‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 241 sur 312 · DE LA TEMPERATURE LOCALE DES FOYERS INFLAMMATOIRES · texte numérisé non relu

DE LA TEMPERATURE LOCALE DES FOYERS INFLAMMATOIRES

J. Hunter^ démontra le premier d'une façon précise que la température s'élève dans les organes enflammés.

Inirorliiisant un thermomètre dans la tunique vaginale d'un malade atteint d"hydrocèle, Hunter constata après l'ouverture de la séreuse une température de Sà^S. Le jour suivant, l'inflammation étant bien développée, Hunter fit une nouvelle introduction de thermomètre qui marqua alors 37°08. La température s'était élevée de S^TS.

J. Hanter note avec soin que l'élévation de la température locale de l'organe enflammé ne dépasse pas celle des organes profonds et du sang.

Plus tard, ce célèbre expérimentateur voulant vérifier si la température locale s'élève dans les organes profonds enflammés, pratiqua une incision au côté droit du thorax d'un chien, et par cette incision, il introduisit un thermomètre jusqu'au diaphragme, il nota 38°33 ; le jour suivant il répéta l'introduction de l'instrument de la même manière, il n'y eut pas de changement dans le résultat, c'est-à-dire que la température fut toujours 38''33.

John Hunter concluait de ses expériences que la température s'élève en réalité dans un foyer inflan-matoire, en raison de l'afflux du sang intérieur qui apporte une plus grande quantité de chaleur. Un organe qui se trouve imprégné par une suffisante quantité de sang et qui est à l'abri des causes extérieures de refroidissement, n'accuse pas une élévation de température.

« Une inflammation locale, dit Hunter, ne peut ô ever la

t. J Hunter. Works, t. III, 1837, et J. Humm. Leçons mr les mint. 1, p. 457. — Traité du sang et de l'inflammation, t. IH, p. 376, 379.

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chaleur de la partie au-dessus de la température naturelle de l'animal, et lorsqu'elle a son siège dans les parties dont la température Il ituralle est inférieure à celle qui existe à la source de la circulation, elle nel'élèvejamaisjusqu'à cette dernière.»

Becquerel et Breschet ^ publièrent, en 1835, les observations thermométriques suivantes, prises avec un appareil thermo-électrique.

Chez une jeune fille scrofuleuse dans un état fébrile marqué :

Température de la bouche 3705

— du bicep s *. '.. '. *. '. '. '. '. '. 32»50

— d'une tumeur scrofuleuse enflammée, à ia

base du cou 4qo

— dans une tumeur fongueuse du tissu cellu-

laire 40o

Chez un autre sujet :

Température de la bouche 36°75

— du biceps 370

Tumeur fongueuse 37050

Membrane cellulaire voisine 35°

Ces observations en trop petit nombre ne permettent pas de conclusion, elles ne démontrent pas « que la température des foyers inflammatoires soit plus élevée que la température générale du sang et des centres. » On ne peut considérer en eiTet la température du biceps ou de la bouche comme indiquant la température centrale ou du sang.

Dans ses expériences, Demarquay^ étudie l'influence d'une inflammation locale sur la température générale.

Cet auteur pense « qu'une phlegmasie locale est susceptible de produire une élévation de la température générale du corps. Il est même possible, que la température d'une partie enflammée soit supérieure à celle durectum, prise dans le même moment. »

1. Becquerel et Breschet. Second mémoire sur la chaleur animale. Lu l'i l'Académie des sciences, tO fiofit "830. — Annales des sciences 7iaturelles, 1835, 2° série, t. IV, p. 243.

Voyez: Gierse. Quœnam sit ratio calorie organici partium inflammatione labonmtium, elc. Diss. inaug. Huile, t842.

Voyez aussi : HiîLMHOLTZ. MifZ/er's archic, 1848, p. 145 ; et I.udwig. Physi"lo()ie, édil 1858.

t. Demvrqdw. Recherches expérimentale!^ aur la température animale. Tiièse de Paris, d8i7. Mémoire sur Z'-s modifications de la température animale dans quelques maladies chinu gv-ales . Munileur des hôpitaux, i8o6, et article Chaleur du IHclionnaire de médecine et de chirurgie de Jaccoud.

DES FOYERS INFLAMMATOIRES

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