‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 99 sur 312 · Magendik. Leçons sur le choléra · texte numérisé non relu

Magendik. Leçons sur le choléra

2. BaRGuiÊREs. Etude sur le choléra morbus observé à Smvrne, en 1849. Paris, in-8.

3. MoNNERET. Compendium de médecine, art. chaleur, t. Il, 1846.

DE LA. TEMPÉRATURE

Henri Roger ' Ross, Mair, Reinhardt, Leubuscher, Hubenet viennent ensuite.

Voici le tableau des observations de Czermak :

Tomp. R. Tomp.Cent.

1° Femme de 27 ans guérie. — Langue 23oi/4 2808

— Mains 2101/2 26»4

— Pieds 1903/4 2408

— ■ Sang 24°3/4 30o8

2° Femme de 39 ans guérie. — Langue IQ^S/B 2406

— Mains , 19»3/8 2406

— Sang 2003/8 2503

2° Femme de 54 ans guérie. — Langue 240I/8 30o

— Mains 250I/8 3^4

— Pieds 23° 29o8

— Scorbicule du cœur 250I/IO 3lo3

— Sang 26° 32o2

40 Femme de 21 ans morte. — Langue 19° 23°0

— Mains 18° 22o5

— Sang 2103/4 2700

50 Femme de 62 ans guérie. — Langue 22oi/8 2707

— Mains 22oi/8 27o7

— Sang 2201/4 27o8

60 Homme de 60 ans guéri. — Langue 250I/8 31°3

— Mains 23°3/4 29o8

— Sang 27° 33o7

7° Homme de 32 ans mort. — Langue 21o 26o2

— Mains 20oi/2 26o6

— Sang 30°3/4 26o8

Chez un cholérique qui se plaignait de chaleur, Baerensprung avait observé :

26°25 dans la bouche, au lieu de 37°

30O6 sur la poitrine, au lieu de 34°

26025 dans la main, au lieu de 34°

35° dans le rectum, au lieu de 38°

1. H. Roger. Archives ç/inéralcs de médecine, 1844 et 1845. et Soc méd. des hôpilau.x et Recherches cliniques sur les maladies de l'enfance^

Voyez les courbes tlierniomélriqucs dans : Robbr. Du choléra épidémique. Thèse de Paris, 1871, et dans Gripat, Etude sur le choléra. Angers, 1874.

Ces observations ne nous donnent que le degré de la température périphérique.

Les premières observations de Goppert de Lockstat sont susceptibles du même reproche.

Henri Roger dans le choléra des enfants a noté les chiiFres

suivants :

Observation CVI.

Age.

Pouls.

Tomp. ax. Observations.

17 novembre 4 1/2

3701 choléra algide 7" jour

guérlson.

18 soir.

22 matin.

22 soir.

24 matin.

38°5 congestion pulmonaire

24 soir.

25 matin.

25 soir.

26 matin.

26 soir.

27 matin.

27 soir.

28 nov. soir.

Obsen

Age. Pouls.

17 novembre, 8 1/2 124

18 matin. — 120

18 soir. — 104

22 au 26 novemb. — 88 à 100

CVIT.

Tempérât. Observations.

35°2 choléra grave 4" jour.

36°7 convalescence.

36°5 à 37 guérison.

UB LA. TEMPÉRATURE

Observation CVIII. — Choléra algide. — l"jour.

Ago.

Pouls.

Tomp. aisselle.

Bouche.

Mains.

17 avril mat. 13 ans.

SloSl

330 guéri.

Ce ne sont encore là que des températures prises à la périphérie, et nous ne croyons pas que l'on puisse adopter aujourd'hui, sans restriction, l'opinion de Roger : a II suffit de jeter les j^eux sur le tableau de nos expériences pour voir que l'abaissement de la chaleur animale est un fait incontestable » et plus loin « ce n'est pas seulement un refroidissement partiel. »

Briquet et Mignot' ont pris la température du sang qui sort de la veine, mais ces observateurs se sont aperçus des erreurs qu'ils commettaient ; dans plusieurs cas, ils trouvèrent la température du sang contenu dans la palette, inférieure de 5 à 6 degrés à celle de l'aisselle.

Ces auteurs admettent que la température axillaire et du vagin diffèrent peu,

Jusqu'en 1866, on n'avait pas encore fait de recherches précises sur la lempératm-e cenlrale; dans le choléra, les auteurs trouvèrent ce résultat inattendu que la température centrale est souvent très élevée (Zimmermann, Guterbock -, Charcot^).

Guterbock a noté des températures centrales très élevées. Le travail de cet observateur est basé sur quarante-cinq cas; sur ces quarante-cinq cas, il n'y a eu une diminution réelle de la température de 0°5 à 1 degré que six fois. Le refroidissement périphérique était très intense alors que l'on observait des températures de 39°, 40" dans le rectum.

1. Briquet et Mignot. Traité du choléra morOus, 1850. — Mignot. Température des cholériques {Gazette hebdomadaire, 1867).

2. Guterbock. Virchoio's Archiv fur palh. Anat. B. XXXVML, p- 30, 1867.

3 Charcot. Température reolale dans le choléra (Gaz. méd., 1806, p. 11).

La température s'est élevée rapidement au moment de la mort et quelque temps après la mort.

Ces résultats ont surtout été trës nets sur douze malades où l'on a pris la température peu avant la mort, pendant l'aRonie et dans l'heure qui suivait le décès.

Dans la période, dite de réaction, il n'y eut pas d'augmentation de chaleur, mais le plus souvent un abaissement de a température interne, correspondant à une élévation de la température des extrémités.

Voici les résultats obtenus par Mackenzie .

Chez une femme qui était dans un collapsus extrême, la température de l'aisselle ne dépassait pas 90^2 F., (33 c.) tandis que dans le vagin, elle était de 102°4 (F). (39 c.)

Les observations furent répétées deux fois. La malade paraissait dans le plus grand danger. Le nombre des respirations était de quarante-deux par minute.

Dix-neuf heures après la température axillaire était de 96° F.

- Dans le rectum 100° F., (37,8 c.) vingt-huit respirations. - Le pouls était imperceptible.

Dans l'après-midi du même jour, la température de l'aisselle était 9308 F. (33,5 c.)

Dans le vagin 94°4, (34,6 c.) pas de pouls.

Plus tard, le délire rendit presque impossible l'observation.

En résumé, on trouve dans l'aisselle :

Mais dans le vagin :

On voit par ces exemples que l'exploration rectale ou l'exploration vaginale donne des résultats essentiellement différents de ceux obtenus par la recherche de la température périphérique.

Voici le résumé des observations de M. Charcot :

Dans la première observation, la température rectale était. 38°2

Dans la deuxième '^0°8

Avant la mort

i. Mackiînzie (F.). Température des cholilHquex. Médical Times and Gazette iV° 841 cl Gazette hebdomadaire du 18 octobre 186(5.

208 DE LA TEMPÉRATURE

Dans la troisièia e 3^03

Dans la quatrième, le 5 novembx'e, matin 3705

— — soir 3804

— 7 noTembre 380

Dans la cinquième, la moyenne de la température rectale fut . 37°

— la température axillaire s'était abaissée à 36» Dans la sixième observation, température rectale 37»8

— température axillaire 36»2

Dans la septième observation, la température rectale fut.. 3602

Dans la neuvième observation, température axillaire 37»6

— température rectale 39''6

Enfln clans la dixième observation, la température fut successivement dans le i-ectum :

« L'on voit, ajoute Charcot, que dans les observations 3, 4, 6, des chiffres élevés, tels que 37°8, 38°4, ont été obtenus au moment où les symptômes d'algidité et la cyanose cholérique étaient le plus prononcés. Ces résultats tendent évidemment à confirmer l'opinion émise par plusieurs observateurs, à savoir que chez les cholériques, le refroidissement reste superficiel et ne s'étend pas aux parties centrales. »

Lorain^ est arrivé aux mêmes conclusions que Charcot et Gûterbock.

Les températures maxima et minim-a qu'il a pu observer dans le rectum sont :

Minima. Maxima.

Dans 1 cas 34" Dans 5 cas 40»

Dans 2 cas 35° Dans 15 cas 39°

Dans 28 cas 37° Dans 27 cas 38°

Dans 11 cas 38° Dans 2 cas 37°

En comparant la température de l'aisselle à celle du rectum :

Minima. Maxima.

Une fois 33° Dans 3 cas 37

Dans 4 cas 34° Dans 7 cas 38'

Dans 24 cas 35° Dans 10 cas 37

Dans 16 cas.' 36° Dans 8 cas. 36°

Dans 1 cas 37° Une fois 35

1. LonAiN. Le choléra obscrvi} à l'hôpital Saint-Antoine. Paris 18G8.

Cet auteur pense donc que la température dans le choléra oscille dans des limites étroites et s'écarte peu de son chiffre normal; la température delà peau et de l'aisselle oscillent dans des limites très larges.

« Il semble, dit-il, qu'il y ait une loi d'après laquelle la constance même de la température rectale est maintenue par les écarts de la température de la peau et de la bouche, celles-ci se refroidissant ou s'échauffant selon l'état de la calorilcation centrale; il y a émission à la surface, ou concentration par le retrait de la chaleur périphérique, suivant la production plus ou moins grande de la chaleur intérieure.

Nous pensons donc qub le refroidissement et réchauffement du corps dans le choléra ne peuvent être étudiés utilement dans un seul point. — Il faut comparer entre elles les températures des régions centrales (rectum) de la peau et de la bouche. — La seule partie du corps où Ton puisse bien étudier la température centrale, c'est le rectum. »

Nous devons faire remarquer qu'il importe beaucoup, afin d'éviter toute erreur, de noter exactement la période à laquelle se font les observations thermométriques.

Dans la période d'invasion, Friedlander^ a observé, avant toute évacuation, un abaissement de la température rectale chez les individus en proie à une maladie fébrile, dans le courant de laquelle survenait le choléra.

Dans la période dite des évacuations, les températures du vagin, du rectum et de l'aisselle ne présentent pas de variations importantes. Dans cette période comme dans celle dite de réaction, l'exploration axillaire peut donc suffire.

C'est à la période asphyxique que se montrent les plus grands écarts entre la température centrale et la température axillaire. Il existe aujourd'hui un très grand nombre d'observations dans lesquelles on trouve un abaissement réel de la température centrale.

Dans la septième observation de Charcot, chez une femme de soixante-quinze ans, habituellement bien portante mais affaiblie, la température rectale était 36"2.

1. Friedlandeu. Influence dépressive sur la température du choléra Redahd.

210 DE lA TEMPÉRATURE

Dans robservatioli citée par Bœrensprung la température rectale était 35°6.

Lorain a observé un cas dans lequel la température rectale était

Dans deux cas 35"

Dans dix cas 36°

Schmidt ' , dans des cas de catarrlie cholérique, a oTDservé des températures centrales assez basses.

Ces abaissements de température constituent du reste un danger presque aussi grand que les élévations, et coïncident avec les symptômes les plus alarmants, tels que la cyanose, l'asphyxie, Tanurie.

Les évacuations semblent être la cause principale de ces abaissements. Les ascensions et les descentes brusques de la température périphérique, beaucoup plus variable que la température centrale, peuvent se présenter dans les cas relativement bénins ; à moins de complications, la température, après s'être abaissée brusquement, s'élève de nouveau, mais d'une façon très lente ; les différences entre la température centrale et la température périphérique sont très minimes.

On observe le plus souvent, par exemple, sous l'aisselle 35°9 tandis que la température rectale est seulement de 37». Dans les cas mortels, la différence tend à s'accentuer et avec 26°, l'on observe les températures hyperpyrétiques signalées par Guterbock, 40°, 42°4.

Dans presque toutes les périodes de l'algidite cholérique, la température de la bouche ne s'élève pas au-dessus de 31" cependant dans un certain nombre de cas, on a pu observer des guérisons bien que la température se fut abaissée jusqu'à 26°.

L'influence des complications, de la convalescence, se traduisent généralement par des élévations de température. Cependant l'algidité centrale peut se montrer à cette période.

Voici, au point de vue du pronostic, les conclusions de

Lorain : , ^ a„

« 1° Lorsque toutes les températures sont au-dessus du niveau normal, le pronostic est favorable, et c'est à tort que

\. Schmidt's Jahresbericht, 1870, p. 88 et 238.

l'on a pu dire que les malades retombaient d'une réaction franche dans l'algidité. — On a même été induit en erreur parce qu'on a pris le pouls seul comme indice de réaction ;

2° Un abaissement continu et général de la températurei alors même qu'il est peu considérable est un signe très fâcheux ;

3° L'abaissement rapide des températures périphériques, si considérable qu'il soit, n'est pas d'un pronostic fâcheux à moins qu'il ne se prolonge. »

« Quand le centre baisse et que la périphérie baisse davantage il y a chance de guérison ; si le centre baisse et non la périphérie, la mort survient. Lorsque dans la réaction, le rectum marque une température normale et même supérieure, si l'aisselle reste peu élevée, et si la bouche est basse, il y a une fausse réaction et le pronostic est grave. Lorsque les températures s'éloignent à peine du type normal, le pronostic est bénin. Les meilleurs cas sont les cas francs, c'est-àdire ceux où l'algidité est excessive dès le début avec réaction rapide. Un retour d'algidité est d'un pronostic funeste. »

Wunderlich donne dans son traité les mêmes conclusions pronostiques, basées sur un très grand nombre d'observations.

Les travaux plus récents de Weyricli', Zorn'-^, Erman^, Gripat '' conflrmejit complètement les conclusions de Lorain et Wunderlich.

Erman signale l'élévation fréquente de la température rectale.

Sur 77 cas, Zorn a trouvé 20 fois la température rectale normale. 28 fois basse, 29 fois élevée. Les conclusions du mémoire d'Erman sont les suivantes : 1" Dans le stade algide, la température rectale est rarement abaissée, elle dépasse ordinairement la température axillaire d'un demi-degré, les tempéiatures très hautes et très basses sont de mauvais augure ;

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