V. LES CAUSES ET LA STATISTIQUE DES EMPOISONNEMENTS
Les empoisonnements sont aigus ou chroniques. Comme cause de l'empoisonnement aigfu il faut rappeler le meurtre et le 6^/cide. Lhomicide par empoisonnement est vraisemhlahJeme^it beaucoup plus fréquent qu'il ne devient de notoriété publique. L'empoisonnement par l'arsenic surviendrait surtout pendant les épidémies cholériques et l'empoisonnement des enfants par le calomel, le sublimé et l'huile de croton aurait surtout lieu Tété; les symptômes provoqués par ces poisons ressemblant à s'y méprendre à ceux du choléra nostras et infantile. Un g-rand nombre d'empoisonnements aigus ont pour causes des accidents (méprises dans les pharmacies ou les droj»fueries, administration d'un médicament pour un autre de la part des profanes), des imprudences (inhalation des gaz et des vapeurs toxiques), des sim^dationSy par exemple, pour être réformé du service militaire (digitale, vinaigre), des 2^oisons prescrits à doses par trop élevées dans un but médical (digitale, morphine, phénol, belladone et beaucoup d'autres), des'poisons employés dans V industrie qui exercent leur action délétère par hasa7*d ou par incurie (par exemple, vapeurs de zinc, sulfure de carbone, aniline, mercure) et enfin des poisons métaboliques^ c'estr-à-dire, ceux qui, prenant naissance dans les processus de désassimilation normale ou pathologique, ne sont pas éliminés mais absorbés, d'où auto-intoxication. Sont aussi fréquents les empoisonnements alimentaires (champignons vénéneux, ciguë, seigle ergoté, fromages, poissons, saucissons, etc.), de même que les empoisonnements par les venins des animaux (serpents, etc.).
Les intoxications chroniques peuvent résulter des empoisonnements aigus (plomb, mercure), mais aussi être produites par l'introduction lepte, répétée du poison à petites doses, soit accidentellement (plomb, arsenic, mercure), soit dans un but criminel (arsenic, phosphore), soit enfin par l'emploi des poisons