AMMONIAQUE
plus prononcés quand sa teneur s'élève à 1 p. 1000 ; le séjour prolongé devient dangereux quand le taux de l'ammoniaque monte à 2 p. 1000. L'atmosphère qui contient au-dessus de 4 à 5 p. 1000 d'ammoniaque, devient rapidement mortelle ou provoque des pneumonies. A partir de 2 p. 100 l'ammoniaque commence à açir comme un poison fatal. Un homme séjourne-t-il vingt à trente minutes dans une pièce avec 0,33 p. 1000 d'ammoniaque, des phénomènes d'intoxication surviendront chez lui. Tout travail devient impossible dès que l'atmosphère en'contient de 0,5 à 1,0 p. 1000 (1). 5 à 10 gr. A' nne solution d'ammoniaque caustique sont toxiques pour un adulte, et 30 gr. provoquent la morl.La mort peut survenir dans l'espace de cinq à dix minutes après l'inhalation du gaz et, après déglutition, en quatre minutes à cinq heures ou seulement dans l'espace de six à douze jours. La çuérison est encore sui'venue après 60 gr.
Chez des chevaux ayant inhalé beaucoup de ce gaz survenaient : sécrétions nasales sanguinolentes, inflammation de la conjonctive, toux douloureuse et fièvre. Un d'eux mourut à la suite d'une gangrène pulmonaire et deux autres furent atteints d'emphysème pulmonaire persistant. Uabso?'plion de l'ammoniaque se fait rapidement; elle pénètre aussi rapidement à travers les tissus; l'élimination qui peut se faire aussi par les sueurs ne demande pas non plus beaucoup de temps. Mis en contact direct avec Vammoniaqne^ le sang devient rouge-sombre, prend plus tard la couleur de laque par suite de la destruction des çlobules rouges et enfin devient rouge-rubis ; en même temps apparaît la bande d'absorption de l'hématine en solution alcaline (v. planche spectroscopique). L'ammoniaque provoque la déliquescence de l'albumine solide et saponifie les graisses. L'ammoniaque se transforme dans le foie en urée. Les tissus vivants sont corrodés; un exsudât se forme en outre sur les muqueuses.
Sjrmptômes. — Douleurs depuis la bouche jusqu'à l'estomac ; vomissements parfois constitués par des masses sanguinolentes, alcalines; selles sanguinolentes, avec téiiosine; gêne do la dé-
i\) Lehmaxn, Arch, f. Hyg,, 1880, Bd V, p. 1.
^lulition, tuméfaction, chute de l'épithélium et formation de cloques dans la bouche et aux lèvres, soif et salivation; tuméfaction de la conjonctive, larmoiement, sécrétion nasale exag'érée. S'y associent, diversement combinés : aphonie, touxconvulsive et dyspnée survenant par accès (il peut devenir nécessaire de pratiquer la trachéotomie) interrompus par des mouvements respiratoires normaux; pendant les accès de dyspnée on entend à Tauscuhation des raies sibilants et ronflants. Les crachats peuvent contenir des lambeaux épithéliaux plus ou moins étendus ; il peut aussi y avoir hémoptysie. L'urine, alcaline, peut contenir du sang-, de l'hématine ou de l'albumine. Comme phénomènes g-énéraux, ont été notés : petitesse et ralentissement du pouls, pâleur et cyanose de la face, refroidissement des membres, frissons, oppression et angoisse précordiale, enfin coma dans lequel peut survenir la mort. Après la disparition du collapsus surviennent parfois des convulsions. Les femmes enceintes accouchent prématurément; du reste, l'avortement a été observé aussi chez les animaux soumis expérimentalement à l'influence de l'ammoniaque. En cas de guérison, les règles peuvent s'établir d'une manière précoce. Les troubles subjectifs s'atténuent au fur et à mesure que s'amendent les altérations organiques des tissus. Longtemps encore peuvent persister la fièvre, la faiblesse musculaire et même la paralysie complète des jambes (1).
Le liquide a-t-il atteint le larynx^ la mort s'ensuit brusquement, sans asphyxie, ou plus tard, après la cessation des phénomènes graves, avec les signes des lésions laryngées et pulmonaires. Ces dernières s'expliquent très bien si l'on se rappelle que, déjà en petite quantité, l'ammoniaque provoque dans le larynx une inflammation catarrhale et que, en quantité plus élevée, elle y provoque le gonflement de l'épithélium, avec infiltration de la muqueuse par des cellules rondes, tandis que surviennent dans les poumons des processus inflammatoires intenses ou des hémorrhagies intra-alvéolaires.
Linhalation de valeurs ammoniacales donne naissance aux lésions de la bouche et des voies respiratoires que nous venons
(1) Page, Mich, med. News, 1881, p. 27.