DANS LES ÉTRANGLEMENTS, LES HERNIES
étranglée, depuis neuf heures environ. Lqs vomissements sont très fréquents, les douleurs abdominales vives, le ballonnement du ventre est assez considérable.
La température est ... ^ô»?
Le taxis est pratiqué, la température s'abaisse à. 3604 La kelotomie est pratiquée. Le chloroforme est administré pendant une demi heure envii'on.
La température descend à. . 36°2 3 heures après 31°Q
Ce qu'il faut remarquer dans cette observation, c'est que dès le soir, c'est-à-dire huit heures après l'opération, nous trouvions déjà une température fébrile de 38°.
Cependant, les suites de la maladie ne nous ont pas montré l'existence d'une péritonite grave quïndiquait une ascension thermique aussi rapide.
Ivocher (cité par Glaser) a vu la température tomber à 35°, dans un cas d'étranglement herniaire. M. Berger a constaté plusieurs fois l'hypothermie.
A la suite d'un simple pincement latéral de l'intestin, Leroux, cité par Loviot, a vu une température de 36° avant l'opération.
Dans sa thèse, Bulteau cite plusieurs observations où à la suite d'occlusion intestinale on note 36°, 35°5, 35°. Dans un cas de Legroux, on trouve 35°5 le matin et 35o le ^oir, dans un cas de Legendre, 35°4.
Dans plusieurs cas d'étranglements internes cités par Duplay, la température fut toujours au-dessous de la normale.
Dans une observation de Schutzenberger, cité par cet auteur, le thermomètre descendit graduellementà37°, 36°6 et36°, au moment où des vomissements fécaloïdes apparaissaient. A l'autopsie, on constata une péritonite consécutive à une lésion de l'appendice caecal, sans étranglement.
Voici la courbe que nous avons observée dans un cas d'étranglement interne (courbe n° 20).
(1) Bulteau. De Y occlusion intestinale au 'point de vue du diagnostic et du traitement. Thôsc de Pans 1878.
(2| Lkgroux-Lec.endric. Progrès médical, 1877. (3) Duplay. Quelques faits de péritonites simulant l'étranglement internes. [Arch. (jénér. de méd, Nov. d87G, p. 513.)
DE LA TEMPERATURE COURBE N° 20 Etranglement interne ■ ,
Abshsemenl deiempéroture dèm/drsnnlemtr.t interne .' •■
Les exemples que nous venons de donner suffisent pour montrer les indications que la thermométrie peut fournir dans les cas d'étranglements internes, de hernies, au point de vue du diagnostic et du pronostic.
Un abaissement brusque de température dans le cours d'une aflfection abdominale indique un étranglement, une occlusion aïgue ou une perforation.
Chez un malade porteur d'une hernie assez volumineuse qui présentait depuis quelques jours des troubles gastriques et intestinaux, nous avions noté au troisième jour de sa maladie un abaissement brusque de sa température.
L'intervention chirurgicale fut. néanmoins différée, le malade mourut bientôt et à l'autopsie, on trouva uu étranglement assez serré.
On peut donner cette règle qui rend de très-grands services dans les cas de diagnostic difficiles ;
L'étranglement, Pocclusion intestinale aïgue, au début, alors qu'il n'existe pas de complication, sont toujours accompagnés d' hy-
DANS L'AVORTEMENT 1o9
polhérviie ; la péritonite au contraire s'accuse par des températures au-dessus de la normale.
On doit remarquer que, dans les étranglements internes, la réaction, comme dans les cas de traumatismes, est très prompte et souvent en raison directe de l'abaissement de température primitivement observé.
L'élévation de température se montrant pendant un certain temps indique l'existence d'une péritonite consécutive à l'étranglement.
Le pronostic sera d'autant plus grave que rabaissement de température sera plus considérable.
L'intervention chirurgicale (chloroforme, taxis, kélotomie) dans presque tous les cas de hernie, abaisse la température; c'est pourquoi nous ne devons agir qu'avec une extrême prudence.
Les douleurs très vives de l'abdomen abaissent aussi là température, mais dans ces cas nous croyons que l'abaissement de température ne se manifeste qu'à la périphérie.
Dans un cas de colique hépatique très violente cité plus haut qui a duré douze heures, nous avons pris chaque heure la température axillaire et la température rectale.
Dans la courbe (no 5, page 72), on voit la température rectale diamétralement opposée à la température axillaire; tandis que la température axillaire était assez basse 36°, la température rectale approchait de 38°.
Dans la plupart des crises douloureuses causées par des maladies des organes digestifs, l'algidité peut être observée. Dans ces cas, la température n'est pas seulement abaissée à la périphérie, mais encore dans les cavités centrales.
L\ivortement, surtout s'il survient dans le cours d'une maladie fébrile, abaisse quelquefois considérablement latempérature. Nous pouvons voir dans la courbe n°21, la température s'abaisser considérablement au moment de l'avortement. Un abcès de la trompe de Fallope existait, et cette lésion explique les températures de 30o et 40° degrés, notées avant l'abaissement de la température.
no DE LA. TEMPÉRATURE
Influenoe de/'avortement suf la température .
SI
Aiicés de fâ Trompe cj Fsllûpe
Dans des cas de iympanile, et c'est un fait qui n'est guère connu des chirurgiens, l'on observe des abaissements de température.
Recltlinghausen avait déjà remarqué que la présence du gaz acide carbonique dans l'intestin causait toujours du frisson et même des abaissements de température pouvant aller jusqu'à 1° ou 2°.
Simons a répété une partie de ces expériences et il s'est non seulement servi du gaz acide carbonique, mais de l'oxyde de carbone, de l'hydrogène, il a prouvé que dans tous ces cas des abaissements de température se produisaient.
Lorsqu'on avait soin de chauffer le gaz, l'abaissement de température était insignifiant.
\ SiMONs. Provisional Commïmicalion on a ncw cause for Dépression ofthe animal heat on gazes {acide carhoniquc] deprcssmg tempcralurc, Jirit. and for. rncd, chir. lieview. p. 233. Janvier 18/1,
DANS LA TYMPANITE 171
L'injection sous-cutanée du gaz ou son injection dans l'intestin produisaient le même effet; l'abaissement commençait immédiatement après l'injection et atteignait son maximum au bout de deux à six heures; la température s'élevait graduellement ensuite. Le maximum de dépression obtenu a été 10° G. Le pouls et la respiration tombaient en même temps.
Dans certains cas de tympanites, de pneumatoses chez l'homme, des abaissements de température sont observés. Ces abaissements sont périphériques, lorsqu'ils sont centraux, ils iudiquentque la pneumatose est grave et liée à des lésions anatomiques de l'intestin. Nous ne possédons que peu d'observations sur ce point il est à désirer que des études spéciales soient faites sur ce sujet.
Dans les cas de lésions graves de l'intestin et particulièrement dans les hernies étranglées, tant que la température est basse et le pouls petit, le chloroforme devient un agent extrêmement dangereux et qu'il ne faut administrer que trèS' prudemment et à faibles doses,