PÉTROLE
observations personnelles en Pennsylvanie, et j'ai institué les premières recherches expérimentales avec le pétrole (I). Surviennent, par exemple, chez les ouvriers employés aux pompes pour extraire le pétrole : acné à tous les stades, nodules, tubercules, bulles purulentes, tumeurs, etc., pour la plupart avec une base indurée.
2. Produits de rectification du pétrole dont le point d'ébullition ne dépasse pas 150®.
a) PentanCy v. p. 477.
b) Ether de pétrole (mélange de pentane et d'hexane). Ses vapeurs ont provoqué : perte de connaissance, cyanose, nystagmus et évacuation involontaire de l'urine et des fèces. Administré à la dose de 5 gr., il donne naissance, chez les lapins, à des selles diarrhéiques contenant du pétrole (2).
c) Benzine de pétrole (mélange d'hexane et d'heptane). A la suite de 12 gr. pris à l'intérieur, la mort est survenue chez Vhomme après dix-sept heures ; elle était précédée de : perte de connaissance, trismus, météorisme, diarrhée et troubles respiratoires. Un garçon de deux ans mourut dix minute^ après avoir avalé une gorgée de benzine. Lorsque le malade va guérir ces symptômes aigus peuvent être suivis pendant quelque temps d'un état plus ou moins soporeux ou de coliques, d'albuminurie, d'hématurie et de cylindrurie. Les animaux seraient tués par 6 gr. environ ^ar kilo d'animal. Les vapeurs de benzine provoquent chez l'homme : perte de connaissance, -refroidissement et cyanose de la peau, abolition des réflexes, mydriase ou myosis, secousses musculaires, troubles respiratoires avec râles sibilants, vomissements, accélération du pouls atteignant 100 battements. L'état soporeuxpeutpersister jusqu'à vingt-quatre heures et l'engourdissement pendant une semaine. On ne rencontre que rarement des individus s'enivrant par les vapeurs de benzine de pétrole. Ce sont les hallucinations et les visions qui prédominent dans ce genre de narcotisme.
d) Ligrdine (mélange d'heptane et d'octane). 11 agit comme Téther de pétrole.
(1) L. Lbwin, Arch. f. pathol, AnaL, Bd CXII, 1888.
(2) L. LiEwiN, /. c.
3. Pétrole à brûler (point d'ébullition : 150 à 250<>), huile minérale. Ingéré à des doses allant jusqu'à 750 gr. (on Ta pris pour une autre boisson, tentative de suicide, d'homicide par empoisonnement, etc.), il n'a que très rarement amené la mort. •Ce sont quelques petits enfants que l'on a vu succomber dans ces conditions. Les animaux peuvent aussi être empoisonnés par le pétrole. La dose léthale est de 6 cent. cub. par kilo de chien, tandis que 4 cent. cub. ne produisent que vomissements et diarrhée. Une onction sur la peau, pratiquée sur plusieurs chevaux atteints de gale, avec 1 kilo 5 de pétrole, a provoqué la mort de ceux qui furent atteints de paralysie, tandis que les autres éprouvèrent seulement quelques symptômes d'excitation nerveuse. L'intoxication chez l'homme se présente sous deux formes :
a) Forme gastrique: sensation de brûlure, soif, vomissements, coliques et selles diarrhéiques sentant le pétrole, ictère, miction douloureuse, haleine dégageant l'odeur du pétrole, ainsi que le fait la peau. L'urine contient de l'albumine, des cylindres et, à ce que l'on prétend, du pétrole. Cette dernière affirmation est fausse : le pétrole trouvé provenait de l'intestin des femmes intoxiquées (1).
b) La forme cérébrale se caractérise par: engourdissement, céphalée, vertige, pouls petit, parfois accéléré, respiration normale ou haletante, collapsus, myosis ou mydriase, perte de connaissance; plus rarement, stupeur ou convulsions. Chez les matelots déchargeant des tonneaux de pétrole, on a observé de l'excitation suivie de narcose. La forme gastrique survient en cas de prédominance ^ dans le pétrole^ des parties constituantes à température débullition élevée; la forme cérébrale s'observe toutes les fois que prédominent les parties constituantes à tempe-rature d'ébullition basse. J'ai trouvé dans l'urine des animaux intoxiqués de l'albumine, mais jamais de pétrole; en revanche, j'y ai décelé un corps précipitant par l'acide azotique, soluble sous l'influence de la chaleur et dans l'éther.
4. Huile volcanique^ huile lourde (point d'ébullition au-dessus de 250**). Une femme, qui absorba une demi-tasse d'huile lourde, fut atteinte de gastralgies, de vomissements, d'hématémèses ; la
(1) L. Lewin, /. c.
DÉRlVlfS DE LA BENZINE 487
•langue devînt rouge, les pupilles étaient inégales, réagissaient paresseusement, le pouls monta à 120 et les selles sanguinolentes contenaient de la paraffine. Guérison.
Il y a des individus qui boivent le pétrole ou l'huile lourde à la place d'alcool.
Uhuîle à armes provenant des résidus de la fabrication du pétrole, a provoqué de nombreux cas de maladie sous forme de cholérine (1).
Uhuile à pain employée pour la panification, peut aussi donner naissance à des troubles gastro-entériques et, ainsi qu'il résulte de mes recherches sur le pétrole, secondairement à des phénomènes d'intoxication générale.
La PARAFFINE produirait assez souvent sur la peau et les muqueuses des carcinomes (cancer des ramoneurs).
[Certains auteurs ont attribué à la présence de composés arsenicaux dans la suie la production du cancer des ramoneurs. Il est fort probable que plusieurs causes différentes concourent à cette production].
L'huile de vaseune injectée sous la peau des lapins provoque chez eux des troubles cardiaques, respiratoires et moteurs.
Traitement. — En cas de nécessité : respiration artificielle, friction des extrémités; ou bien saignée, stimulants, vomitifs et purgatifs, lavements à l'eau chaude, entéroclysmes poussés aussi haut que possible dans l'intestin, émulsions et bains de vapeur.