CHAPITRE X
ABAISSEMENTS DE TEMPERATURE DANS LES MALADIES DE l'appareil digestif. — MALADIES DU FOIE.
Les maladies de l'appareil digestif ne s'accompagnent d'abaissements de température que dans les cas où l'inanition vient compliquer la maladie principale. Les déperditions exagérées par le tube intestinal sont aussi une cause importante d'hypothermie.
Dans les rétrécissements, dans les paralysies de l'œsophage, alors que la déglutition est impossible et que le malade s'inanitie, la température s'abaisse et le malade succombe avec les symptômes notés par Chossat dans ses expériences.
M. Verneuil < a plusieurs fois observé des abaissements de température allant jusqu'à 35°, 35° 1/2 dans des cas de rétrécissements de l'œsophage. -
Dans un cas d'épithelioma de l'œsophage, compliqué de fistule broncho-œsophagienne, Schneider ^ a noté, pendant les derniers jours de la vie, une température oscillant entre 30°1, et 31°5.
Dans les maladies de V estomac, qui s'accompagnent de troubles digestifs tels que le malade ne peut plus se nourrir et fréqu^ts ''""^"'^ les abaissements de température sont
Dans les cas de cancei^ de l'estomac, de cancer du foie, nous avons souvent observé des abaissements de température.
Dans la courbe 4, on voit la température rectale osciller aux environs de 36° et s'abaisser jusqu'à 35°8, au moment de la mort. Il s'agissait d'un malade atteint de cancer de l'estomac et arrivé à la période cachectique.
Cancer de l'Estomac.
X /fèmatêmèse
yxMort fJJLa température continue s rsd:r
' aiBiJSée jukjusu 29' jour, époque de h c^orl
Dans une observation, recueillie dans le service de M. Char- j cot et publiée par M. Joffroy' , on voit une température extraordinairement basse persister pendant une assez longue ■ période. Il s'agissait d'une femme qui possédait des habitudes alcooliques invétérées. Elle avait en outre de la diarrhée, des vomissements, de l'amaigrissement. L'examen de l'abdomen démontrait la présence de liquide dans la cavité péritonéale. A l'autopsie on trouva un cancer du foie.
1 . Joi'FBOY. Société de biologie, 1870. — Voyez aussi les observations de M. Haiiot Com'ptes rendus des séa7ices de la Société de biologie, Il ib avril, 1871.
MALADIES DE l'aPPAREIL DIGESTIF
Le 20 juin, la température était de .... 36°5
Le soir, température rectale Bô^S
Le 23 juin, température rectale 34''2/5
Le soir 3503/5
Le 24, matin 3503/5
Le soir 36o2/5
Le 25, matin 34o3/5
Le soir 36o3/5
« Le 26, matin, coma 34o
Le soir 360?
Le 27, température rectale 36"
Le soir BB"?
Le 28 3404
La malade a repris connaissance, le soir. . 3507 La malade meurt.
Da Costa ' a noté, dans un cas de cancer de restomac pris pour une cirrhose du foie, une température au-dessous de 100" (Fah. 300,4).
Des abaissements semblables ont été trouvés par cet auteur dans trois cas de cancer de l'estomac.
Dans un cas de cancer du foie, cet observateur nota 99 F. pendant plusieurs jours. Dans un cas de cancer mésentérique, la température ne dépassa jamais 98 F.
M. Peter'^ rapporte le fait suivant : «Chez une malade atteinte de cancer de l'estomac, et qui entra dans la salle Saint- 1. Charles le 29 janvier, pour y mourir le 20 février, la température qui était à l'entrée de 3702 et de 3703 le soir, tombait graduellement à 36o6 le matin, et à 36''9 le soir, puis à 36° le 7, à 3506 le 8. La température se relevait un peu du 9 au 10, jour où la malade n'avait pas vomi et avait pu assimiler quelque nourriture ; elle allait de 36o2 à 3706. Puis elle baissait de nouveau du 11 au 19, veille de la mort, où elle tombait à 3507, le matin et à 3502 le soir. »
Dans un cas de cancer du duodénum, M. Peter a aussi noté, lun mois avant la mort, un abaissement de température aux ' environs de 35o. La température ne remonta jamais au-dessus de 3602.
nnd l\^m7d\lT^f''^'^^^^ Tuberculose. Brithh
mia ror. med Uar. Revicw.T. XXIX, p. îiSIi. I8G7. 2. Pkter. Clinique médicale, t. II, p. 813.
ABAISSEMENTS DE TEMPÉRATDRE
Le vomissement s'accompagne fréquemment de température de coUapsus.
Dans les vomissements incoercibles, amenant l'épuisement et l'inanition, la température s'abaisse d'une façon notable.
Les vomissements opiniâtres des hystériques, d'après certains auteurs, ne modifiraient point la température. (Empepereur
Dans un cas à'' anorexie hystérique, GuU ^ a vu la température descendre de 1° au-dessous de la normale.
La diarrhée, les évacuations séreuses abondantes, abaissent dans certains cas la température d'une manière considérable.
Dans le choléra, chez les enfants surtout, il faut certainement attribuer à la diarrhée une grande part dans les abaissements de température que l'on observe.
La diarrhée seule produite par le calomel, d'après Traube, donnerait lieu à des abaissements de température.
Cet auteur cite trois observations où il a vu des évacuations artificielles provoquées par le calomel produire une diminution de la température.
Thierfelder n'admet pas ce dernier fait. Cependant il a vu le calomel au moment de la défervescence amener des abaissements de la température.
« La diarrhée, dit Wunderlich, surtout celle qui est artificiellement provoquée, abaisse ordinairement une haute température. Après une constipation opiniâtre et une élévation thermique persistante, il suffît d'une abondante évacuation alvine pour amener l'abaissement de la température ; mais la réaction qui lui succède est d'ordinaire assez considérable pour que la température puisse même dépasser son degré antérieur d'élévation. »
Dans les diarrhées non compliquées, Biirkart ^ a pu observer des chiffres de 35°, 34°5 et 34°1. Lebert, à la suite de déjections abondantes, a noté des températures axillaires de 35°,
34° et même 31°.
Burkart a signalé les abaissements de température dans des cas de dysenterie très graves, au moment de la mort.
1 Empereur. Thèse de Paris. 1876.
2 GvhL. Brilish médical. Tournai. \S13.
3 Burkart. J5er/m. Wochenschnfl,
MALADIES DU FOIE fl
Chez un malade il a vu la courbe thermométrique descendre proo-ressiveraent de 37°7 à36°3, dans les quatre derniers jours, et, chez un autre, de 37° à SS»! dans les cinq derniers jours. Dans un cas de dysenterie compliquée d'infarctus dans le poumon droit et dans la rate, il nota le chiffre de 35°8.
Dans la dysenterie chronique, nous possédons peu d'observations où la température a été notée avec soin.
Dans un cas, M. Libermann ' a noté des températures audessous de 36°, oscillant entre 36° et 37° et descendant même à 35°, lorsque les évacuations alvines avaient été fréquentes.
M. Antoine 2 dit avoir vu la température varier de 35°,5 à 37° dans cette affection.
Dans un cas compliqué de fièvre palustre, il observa des températures de 36°3 à 36°5 dans l'intervalle des accès.
Maladies du foie. — Lorsque la bile ne peut s'écouler et se résorbe, on note des modifications de la température analogues à celles observées à la suite des injections expérimentales de ce liquide dans le sang.
Uictère simple s'accompagne fréquemment d'abaissements de température.
On a noté dans plusieurs cas des abaissements de température de 34°,5 à 35°.
Murchison ^ a souvent trouvé la température au-dessous de la normale dans les cas d'obstruction biliaire.
Le même auteur a signalé, dans quelques cas dHctère grave, des températures centrales basses : « Cette absence d'appareil fébrile, dit-il, est de la plus haute importance pour distinguer l'atrophie aiguë du foie des autres maladies caractérisées par l'état typhoïde. »
Ces abaissements de la température centrale, lorsqu'ils ne sont pas temporaires, et qu'ils se produisent vers la fin de la maladie, indiquent généralement un pronostic grave. (Voy. obs. des thèses de Dupau ■* et de Mossé