PLATINE
geur et bulles (l); et, administré à r intérieur : sensation de brûlure dans la bouche, ptyalisme, nausées, vomissements, coliques, ictère léger, céphalée et selles sang^uinolentes (J). Donné par la bouche à la dose de Ogr.l à 1 gr., il paralyse les chiens et les lapins. L'injection sous-cutanée ou intra-veineuse de chlorure double de platine et de sodium paralyse les vaso-moteurs (3). ATautopsie^ on trouve les reins, la vessie, ainsi que l'intestin à partir du pylore jusqu'à la fin de l'iléon enflammés, ecchymoses et couverts de mucus sanguinolent. Ces lésions rappellent celles causées par l'arsenic. Un garçon âgé de sept mois, ayant reçu par mégarde Ogr.5 de chlorure double de platine et de sodium, fui pris de douleurs, de vomissements, de diarrhée, de collapsus et mourut cinq heures après. A l'autopsie, on trouvait une tache brun-jaunâtre sur la paroi postérieure de l'estomac, congestion des reins et tuméfaction de la rate.
Les bases platinées (4) exercent leur action sur les centres nerveux (cerveau et moelle épinière comme organes commandant les mouvements spontanés) et les nerfs périphériques (à la manière du curare) . L'augmentation du nombre des groupes ammoniacaux contenus dans la molécule de la base platinée a pour effet V accentuation de ces propriétés curarisantes. La base platinée agit dans l'organisme par sa molécule toute entière.
Recherche des sels de platine. — Ils sont précipités par l'hydrogène sulfuré. L'ammoniaque donne un précipité vert avec les sels de protoxyde de platine et un précipité jaune-brun avec les sels de peroxyde de platine.
OSMIUM. — Les injections à'oxyde d'osmium provoquent chez les animaux des vomissements, des troubles de la respiration et la paralysie des membres (5). Cependant on a contesté la toxicité de ce composé. En revanche, Vacide osmique est un poison
(1) Hœpbr, Obierv, et recherches expérim, sur le platine^ Paris, i84i.
(2) CuLLKRiKR, Ueb d, Lustseuche, Mains, i822, p. 356.
(3) Ksblbh, Arch, f. exp, Path. u. Pharmak,, Bd IX, p. i37.
(4) Gmcun, /. r.
(5) HoFMEiSTEK, Avch, f. exp, Path, u. Pharmak,, Bd XVI, p. 393.
372 POISONS INORGANlQrES
non douteux. Un ouvrier est mort en préparant cette substance. Voici les symptômes morbides observés : d'abord conjonclivite, diarrhée sang^uinolente et une dermatose squameuse à la face et au cou. L'ouvrier ayant continué son travail pendant plusieurs mois, de nouveaux troubles apparurent : céphalée, insomnie, nausées, dyspnée, frissonnements et enfin il survint une pneumonie qui emporta le malade. L'urine contenait de l'albumine. A l'autopsie on rencontra une néphrite bilatérale (1). Les muqueuses peuvent aussi être irritées par l'acide osmique employé dans la techniqice microscopiqite. Outre la névrite et la myosite, ainsi que les douleurs et la coloration noire localisées au point d'injection, les injections soies -cutanées d'acide osmique ou d'osmiate de potasse ont provoqué chez l'homme : dermatite persistant plusieurs semaines, œdème, gangrène sèche et bulles remplies de sang (sur la peau).
TUNGSTÈNE (WOLFRAM). — Donné à la dose de 4 gr., le tungstale d'ammoniaque est sans effet sur le chien. L'injection de 2 gr. environ de tungstate de soicde provoque chez lui des vomissements. Peut-être, à la suite de l'injection de tungstate dfe soude, la majeure partie de ce sel, sous l'influenee de l'acide chlorhydrique de l'estomac, se transforme-t-elle en bitungstate de soude qui est difficilement soluble et pas résorbable. L'injection sox^scutanée a provoqué, entre autres, chez les animaux : vomissements, diarrhée sanguinolente, dyspnée, convulsions. Le tungstène ne parait pas être absorbé par la muqueuse gastrointestinale saine, mais bien par cette muqueuse malade et surtout par le tissu cellulaire sous-cutané, d'où il passe dans le sang; il est en partie éliminé par les reins et la muqueuse intestinale. Il s'accumule dans le foie, les reins, les os, etc. (2).
Recherche* — Une solution de tungstate alcalin est-elle mélangée avec du chlorure de zinc, il se produit un précipité jaune, bleuissant par addition d'acide chlorhydrique.
(4 ) VuLPiAN et Raymond, Gaz. hebd, de Paris, 1874, o» 28. (2) Bewsstein-Kohan, Dorp. Arb., 4890, Bd V, p. 42.
URANE 373
MOLYBDÈNE. — Le molyhdate d^ ammoniaque et V hydrogène molybdénié irritent les muqueuses. Les molybdates alcalins ne précipitent pas l'albuoiine. Administré à la dose de lgr,Q aux lapins^ le molybdate d'ammoniaque les tue par affaiblissement de l'énergie cardiaque. La mort est précédée de convulsions. Introduit dans l'estomac des chiens^ à la dose de lgr.6 à 3g*r.2, il ne provoque que des vomissements et de la diarrhée ; chez les chats j vomissements et diarrhée sanguinolente et, en outre, convulsions. Chez ces animaux, ainsi que chez les lapins, la mort, qui esl due à l'arrêt du cœur, arrive pendant que l'animal est en proie à la dyspnée. Uhydrogêne m/)lybdèniè prend naissance dans les teintureries sur laine, quand l'étoffe, après impression à l'aide du molybdate de potasse, est passée à travers un bain légèrement acidulé par l'acide chlorhydrique. Chez les animaux ayant inhalé ce gaz, on trouve la muqueuse buccale irritée.
Réactions du molybdène : les solutions de molybdate de soude sont colorées en bleu par le zinc et l'acide chlorhydrique. L'acide tannique donne un précipité dont la couleur varie du brun jusqu'au rouge-brun et qui se dissout dans l'acide chlorhydrique en excès.
CÉRIUM. — Les composés de cérium provoquent chez les animaux la paralysie des ganglions et du muscle cardiaques, et il survient une gastro-entérite et une néphrite. Le sulfate de cérium, par son action toxique sur les animaux inférieurs et les plantes, agit comme les sels de plomb, mais moins énergiquément qu'eux. Voxalate de cérium^ employé en thérapeutique, manifeste parfois, comme effet secondaire fâcheux, son action irritante sur les organes que nous venons d'énumérer.
TnikXaZ, — L acétate d^urane en solution à 0,0001 p. 100 entrave l'action saccharifiante de la salive sur l'amidon; à 0,008 p. 100, il l'abolit complètement. L'influence protéolytique de la trypsine est, elle aussi, annihilée par une solution d'acétate d'urane à 0,5 p. 100 (1). Donné par la bouche à la dose de Ogr.3 à Ogr.9,
(1) Chittkndbn and Hutchinson, Studies from. the labor. of yew-Haven^ H, p. 55.
le sulfate (fur ane n'exerce aucune action sur les chiens. Vazotate (Turaney à la dose de 3gT.2 par la bouche, provoqua des vomissements fréquents et parfois amena la mort des chiens déjà à la dose de Ogr.S à 1 gr. (1). U oxyde d^urane en injections sous-cutanées s'est montré fatal à la dose de 5 milligrammes par kilo d'animal (2). L'absorption se fait dans l'estomac, l'élimination a lieu par les reins et les glandes intestinales. Les sels uraniques précipitent l'albumine et cautérisent les muqueuses vivantes. L'injection sous-cutanée provoqua de l'albuminurie et la glycosurie (3). La diurèse diminue et les troubles respiratoires éclatent. Peuvent aussi survenir d'autres symptômes morbides par résorption, qui tous indiquent que les processus d'oxydation s'accomplissent mal dans l'organisme.
Autopsie. — Gastro-entérite hémorrhagique grave, néphrite hémorrhagique, parfois hépatite et épanchements séreux dans les cavités du corps.
Recherche. — Le sulfhydrate d'ammoniaque donne avec les sels uraneux un précipité noir, et un précipité brun avec les sels uraniques ; le ferrocyanure de potassium fournit un précipité brun-clair avec les sels uraneux et un précipité rouge-brun avec les sels uraniques.
(I) Legonte, Gaz, méd. de Paru, 1854, p. 196. (i) WoROSGHiLSKY, Dorp, Arb.^ Heft 5, p. 4. (3) Cartier, Therapeutic gaz., 4891, p. T76,