Les centres nerveux sont congestionnés (.Jauflfret, de Crecchio, Peter, Bourneville). — Ils présentent fréquemment des embolies.

Schrimpton a vu des inflammations gastro -intestinales, et mêmes des ulcérations occupant la fln de l'intestin grêle et le commencement du colon, ces lésions sont absolument semblables à celles décrites chez les briilés.

Quant ou traitement, les moyens employés chez les animaux pour élever leur température peuvent rendre de grands services.

En résumé, les lésions expérimentales, les symptômes observés chez les animaux et l'homme exposé au froid, difl"èrent peu.

Certaines maladies algides présentent les mêmes symptômes, les mêmes lésions anatomiques et nous pouvons dire que nous avons affaire à une mort par le froid.

Le refroidissement, surtout chez l'enfant et le vieillard, est, dans un grand nombre de cas, une maladie principale et entraîne à sa suite un certain nombre de complications, que l'on a regardées bien à tort comme la cause de l'algidité.

Dans le sclérème des nouveau-nés, en eff"et, l'œdème et l'induration du tissu cellulaire nous semblent être une conséquence des modifications apportées dans la circulation par un refroidissement intense.

L'enfant, on le sait d'ailleurs, est dans des conditions défavorables pour résister au froid. Cependant, disons dès à présent que plus l'enfant grandit, plus il semble que le froid agit

RÉSISTANCE AU FROID CHEZ l'HOMME

sur lui d'une façon nuisible ; car, comme l'a dit Edwards : «C'est à mesure que la faculté de développer de la chaleur s'accroît, que la faculté de supporter rabaissement de température diminue. » On comprend dès lors que si le froid dans les premiers jours de la vie amène un abaissement peu considérable, le fœtus pourra peut-être résister plus facilement. Cependant, dans la plupart des cas, la gravité du refroidissement est extrême, et, si le froid a commencé à agir, il est rare que le jeune enfant qui a présenté des abaissements de température considérables revienne à la vie, en recouvrant sa chaleur perdue.

Il existe un certain nombre d'observations dans lesquelles on peut noter des températures très basses, chez des individus exposés au froid.

M. le professeur Petor < a vu chez une femme exposée à un' froids rigoureux, une température de 26". Sous l'influence du réchauffement lent, la température remonta à 36", 4 ; et la malade guérit,

MM. Magnan et Duguet ^ disent avoir vu chez une femme adonnée à l'ivrognerie, et qui avait couché en plein air pendant une nuit entière, exposée à une pluie glaciale, une température de 26» c. Cette température avait été prise dans le vagin.

Ce qui nous paraît extraordinaire en même temps qu'intéressant dans cette observation, c'est que malgré cette dépression de la température, cette femme n'éprouva pas de troubles sérieux, et deux jours après elle était complètement retabhe.

M. Bourneville ' est venu à son tour communiquer à la Société de biologie l'observation d'un homme de trente-cinq ans qui s était couché tout nu sur le parquet de sa chambre, dont a enetre était ouverte. C'était au mois de janvier, alors que la température était extraordinairement abaissée. La température rectale était de 270,4, le pouls imperceptible. Deux neures après la température rectale était 28»,4. Le malade

i' wfn?; des hôpitaux, 1877.

t Rnn "/î"'''^- '^'^ hôpitaux, no 82 1869

Société ^mol^^m^^^ /.d^^iiauo,, 1872 et Comptes rondus de la

TEMPÉRATURE DE l'iIOMME

mourut, et Ton observa une élévation de température post mortem.

La température rectale, cinq minutes après la mort était de 36", 2. A onze heures, elle était redescendue à 34°,5.

L'autopsie ne permit de constater la lésion- d'aucun organe important.

Cette observation est fort intéressante et mérite d'attirer notre attention. Elle se rapproche, sous beaucoup de rapports, de l'observation de M. Magnan ; mais nous devons faire remarquer que dans le dernier cas, bien que la température ne se soit pas abaissée autant que dans le premier, la mort n'a pas tardé à survenir.

Nicolaysen Reincke ^, Weilland ^, G-. Glaser ont vu des températures de 24'',7, 32°,7 (mort) ; 28°,4, 26°, 6 (guérison) et 30", 4, 24°, 26°,7 (guérison) chez des alcooliques, exposés au froid.

Dans presque toutes les observations que nous venons de citer, l'influence thermo-dépressive de l'ivresse est venu se joindre à celle du froid extérieur.

L'ingestion de liquides très froids peut amener chez l'homme et chez les animaux des abaissements de température souvent très considérables et la mort même quelquefois.

Claude Bernard a vu qu'en donnant à boire de l'eau froide à des chevaux à jeun, ceux-ci la prenaient en si grande quantité que la température générale du corps s'abaissait ; ils étaient pris de tremblement, et dans quelques cas l'animal succombait.

Lichtenfels et Frôhlich ^ ont répété des expériences semblables sur eux-mêmes et ils ont vu une diminution manifeste de la température de 1/10, se produire six minutes après avoir avalé la valeur d'une chopine de liquide à la température de 18°, et de 4/10 dans le même espace de temps si l'eau ingérée était à 16°, 3.

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