MODE D*ACTION DES POISONS
raient presque aussi bien figurer dans des classes différentes. Néanmoins une division, si imparfaite qu'elle soit, facilitant Tétude en permettant de grouper les substances dont il s'agit, nous reproduirons encore ici la classification de Tardieu, qui est du reste un remaniement de celles de Fodéré, d'Orfila, de Deverg-ieet de Giacomini.
Cette classification ne présente pas d'avantages sur celle de Rabuteau, mais elle est en quelque sorte classique, et, à l'exemple de Tardieu, nous diviserons les poisons en cinq classes qui empruntent leur dénomination aux symptômes les plus frappants observés dans l'étude clinique des empoisonnements.
i^ classe. Poisons irritants et corrosifs. Les substances contenues dans celte première classe ont pour caractère essentiel de produire localement une irritation plus ou moins violente pouvant aller jusqu'à l'inflammation (irritants) ou môme la mortification rapide des tissus (corrosifs). Si quelques-uns produisent, en outre, d'autres effets consécutifs à leur absorption, telle que la coagulation du sang par l'acide sulfurique, l'irritation et l'inflammation des tissus n'en constituent pas moins le symptôme principal et le danger. A cette classe appartiennent les acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, acétique, oxalique et tartrique, les alcalis concentrés (potasse, soude, eau de Javelle, eau seconde), l'ammoniaque, le chlore, l'iode, le brome, les sulfures alcalins et les drastiques.
2« classe. Poisons hyposthénisants. Les poisons qui appartiennent à cette classe ont pour caractère essentiel une dépression rapide et profonde des forces vitales souvent liée à une altération manifeste du sang. L'irritation qu'ils produisent localement est tout à fait secondaire et nullement en rapport avec la gravité des accidents généraux consécutifs à l'absorption. A cette classe appartiennent l'arsenic, le phosphore, les préparations de mercure, l'étain, le bismuth, le cuivre, l'émétique, lenitre, le sel d'oseille, la digitale, etc.
3* classe. Poisons stupéfiants. L'empoisonnement par les stupéfiants a pour caractère essentiel une action directe et spéciale sur le système nerveux, action dépressive produisant la stupeur accompagnée parfois d'une irritation locale toujours peu intense.
A cette classe appartiennent la plupart des substances connues depuis Fodéré sous la dénomination de narcotico-âcres, les préparations de plomb, l'acide carbonique, l'oxyde de carbone, l'hydrogène carboné, l'hydrogène sulfuré, l'élher, le chloroforme, la belladone, le tabac et les autres Solanés vireuses et les champignons.
4* classe. Poisons narcotiques. L'empoisonnement par les narcotiques est caractérisé par l'action toute spéciale et distincte que l'on ne peut définir que par son nom même, le narcotisme (Tardieu).
A cette classe appartiennent l'opium, ses principes et ses composés.
5« classe. Poisœis névrosthéniques. Les substances dites névrosthéniques ont pour action spéciale une excitation violente des centres nerveux pouvant aller jusqu'à produire une mort rapide ou même instantanée.
A cette dernière classe appartiennent la strychnine (noix vomique), la brucine, Tacide c^anhjdrique, le sulfate de quinine, lescantharides, le camphre et Talcool.]