‹ Traité de toxicologieChapitre 32 sur 126 · ACIDE BORIQUE. BORAX · texte numérisé non relu

ACIDE BORIQUE. BORAX

de 8 gr.y sont survenus : nausée^ expulsion par vomissements de matières brunissant le papier de curcuma, et douleurs lombaires. On connaît même des cas mortels (1). Immédiatement après lavage, avec une solution boriquée à 5 p. 100, de la cavité thoracique ou d'un abcès fessier par congestion, on a observé : vomissements et aflFaiblissement du pouls, érythème très étendu et mort le deuxième ou troisième jour. Les malades ne perdirent pas connaissance. La mort était précédée d'un hoquet violent. Dans d'autres cas (emploi de lavements à l'acide borique (2), etc.) terminés par la mort ou par la guérison, on a vu survenir: ptyalisme, cardialgie, sensations de froid et de chaleur, hématurie, spasme vésical ; de même que céphalée, insomnie, délire, hallucinations, troubles de la vue et du langage, collapsus et éruptions cutanées (érythème, urticaire, papules, pétéchies). A l'awlopsie d'un sujet mort à la suite du saupoudrement d'une plaie arec de l'acide borique, on a trouvé le foie et la rate tuméfiés et des érosions dans l'estomac (3) ; dans d'autres cas, au contraire, les résultats nécroscopiques furent négatifs.

Un chien Siyani ingéré pendant quelques jours 30 gr. de horaœ^ fut atteint de vomissements, devint inquiet, aboyait sans cesse et refusa toute nourriture. L'ayant sacrifié on trouva chez lui une entérite. Chez V homme ^ le borax, à la dose de 2à6gr., provoque de la nausée et des vomissements, l'évacuation de selles pultacées et des exanthèmes opiniâtres. Il se peut bien que, à la dose de 20 gr. et davantage (dose à laquelle il est administré pour provoquer l'avortement), le borax cause une entérite qui, par propagation, gagne Tutérus d'où métrite et expulsion du fruit, ^'élimination du borax se fait par la salive, le lait, l'urine et avec les selles. Administré à la dose de 4 gr., il peut être décelé dans l'urine pendant deux heures consécutives.

Sa recherche, ainsi que celle de l'acide borique, y est encore possibleaprès un temps prolongé. Dans ce but l'urine est évaporée,

(!) MoLODENKOw, Peiersb, med. Woehenschr., 4881, n© 42.

(2) Bbuzruus, Sehmidfs Jahrb,, 1883, n« 1, p. 17.

(3) Brose, Correspondentbl. f, Schweiz» Aerste, 1884.

additionnée ensuite d'acide sulfurique, puis extraite par ralcooi : cet a]cool allumé brûle avec une flamme verte. A-t-on affaire à du lait, on commencera par l'évaporer, on y ajoutera de l'acide chlorhydrique fumant et l'on promènera la flamme d'un bec de Bunsen horizontalement sur le creuset^: la flamme se colorera en vert. On peut se passer de Tacide sulfurique, si c'est l'acide borique qui est recherché. Les solutions de borates alcalins donnent avec le sulfate manganeux un précipité soluble dans une solution de chlorhydrate d'ammoniaque.

[L'action nuisible du borax n*est g^uère à envisag^er que relativement aux petites doses assez longtemps répétées ; c est-à-dire relativement à son emploi comme antiseptique pour la conservation des substances alimentaires.

En plus de l'action fort énergique exercée par le borax sur le protoplasma et de rintensité exagérée de la désassimilation des albuminoïdes, on a observé chez l'homme des éruptions polymorphes et des accidents g-astro-intestinaux.

L'addition journalière à la nourriture déjeunes chiens de petites quantités de borax, variant de 0 g*r. 5 à 3 grammes, a déterminé leur mort dans l'espace de une à trois semaines. Le foie et les voies biliaires semblent particulièrement intéressés.

Le pouvoir digestif des émulsions de pancréas et de muqueuse g'astrique esl fortement abaissé par l'addition de petites quantités de borax (1)].

SILICIUM. — L'injection intra-veineuse de 1 g^r. de silicate de soude tuerait les chiens en vingt-quatre à trente heures (2), tandis que administré par la boucheà la dose de 0 gr. 3, il empoisonnerait les lapins chez lesquels surviendrait de la diarrhée, de l'anorexie et l'accélération du pouls ainsi que de la respiration. A Vaii" topsiey on aurait trouvé une gastro-entérite et l'aspect crénelé des globules sanguins rouges. Les recherches de contrôle voulaient démontrer que ce composé n'est point toxique (3), mais ensuite on a soutenu la toxicité du silicate de potasse qui peut tuer les lapins à des doses de 1 à 2 grammes (4).

Le fluorure de silicium {Si FV) dégage à l'air des nuages bls^ncs

(i) G. PoucHET, Recueil des tramwcdu Comilé consultatif d'hygiène publique de France , t. XV, p. 398 ; t. XIX, p. 640 ; et t. XXI, p. 699.

(2) Picot, Comptes rend, ; t. LXXVI, p, 99. - . , . \

(3) Robert, Lehrb, d. Intoxicat., 1893, p. 30i. " - ' ^

(4) Laguardia, L'Orosi, i894, p. 219.

BTAIN 249

et fournit avec l'eau de Vacide silicique gélatineux (H^SiO^) et de Tacide hydrofltcosilicique (H'SiFi^). C'est un gaz irritant, il cause des picotements au nez et de la toux ; chez les animaux, il provoque, outre le dépôt de l'acide silicique, l'irritation, la rougeur et des excoriations de la muqueuse nasale.

EÏAL\

Les empoisonnements par l'étain, observés jusqu'ici chez rhonime, ont été, en majeure partie, produits par des sels chlorés, par exemple, le proto-chlorure d'ètain (sel d'étain, SnCl*), le hichlorure d'étain (SnCl*) et le muriate d'étain ammoniacal JînCl^ + 2AzH*Gl). Cependant, ainsi qu'il résulte d'observations déjà anciennes, ils peuvent aussi être causés par les sels tègètaux détain (fruits sûrs, asperges, choucroute, tomates) el d'autres sels,, surtout s'ils pénètrent dans les substances alimentaires et les boissons salées et grasses (la viande de conserves peut contenir jusqu'à 0,125 p. 100 d'étain) (1).

On ne connaît pas de mort imputable à ces s'els.

Ua^étale détain triéthylé et le tartrale stanno-sodique provoquent chez les animaux des phénomènes d'intoxication du côté de l'appareil digestif, de la moelle épinière et du cerveau. On observe chez les chiens : vomissements, diarrhée, parésies, hypo-excitabilité réflexe, paralysies, contractions idio-musculaires, secousses; la mort survient par asphyxie. Les phénomènes toxiques peuvent récidiver après rémission survenue (2).

Les chiens auxquels on a administré, par la bouche, 4 à 6 gr. de protochlorure d'étainy meurent à la suite d'une gastrite (3), tandis qu'après une injection intraveineuse, ils périssent en proie à des convulsions, à de la dyspnée et paralysés.

L'injection intra-veineuse de 5 centigrammes debichloruredétain tue les chiens avec la respiration type Gheyne-Stokes, du

(1) Sghutzenbeuger et Boutmy, Ann. (Vhyg, pubU, sér. IV, no^7, 1881.

(2) Whitk, Arch. f. exp, Path, und Pharmak., Bd XHI, p. 53.

(3) Orfila, Traité de toxicol. (Irad. allcm.), Bd H, p. 1.

tremblement et tétanos. Pris par la bouche à la dose de 0 g^r.4, il est sans eflFet aucun; tandis que 0 gr.9 provoque des vomissements (1). L'injection sous-cutanée de bichiorure est suivie de g-angfrène. L'administration chronique des préparations d'étain^ outre les troubles gastro-intestinaux et l'amaigrissement, provoque encore, chez les animaux, des troubles de la motilité (ataxie, etc.) (2).

L'empoisonnement par le protochlorure se manifeste chez Vhomm^ par : goût métallique dans la bouche, sensation de constriction à la gorge, vomissements, douleurs à la région épigastrique, diarrhée et coliques persistant des journées entières. Chez une personne ayant mangé du pain avec du sel humide servi sur une assiette en étain on a vu survenir : frissonnements accompagnés de sensation de chaleur, céphalée frontale, douleurs à la région épigastrique qui était en outre météorisée et sensible à la pression, langue sale, salivation (la salive exhalait une odeur fétide), coloration grise des gencives avec de petites ulcérations au bord de la langue (3). Les sujets qui avaient mangé des cerises, de la sauce aux cerises et de la viande conservée dans des vases en étain hermétiquement bouchés, ne tardèrent pas à présenter des symptômes très accusés de gastro-entérite auxquels s'associèrent bientôt : albuminurie, battements cardiaques irréguliers, collapsus et cyanose. Des quantités notables de m^ilate Stannique (environ 7 grammes par litre), furent décelées dans la sauce. Dans ces cas, je ne crois pas que l'on puisse éliminer complètement l'action concomitante des produits de décomposition de la viande.

D'après ce qu'on a soutenu récemment, le contact direct de vêtements, comme des bas de soie, contenant du bichiorure d'étain, pourrait produire des symptômes généraux d'une intoxication chronique : amaigrissement, anémie, albuminurie, etc.

Autopsie. — Chez les animaux ayant succombé à un empoisonnement aigu par les sels d'étain introduits dans l'estomac,

(i) Patesko, Arch. dêPhysioL^ 1886, n* 4.

(2) Ungar und BooLiBNDER, Zeitschr.f' Hyg,, Bd H, p. 2il.

(3) Meinkl, Deutsche Klinik., 1851, d» 41.

Page 1