Trousseau. Clini'nte mihUeule de l'HMol Dieu
INFLUENCE DES hÉMORRHAGIES
une femme, par exemple, à la suite de couches, on a observé un fait curieux : c'est la fréquence du pouls.
Ce n'est pas tout. Suivant une observation du docteur Peter, la température s'élève alors et monte quelquefois de 39« à 40» au lieu de 37°, qui est le chifTre normal. Voici donc par le seul fait d'une grande émission sanguine une véritable fièvre, une fièvre véhémente qui s'allume.
Vous m'accorderez que la fièvre qui s'allume f-ous l'influence d'une grande hémorrhagie, ne devra pas céder à une nouvelle hémorrhagie provoquée par votre lancette. »
Examinons si l'hémorrhagie exerce une influence marquée sur la température à 1 état normal. — Des expériences ont été entreprises à ce sujet et Marshall-Hall ' a vu sur un chien terrier pesant 17 livres et à qui il avait enlevé 32 onces de sang, un abaissement de température de 37°5 à 29M5 ; à ce moment la mort eut lieu.
Chez un autre animal pesant 19 livres, la température tomba jusqu'à 31°65 après une émission de 30 onces de sang.
Busch - avait remarqué que lorsqu'il faisait périr un chien et lui ouvrait l'aorte abdominale la température du rectum tombait en cinq minutes de 30"6 R. à 28''8 R. et elle n'était plus que de 26''ô au bout d'une demi-heure.
Deraarquay a pratiqué des expériences intéressantes ; faisant une soustraction de sang à un chien, il a vu la température monter au lieu de s'abaisser.
Voici une de ses expériences :
« Le 9 mars 18.37, je pris un chien de petite taille dont la température était 39" et une petite fraction.
» L'axillaire est mise à nu, le chien se repose. Je coupe l'axillaire et je favorise l'écoulement sanguin; la température reste la même jusqu'à la syncope, alors le thermomètre baisse de 1/2 degré jusqu'à la moi^t.
» Des expériences nouvelles plus variées, ajoute M. Demarquay, ont besoin d'être faites sur ce sujet. Mais le fait de la
V V J'^V^'l^.f lI'-Wali.. Art. Bloiolelting. In Cyclopedia of imicL l\led.
■2. Busch. Expérimenta quxdam de morte, p. 21. , ^aî'A""^^?^'- Recherches expériniciilalcs .sur k lempérature ammale. Ihese inaugurale, iSil.
4b DES ABAISSEMENTS DE TEiMPERATURE DANS LES MALADIES
persistance de la température, en dépit d'une hémorrhagie prompteraent mortelle est un fait assez intéressant. >.
Prese ^ dans ses expériences sur ce sujet a vu une abondante saignée immédiatement suivie d'un abaissement de température; mais peu d'heures après il se produisait une augmentation de température qui dépassait rarement l'état thermique antérieur à l'opération.
Des expériences fort nombreuses deBserensprung^onpeut tirer les conclusions suivantes :
1" Pendant la durée de l'opération la température augmente lentement, fait que Bserensprung attribue avec un grand nombre d'auteurs et avec Demarquay, à l'agitation de l'animal, à la douleur ;
2° Pendant la période d'anémie, la température est abaissée.
Cet abaissement, d'après Thierfelder, ne se maintiendrait pas plus de quarante-huit heures;
3° Lorsque la température n'est qu'à quelques dixièmes au-dessous du point de départ, on la voit s'arrêter et rester là pendant quelques jours.
La saignée de la carotide produit au contraire une élévation de température ;
4° Les recherches de Marshall Hall prouvent que lorsque l'on saigne un animal jusqu'à la mort, la température tombe de plusieurs degrés immédiatement avant la mort.
Thierfelder dit que les hémorrhagies, pour peu qu'elles soient abondantes, diminuent la température ; après quatre à six heures l'effet est manifeste, mais cette action ne dure que quarante-huit heures au plus.
D'après Chorasewski une saignée modérée, faite sur un animal ou sur l'homme ne donne pas de résultats constants. Son influence sur la température est peu marquée.
Chez l'homme, dans les cas d'hémorrhagies en dehors d'états fébriles, on observe les mêmes résultats que chez les animaux.
Nous nous sommes souvent enquis pendant cette dernière