DE I/INANITION
suite de plus en plus, et Chossat fut amené à conclure : « Que lorsque l'on soumet des animaux à Tabstinence, le refroichssemenl diurne tend progressivement à augmenter. » Quant à la température observée à minuit, elle fut de 30,06 plus basse dans l'inanition que lorsque l'alimentation était normale. La réascension diurne se faisait plus rapidement et dès sept heures du matin, la chaleur était à peu près lamême qu'à midi.
L'abaissement de la température sous l'influence de Tinanition est une chose maintenant indiscutable et l'on peut établir que ;
1" L'oscillation diurne et moyenne de la chaleur animale qui dans l'état normal est 0",74 devient 3", 38;
2° L'oscillation diurne initiale est d'autant plus étendue que l'inanition a fait plus de progrès, de telle sorte que l'os- ^cillation de la fin de l'expérience est à peu près double de celle du début ;
3° Les heures de midi et minuit sont bien sans doute les époques du maximum et du minimum de la chaleur animale, mais l'oscillation diurne n'attend pas ces heures-là pour se développer.
C'est ainsi que, pendant les différentes parties du jour proprement dit, la chaleur se rapproche plus ou moins de celle de midi, tandis que pendant la nuit, elle se rapproche de celle de minuit ;
4° L'abaissement nocturne se prolonge d'autant plus avant dans la matinée et commence d'autant plus tôt dans l'aprèsmidi que l'animal se trouve déjà plus affaibli par la durée préalable de l'inanition.
Dans l'alimentation insuflîsante, des abaissements de température existent, abaissements presque aussi marqués que dans l'abstinence complète.
La chaleur prise à raidi diffère quelque peu, il est vrai, de la température prise à midi ; mais la descente se fait d'une façon irrégulière et elle est souvent interrompue par des réactions.
C'est un fait auquel on ne se serait certainement pas attendu que celui de voir les abaissements de température aussi considérables dans l'abstinence complète que dans l'abstinence
])E l'inanition
incomplète. Les abaissements de température sont surtout considérables le dernier jour de la vie.
Chossat, en effet, a obtenu, dans un grand nombre de cas, comme difi"érence moyenne entre le pénultième et le dernier jour, les résultats suivants :
Refroidissement total et collectif le dernier jour :
12 pigeons ont perdu n°8l
12 tourterelles 18°99
2 poules 22°1
1 corneille T^l
3 lapins 37"1
Refroidissement moyen . . li°0 Ainsi donc le refroidissement du dernier jour, comparé à
celui des autres jours, a été de ^ c'est-à-dire que le dernier jour de la vie la chaleur animale a en moyenne baissé 47 fois plus rapidement que dans chacun des jours précédents.
Ce qui étonne c'est la rapidité avec laquelle on voit un animal, qui ne baissait en moyenne que de 0'',B par jour, se refroidir dans une proportion 47 fois plus forte et perdre 14" de chaleur.
Aussi, Chossat a-t-il insisté sur ce refroidissement comme cause de mort et sa pensée à ce sujet peut se résumer ainsi :
Les animaux ne mouraient pas de leur inanition, ils mouraient du froid.
Nous trouvons encore ici le danger que présente le symptôme refroidissement.
Dans les maladies chroniques (voir pages 56, 57, 58), l'inanition est probablement une des principales causes de l'abaissement de température. Dans les cas de manie, de folie, de mélancolie, les températures si basses qu'a observées Lowennhardt tiennent probablement en grande partie à l'inanition.
Dans la période cachectiqu(3 de la syphilis, surtout chez les enfants, l'inanition doit aussi prendre part aux modifications imprimées à la température. Wunderlich a observé à sa clinique un cas où la température tomba au-dessous de l'état normal, six jours avant la mort et descendit successivement jusqu'à 25» c. (Mensuration rectale).