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CHAPITRE XVI

DES ABAISSEMENTS DE TEMPERATURE DANS LES ËRULUllES, — SUPPRESSION DES FONCTIONS DE LA PEAU.

Dans les brûlures que nous avons pu observer assez fréquemment chez des blessés de guerre, nous avons aussi noté des abaissements de température considérables.

En voici quelques exemples :

Observation CH. — X..., tirailleur, a eu un caisson de poudre qui a éclaté près de lui. La blessure qui en est résultée est très considérable ; tout le visage, le cou et la partie supérieure du thorax sont le siège d'une brûlure au second degré.

Le malade est dans un état de stupeur manifeste ; il ne répond à aucune des questions qu'on lui adresse et n'aceuse aaeune douleur.

La température du creux axillaire est de. . . . 3406

8 heures après (délire) 38°6

Le lendemain au matin. 3305

— soir 38°7

— matin 36o

Le malade meurt bientôt avec une température de 38"

Brûlure.

(IxJ Stupeur (2) Délire Us chiffres kl3jvpr(seMent dit heures (2,3.) des Jours

Observation CIII. — C. X... a eu aussi un caisson de poudre qui a éclaté près de lui.

11 est atteint d'une brûlure assez profonde de toute la cuisse gauche, ainsi que dans la fesse correspondante. Il nous semble être dans un certain état d'ébriété.

La température prise immédiatement (8 h.) est de Sô^S

A 11 heures 36°4

A 1 heure de l'après-midi ST»?

A 2 heures ^^"^

Observation CIV. — D..., 23 ans, il est atteint de contusions nombreuses et a en outre une vaste brûlure, au troisième degré, de toute la partie supérieure du thorax et de la face ; le malade est dans une très grande stupeur.

Sa température prise immédiatement est de 350

2 heures après

Le malade meurt bientôt' avec 34''2

Dans les observations qui précèdent nous venons de voir constamment un abaissement de température très considéra-

ble (34%6, 36»,3, 35°,7). — Dans les deux premières, la réaction s'est produite environ huit heures après l'accident. Dans la première observation on note, au moment de la mort, un nouvel abaissement de température.

Dans la troisième, la mort est arrivée sans réaction .

Billroth^ qui a observé de ces cas de brûlures considérables a vu la température s'abaisser dans un cas jusqu'à 33" centigrades.

Ladé a constaté dans un cas une température de 33° dans l'aisselle. — Falck^ a vu chez des lapins sous l'influence de brûlures, la chaleur centrale descendre à 19°.

Ces abaissements de température ne se montrent que dans les cas de brûlures étendues et très graves, elles indiquent presque toujours un pronostic fatal.

Quant aux causes probables de l'abaissement de température dans les vastes brûlures, de nombreuses théories ont été émises.

Billroth, qui s'est particulièrement occupé de cette question, nous dit que deux hypothèses ont été données pour expliquer la cause du danger que présentent les brûlures ; diaprés la première la mort serait l'effet d'une paralysie réflexe du système nerveux à la suite d'une surexcitation très vive émanant d'un foyer périphérique, d'après la seconde, l'agent mortifère serait la suppression de la perspiration cutanée.

S'appuyant sur les expériences d'Edenhuisen qui, en injectant du carbonate d'ammoniaque chez un animal, a vu un abaissement de température en rapport avec la quantité de substance injectée, Billroth veut attribuer l'abaissement de la température dans les vastes brûlures à la rétention de l'ammoniaque dans les tissus qui agirait à la façon d'un poison .

Toutefois tout en constatant l'identité des lésions chez les brûlés et les animaux soumis aux injections expérimentales (hypérémies des organes internes, ecchymoses), il lui a été impossible de retrouver le phosphate ammoniaco-magnésien dans le tissu cellulaire sous-cutané.

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