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LILIACÉES SCILLA

sent; les chevaux se mordent eux-mêmes; un mucus vert-jaunâtre s'écoule du nez, et l'urine serait colorée en vert. Les moutons meurent après trois jours ; les chevaux, après huit jours. Le B. semiharhata (Haw.) ajçit de même.

he Chlorogalum po7neridianum{KvmH) contient unesaponine.

Les baies de Dianella intermedia (Endl.) auraient provoqué chez l'homme des empoisonnements graves. Le Z). nemorosa Lam.) serait employé par les Malais du Malacca pour empoisonner les rats.

Allium sativum (L.). L'ail et d'autres espèces A'Allium irritent la peau et les muqueuses, même jusqu'à vésication. Le jus d'ail à doses très élevées ou l'ingestion de quatre bulbes peuvent, après absorption, provoquer des phénomènes d'intoxication grave : sensation de, brûlure intense à l'hypogastre, besoin impérieux d'uriner, cystite, fièvre.

SCILLA. — Scilla maritima (L.) [Urginea Scilla (Steinh.)]. La Squille rouge dont les parties constituantes sont : sgillitoxike(1) (glucoside Scillaïné) (2) et sgillipigrine, a provoqué des empoisonnements qui peuvent même être mortels si le bulbe pulvérisé est administré à la dose de I gr. ou de une cuillerée à soupe, ou l'extrait à la dose de 6 gr., ou à la suite de l'absorption du sirop de scilleàdoses élevées (20 à 30 gr.). La Scillilo^ œine^ à la dose de Omilligr. 5, tue les grenouilles par arrêt du cœur en systole. La mort des chiens et des lapins a lieu à la suite de Ogr.l à Ogr.5. La Scillipicrine arrête le cœur en diastole. Le jus des bulbes provoque à la peau de l'inflammation. Je considère comme inexact d'en rendre responsables les rhaphides qui s'enfonceraient dans la peau et l'épithélium des muqueuses (3). Les animaux ayant reçu de la scille sont atteints de : vomissements, tremblements, raideur, accélération de la respiration, ra-

(1) Mœller, Ueb, Scillipicrin, etc,^ Gôltinefen, 1878.

(2) Jarmerstedt, Arch. /*. exp, Path. u. Pharm., Bd XI, p. 22.

(3) Lewin, Deutsche med. Wochenschr, 1900, n"* 15 et 16,

lentissemeni du pouls, dyspnée, et, le cas échéant^ la mort, par arrêt de la respiration, est précédée d'arrêt du cœur en systole et d'élévation de la température (1).

Symptômes chez Thomme : nausées, vomissements, coliques, strangurie, hématurie, refroidissement des extrémités, cyanose (2), accélération de la respiration, petitesse du pouls et convulsions. Dans un cas, on a trouvé à l'autopsie une gastrite.

Traitement. — Enlèvement du poison, émollients, camphre, café.

[La différence considérable de toxicité que Ton observe entre la sciilc fraîche (Scillitoxine) et la scille desséchée (Scillaïne) est le plus remarquable exemple des différences de propriétés physiolog-iques que les conditions physiques déterminent chez les Saponines. Peut-être la Scillitoxine extraite de la scille fraîche et possédant les propriétés nécrosantes deSk^a/)oni7te;s les plus actives diffèret-elle par sa composition de la Scillaïne qu'on peut retirer des scillcs sèches et dont les propriétés se rapprochent davantag-e de celles de la dig^italine. Mes observations tendraient, en effet, à me faire admettre l'intervention , dans tous ces produits frais, c'est-à-dire non encore soumis à aucune réaction physique ou chinique, d'une ou de plusieurs albumoses éminemment altérables dont Faction propre viendrait compliquer celle de la Saponinc ; cela expliquerait, eo même temps, l'intensité et la gravité des accidents que réalise l'inoculation de la scillitoxine par l'intermédiaire des raphides avec les bulbes frais, ainsi que l'ébranlement profond et durable du système nerveux qui est consécutif à ces intoxications.

Dans tous les cas, l'action violemment toxique de la scille fraîche est un fait bien avéré ; et Ton rapporte même qu'en Afrique des champs entiers contenant celte plante sont laissés intacts par les animaux, les chameaux qui broutent les herbes les plus coriaces ne se laissent pas séduire par la luxuriante vég-étalioa des champs de scille.

Un individu fit macérer pendant quarante-huit heures 15 gr. de scille sèche dans 280 centimètres cubes de vin blanc et ingéra en une seule fois la moitié du liquide, ce qui représente à peu près 5 gr. d'extrait. Il éprouva bientôt après des nausées, de violentes tranchées, un malaise des plus pénibles. Après vingtquatre heures, on constata un abaissement notable de la température, les extrémités étaient froides, le pouls petit et fuyant ; et la mort se produisit dans le courant du deuxième jour. A l'autopsie, on trouva des ecchymoses et du sphacèle de la muqueuse intestinale, ainsi que des ecchymoses sous-péricardiques.

(1) HusEMANN, Arch, /*. e.rp. Path, u. Pharm., 4876, BJ V, p. 253.

(2) Ther. Gaz., 188G, p. 788.

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■La scille renferme encore, comme substances actives : Scillipicrine, substance résineuse colorée, surtout diurétique, et Scilline douée de propriétés émétocathartiques (i).J

L'action à'Oimithogalum altissimum (L.) et d'O. caudalum (Jacq.) ressemble à celle de la scille.

Frilillaria imperialis (L.). Le bulbe de fritillaire possède une odeur désagréable et une saveur brûlante. L'administration du bulbe ou de son suc provoque chez les chiens : vomissements, tremblements, secousses et la mort. Elle est aussi vénéneuse pour rhomme. La période de végétation semble exercer une influence sur la toxicité.

Toutes les parties de Tulipa Gesyiei'iana (L.) contiennent l'alcaloïde TULIPINE. Il provoque du ptyalisme, agit sur le bulbe et les nerfs sensitifs, est un poison musculaire et arrête le cœur de la grenouille en systole.

COLCHICUM AUTUMNALE (L.). — Le colchique d'automne {TuechisHy Faux Safran)^ vénéneux dans toutes ses parties, contient la GOLGHIGINE, non basique, cristalline, qui se trouve surtout dans la racine bulbeuse, active avant les fleurs, et dans les semences. L'OXYDICOLGHIGINE active, qui se trouve dans les préparations galéniques de colchicine, peut se former à ses dépens, par oxydation, aussi dans l'organisme animal. La colchicine, en sedédoublant, donne naissance à la colghicéinb, qui estl'élher méthylique de la colchicine. Au point de vue qualitatif, ces trois produits agissent d'une manière identique. Les empoisonnements par le colchique et ses préparations pharftiaceutiques ont pourcauses : ingestion des semences mùreset non mûres(2), des fruits (3) ou des feuilles préparées en salade avec du vinaigre (4)

(1) Consulter : G. Pouchet, Scille et Saponaires. Etude pharmacologique, Bulletin général de thérapeutique y t. CXXXV, 1898, p. 193.

(2) Werner, Wûrt, med. Correspondentbl., 1884, p. 269.

(3) Hafner, Wart, med, Correspondenzbl.y 1855, n* 44.

(4) Tartarin, Gaz, des hôp,, 1881, n- 54. p. 427.

et des fleurs, confusion avec d'autres préparations (teinture de colchique aux lieu et place du vin de quinquina, colchicine au lieu de cotoïne) (1), à plusieurs reprises suicide (absorption de la teinture de la racine) (2), emploi thérapeutique impropre, fleurs bouillies dans du lait comme purgatif (3), ou décodions par trop concentrées des semences). Les tubes des calices avecle torus (réceptacle de la fleur), les styles et les étamines sont, eux aussi, si riches en poison que, dans un cas, leur manipulation a permis aux doigts d'en déposer assez sur une tartine pour provoquer un empoisonnement. Le lait des chèvres et des moutons ayant mangé la plante serait toxique. Le Safran des près peut provoquer chez les vaches : salivation, coliques, diarrhée sanguinolente, tremblement et faiblesse des membres. Néanmoins j'ai observé, sur les prés des Alpes, de vieilles vaches mangeant, sans inconvénient aucun, de grandes quantités de Tue-chien; peut-être cette immunité est-elle due à l'accoutumance?

La colchicine est douée d'effets cumulatifs. La mort est amenée par 60 gr. de feuilles, ou une cuillerée à soupe de décoction des semences; XIV gouttes de teinture de semences ont provoqué une fois l'intoxication, tandis que, dans un autre cas, la guérison fut encore obtenue après 30 gr. (il est vrai qu'une fois la même dose a amené la mort). Le vin de colchique a provoqué la mort à la dose de 14 à 60 gr., tandis que la guérison est survenue après 12, 20 et même 30 gr. L'extrait a tué des adultes en ayant pris lgr.5, et même Ogr.66 en trois fois, et une jeune fille est morte après avoir mangé trois fleurs. Prise à l'intérieur à la dose de Ogr.Ol, la Colchicine du commerceproduit des empoisonnements. La guérison fut encore obtenue chez un sujet en ayant ingéré Ogr.045 ; et une femme mourut, en cinquante-deux heures, après l'ingestion de Ogr.4, pris en deux fois (4). En cas d'introduction dans l'estomac, la dose léthale pourrait être évaluée h Ogr.00125 par kilo d'animal. La mortalité est, dans les cmpoi-

(1) Roux, L'Un, méd,, 4855, no 36.

(2) Gaffe, Frank's, Magat., l, p. 453.

(3) Vo«r, Pharmakodyn., Bd II, p. 278.

(4) Casati, An. di Chim., 4890, p. 469.

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sonnements par la colchicine, de 90 p. 100 environ. Ce sont les animaux à sang froid qui résistent le plus au poison, les carnivores y succombent plus facilement que les herbivores. La dose léthale de colchicine du commerce est, pour les grenouilles, de Ogr.OOo à 0gr.02, mais la colchicine pure serait tolérée par elles encore à la dose de Ogr.06 à Ogr.l (1); elle tue les lapins, en cinq à douze heures, à la dose de Ogr.02; les chiens succombent en quinze heures à Ogr.l (2).

Les premiers symptômes toxiques se montrent rarement chez l'homme immédiatement après son administration; dans la plupart des cas, ils ne surviennent que dans l'espace de cinq à six heures. La mort a lieu entre sept heures (3) et un jour et demi ; dans des cas très rares, plus tard encore. L'absorption de la colchicine s'effectue très lentement par les muqueuses ; chez les animaux elle aurait lieu aussi après frictions cutanées. L'élimination se fait par l'urine, les fèces et le lait. La colchicine provoque à la bouche et au pharynx une sensation de brûlure. ' L'injection sous-cutanée, outre la sensation de brûlure, donne naissance à une dermatite locale avec tuméfactions et douleurs. L'injection de colchicine est suivie, chez les animaux, d'élévation de la pression sanguine qui finit par s'abaisser vers la terminaison de l'empoisonnement (4) ; le cœur se ralentit (excitation du pneumogastrique) (5). Surviennent aussi : accélération du pouls et arythmie cardiaque, tandis que la respiration s'éteint graduellement par suite de la paralysie du centre respiratoire. Les appareils nerveux logés dans les parois intestinales sont excités, d'où phénomènes de gastro-entérite. Les lésions des muscles striés sont identiques avec celles causées par la vératrine ; il y a paralysie des terminaisons périphériques des nerfs sensitifs, ainsi que des centres moteurs bulbaires et spinaux. Le cœur continue à battre longtemps après la mort, môme chez les animaux à sang chaud.

(1) Jacoby, Arch. f. exp, Path. w. Pharm., Bd XXVH, p. i25.

(2) RossBAGH, Wûrzb, pharmak. Unters,, 4876, II, p. 1.

(3) Tatlor, Die Gifte (trad. aUem. par Seydeleh), Bd II, p. 540.

(4) Aronowitz, Ueber Colchicin, Wûrzburg, 4876.

(5) Schaitanow, IhèMe de Saint-Pétersbourg, 4869.

Toxicologie. 55

Sjrmptômes. — L'empoisonnement parlacolchicine ressemble souvent au choléra. Ont été observés, diversement combinés : vomituritions, sensation de brûlure dans les premières voies digestives, vomissements, soif, parfois aussi dysphagie, douleurs lancinantes à l'estomac et à l'abdomen rétracté ; ténesmeel selles riziformes, muqueuses ou sanguinolentes ; angoisse précordiale, sensation de constriction à la poitrine et douleurs, par ex., dans la région sus-orbitaire, au dos, aux bras et aux jambes. Dans le cours ultérieur de l'empoisonnement surviennent, accompagnés la plupart du temps de vomissements et de diarrhée : pâleur et amaigrissement de la face, prostration générale, refroidissement et cyanose des membres, souvent mydriase et petitesse du pouls avec ralentissement, très rarement accélération, mais arythmie, parfois exanthème rouge, scarlatiniforme, augmentation ou diminution de la diurèse et besoin impérieux d'uriner. S'y associent : tremblements et secousses, surtout à la face, aux bras, aux jambes, mais aussi secousses cloniques et toniques du tronc (elles peuvent être persistantes ou éclater par accès) et respiration geignante, dyspnéique. Quant aux tressautements des tendons, aux troubles de la parole, aux vertiges, à l'engourdissement, au sommeil profond et au délire, ils ne se rencontrent que rarement. La conscience reste presque toujours intacte jusqu'à peu de temps avant l'arrivée de la mort. Dans les cas; à marche favorable, les convulsions cessent petit à petit, tandis que les vomissements, la diarrhée et la soif ardente peuvent persister encore deux à quatre jours. Les forces augmentent graduellement, et la guérison a lieu dans l'espace de cinq à huit jours. Les rechutes avec issue fatale surviennent parfois encore après un à deux mois. Dans un cas semblable, des stries cornéennes apparurent le troisième jour de l'empoisonnement et une cataracte capsulaire ensuite; après disparition de ces manifestations, les jointures se mirent à se tuméfier.

Autopsie. — Chez les animaux empoisonnés par la colchicine, on a trouvé des hémorrhagies poncti formes ou en stries dans l'estomac et l'intestin au-dessous du pylore et au passage de l'iléon dans le gros intestin, soit des ulcérations dans le duodénum. On peut aussi rencontrer des hémorrhagies dans la

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plèvre, le péricarde et le péritoine (1). On a constaté une néphrite parenchymateuse. On n'a rien trouvé chez les personnes empoisonnées par la colchicine. Ce n'est que dans quelques cas que l'on a noté des ecchymoses sous-muqueuses dans l'estomac, le tractus intestinal étant demeuré intact, ou la tuméfaction des glandes intestinales (2).

Recherche. — Seront utilisés pour la découverte de la colchicine : urine, sang-, lait, matières vomies, contenu gastro-intestinal, ainsi que reins et vessie (3). La colchicine résiste à la putréfaction pendant trois mois environ. Il sera souvent possible de trouver encore des parties de la plante dans les matières vomies ou le contenu gastro-intestinal. L'éther, le chloroforme ou Talcool amylique enlèvent la colchicine et l'oxydicolchicine à leurs solutions acides. La colchicine additionnée d'acide azotique, ou d'acide sulfurique concentré et de 1 goutte d'acide azotique, se colore en bleu-violet ne tardant pas à passer au brun et au jaune et, après addition de potasse caustique, au rouge sang framboise (4). Traitée par l'acide azotique, elle dégage une odeur rappelant celle du cuir de. Russie.

Traitement. — Lait chaud, tisane d'avoine, morceaux de glace. On peut appliquer à la région épigastrique : sinapismes, ou bien sangsues ou ventouses scarifiées, compresses chaudes et humides sur le ventre, et administrer à l'intérieur : opiacés, extrait de belladone et excitants. Ce qui importe le plus pour moi, ce sont les diurétiques (tartrate borico-potassique)(5).

Le Chamœlirium luteimi (A. Gray) contient de la saponine (chamaelirine).

La racine de Gloriosa siiperha (L.) possède une saveur acre et

(1) Paschkis, Wien. med. Jahrb.. 1883, p. 258.

(2) Andreae, Preus, Vereinszeit., 4834, p. i35.

(3) Obolonski VUrteljahrsschr, f. ger. Med. i888, Bd XLVIII, p. 105. (A) Wardbn, Pharm. Journ, a. Transact., 1880.

(5) Consulter également : Brouaiidel, Pouchet, Ogier, Accusation d'intoxication par la colchicine. Affaire Kibout. Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 3e série, t. XV, p. 230, 1886.

d'une amerlunie nauséabonde; elle est toxique et agit comme drastique. La substance amère qui y est contenue, la supbrbihe (identique avec la scillitoxine ?) tue un chat à la dose de OgT.047 (I). On a décrit plusieurs cas d'empoisonnement mortel chez l'homme. Les symptômes consistaient en : vomissements, convulsions et douleurs.

Le Trillium pendulum (Willd.), le T. erectum (L.) et d'autres espèces contiennent un principe produisant une irritation locale intense qui, entre autres, provoque des vomissements. Us renfermeraient des glucosides et des alcaloïdes. L'extrait aqueux parait agir à la manière de la digitale.

La parisette (Paris quadri folio) (L.) contient les glucosides PARiDiNE et PARISTYPHNINE. Toutcs Ics parties de la plante sont vénéneuses, mais surtout les feuilles ; les semences mûres seraient seules non-vénéneuses. La paridine (Parilline) agit à la manière de la saponine. Outre la céphalée et le vertige, on a décrit depuis l'antiquité les symptômes toxiques que voici : gastralgies, vomissements, coliques et diarrhée (2).

Le P. ohovata (LEDEB.)et le P. polyphylla (Sm.) sont, eux aussi, considérés comme étant doués de propriétés irritantes locales et narcotiques.

SABADILLA OFPICINARUM (Brandt). — La cévadille [Schœnocaulon officinale (A. Gr.), Asagrœa officinalis (Lindl.), Herbe aux poux ^ Petite orge'] rapportée parfois, à tort, au genre VeratrurHy contient un alcaloïde cristallin, la vératrine (Cevadine) qui possède encore deux modifications amorphes, peutêtre isomères avec elle, mais en tout cas identiques avec elle au point de vue toxicologique. L'acide vératrique non-toxique contenu dans la cévadille donne naissance, en se décomposant, au vératrol, diméthylpyrocatéchine [C^H^OGH')*], provoquant,

(1) VVarden, Pharm. Journ and Transact, 1880.

(2) ScuROFF, Histor, Stud. ûber Paris quadr., 4890.

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d'après Vermerscîh, un étal ressemblant à l'ivresse auquel succèdent des paralysies. Les empoisonnements par la vératrine ont eu pour causes : accidents (absorption de vinaigre contenant de la vératrine), emploi thérapeutique de la vératrine à doses par trop élevées, usage externe de la poudre de cévadille contre la vermine et la gale, et enfin on l'a prise pour d'autres substances. La guérison est survenue dans la majorité des cas ; la mortalité est peu élevée. Les empoisonnements peuvent survenir à la suite de 1 gr. environ de poudre de cévadille ou de Ogr.OOQ de vératrine. La guérison fut encore obtenue même après l'ingestion de 0gr.06 de vératrine. Les chiens périssent à la suite de Ogr.2 environ.

La vératrine est absorbée aussi par la peau (les frictions avec l'onguent vératrine ont parfois été suivies de phénomènes généraux) (I), et s'élimine en partie par l'urine. Les vomissements et la diarrhée survenant aussi après l'injection souscutanée de vératrine, il est probable qu'une partie de la vératrine introduite de la sorte s'élimine par l'estomac et l'intestin. Les frictions de la peau avec l'onguent vératrine ou la solution alcoolique de vératrine, provoquent : sensation de brûlure et de picotement, ordinairement sans inflammation, rarement rougeur fugace ou éruption varicelloïde. Sur les muqueuses on voit survenir : sensation de raclement et de brûlure, phénomènes d'irritation, par exemple, éternuement, larmoiement, etc. Chez les animaux, les nerfs moteurs sont paralysés à un moindre degré que les nerfs secrétoires et sensitifs (ces deux derniers présentent une hyperesthésie transitoire). Lorsqu'on excite les muscles striés de la grenouille, il se contractent comme à l'état normal, mais ne reprennent que très lentement leur longueur initiale. Le même eff'et se manifeste sur le cœur par le passage lent de la systole à la diastole. Les doses élevées paralysent le cœur, par suite de l'influence exercée par elles sur les centres du cœur et le myocarde. La pression sanguine et la température s'abaissent, il survient de la glycosurie (2), et la mort a lieu, vraisemblablement, par paralysie du centre respiratoire.

(1) FoRGKE, PhysMher, Unters, ub. Vevatrin, 1837, p. 2i.

(2) LÉPiNB, C. II. de la Soc. de Biot., 1892, IV, p. 544.

Symptômes de rempoisonnement par la cévadille ou la vératrine chez l'homme. — Parfois luraéfaclion de la langpue, la plupart du temps sensation de raclement et de brûlure depuis la bouche jusqu'à l'estomac, soif, sensation de constriction au pharynx, ptyalisme et vomissements qui, dans des cas rares, ne surviennent qu'après deux à huit heures, coliques avec selles aqueuses, parfois aussi muco-sang-uinolentes et ténesme. La diminution de la diurèse est suivie de strangurie. L'empoisonnement débute parfois par le ralentissement et l'affaiblissement du pouls. Surviennent ensuite : collapsus avec vertiges et obnubilation de la vision, prostration, et arythmie du pouls persistant souvent pendant des jours entiers. En cas de collapsus g-rave, il peut y avoir perte de connaissance et, en son absence, tremblements, secousses et délire. La poudre de cévadille employée comme diapasme sur le cuir chevelu, a parfois provoqué des empoisonnements avec mort survenant au milieu des convulsions.

La guérison peut avoir lieu dans l'espace de vingt-quatre heures, mais on peut voir encore persister pendant plusieurs jours : céphalée et lourdeur de tête, de même qu'anesthésie sur diverses parties du corps; quant aux taches ressemblant aux piqûres de puces, elles n'apparaissent que rarement.

Autopsie. — On trouve parfois chez les animaux empoisonnés par la vératrine : hyperémie de Tintestin, parfois aussi ulcères de la muqueuse duodénale.

Recherche. — On recherchera la vératrine dans : urine, sang, contenu gastro-intestinal, matières vomies et muscles. L'alcaloïde qui, à des doses atteignant la dose quotidienne maxinia, n'est pas altéré par les moisissures, est enlevé par le chloroforme à une solution légèrement acide. Bouillie avec l'acide chlorhydrique, la vératrine rougit; l'acide sulfurique la colore en jaune en passant graduellement au rouge-cerise. La solution jaune estelle triturée avec du sucre de canne, le liquide devient vert, ensuite bleu foncé. On peut remplacer le sucre de canne par une solution de furfurol et de l'acide sulfurique. On instituera aussi des expériences sur les grenouilles.

Traitement. — Evacuation du poison, notamment à l'aide des

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diurétiques, opium à rinlérieur; injections sous-cutanées de : teinture de musc, solution de caféine dans le benzoate de soude, etc. ; enfin atropine ou même chloroformisation contre les convulsions.

VERATRUM ALBUM (L.). — Outre la JERVINE toxique et des alcaloïdes sans importance aucune, le varaire blanc {Hellébore blanc)j ainsi que le V. Viride (Ait.) (Hellébore vert)y le V. ni-grum (L.) (Hellébore noir) et d'autres espèces contiennent la PROTOVËRATRINE (1) qui en est la partie constituante la plus active. Les empoisonnements par cette plante ont eu pour causes : méprises (2) (racine prise pour la racine de galang-a, de cumin, etc., ou teinture de veratrum prise pour la teinture de valériane), administration de la poudre de varaire dans un but d'homicide (3), et emploi thérapeutique de la teinture à des doses par trop élevées (4). La mort est survenue à la suite de l'ingestion de 1 à 2gr. de racine pulvérisée de varaire blanc; mais, d'autre part, la guérison fut encore obtenue après 15gr. de racine et même après une infusion de 60gr. de racine. A part la courbe musculaire qui reste normale, l'action de la protové^ ralrine est identique avec celle de la vératrine. Mais elle est pour les grenouilles environ cinq fois plus toxique que la vératrine cristalline, et pour les lapins (Omilligr.l par kilo d'animal) environ vingt-cinq fois. Elle agit comme anesthésique local et paralyse le pneumogastrique. Les animaux à sang chaud sont atteints de dyspnée et de salivation, les lapins, souvent, de convulsions et, en cas d'empoisonnement grave, de glycosurie ; les animaux à sang froid, principalement de paralysies (5). La jervine provoque : secousses fibrillaires, faiblesse musculaire et secousses clonico-toniques persistant jusqu'à ce que la mort s'ensuive par paralysie des muscles respiratoires. L'é-

(1) Salzberger, Arch,d. Pharm,, 4890, Bd CCXXVIII, p. 462.

(2) Arch, f. med, Erfahrungen., Bd XXVHl, p. 1002; — Wagner, Rmfs Magaz., Bd XIV, p. 547; — Hager, Untersuch., 1871, II, p. 205.

(3) NiVET et GiRAUD, Gas. hebdom., 1861, no 31, 2 août, p. 499.

(4) Fleiscumann, Prag. med. Wochenschr., 1876, p. 189.

(5) Watts Eden, Arch. f. exp, Path. u. Pharm,, Bd XXIX, p. 440.

iiergie cardiaque, affaiblie d'abord, se relève dans les derniers stades de rempoisonnement (1). La vératroïdinb est probablement identique avec la protovératrine.

Les symptômes de Tempoisonnement par le veratrum album oo ses préparations galéniques sont très analogues à ceux provoqués par la vératrine : sensation de brûlure dans les premières voies digestives, vomissements, diarrhée, impossibilité d'avaler, besoin impérieux d'uriner, coUapsus avec ou sans perte de connaissance, insensibilité, vertiges, paralysie des extrémités ou encore convulsions légères. Le traitement serait le même que pour l'empoisonnement par la vératrine.

Le Zygadenus venenosus (S. Wats.) agit comme le colchique et provoque de la diarrhée chez les chevaux.

V Amianthium muscœtoxicum (A. Gray) sert de mort aux mouches.

[Nos connaissances actuelles sur la nature des principes actifs des Veratrum$ et du Schœnocaulon sont encore incertaines. La Vératriney à laquelle on a attribué la formule G^H^^AzO^, parait un principe bien défini. Il en est de môme pour la Jervine dont la formule serait G^^H^^AzO^. La vératrine brute des drog'ueries est assez constante comme action et constitue un produit dans lequel prédomine la vératrine.

Il existe, sur beaucoup de points, une très étroite ressemblance entre raction physiolog-ique de cette vératrine brute et celle de la dig-italine brute, comme d'ailleurs entre l'action des varaires et celle des digitales. Dans Tun comme dans l'autre cas, la toxicité des principes actifs à l'état brut est notablement plus considérable que celle des principes purifiés et mieux définis chimiquement. Il existe certainement dans ces plantes des substances facilement altérables et encore inconnues qui sont éliminées au cours des manipulations effectuées pour séparer et purifier les principes actifs mieux connus. Je me suis déjà expliqué à ce sujet à propos de la digitale (voir p. 785).

Il existe môme des différences d'action toxique, de degré pourrait-on dire, entre les diverses espèces de Veratrum. Le V. album est plutôt paralysant, le V. nigrum plutôt convulsivant, émétique, déterminant une moindre hypercrinie et moins constamment drastique. Le V. viride (Indian Po/ce aux Etats- Unis) se rapproche plus du V. album, ses effets sur le tube digestif sont moin-

(1) WooD, Am. Journ. of med. Scienc, v. GXVII, p. 36.

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dres aÎDsi que sa toxicité ; tandis que sou action dépressive sur la respiration, * la circulation et la température est très accentuée : c'est Tespèce la plus riche en Jervine. La Cévadille manifeste la plus énerg'ique toxicité, ce qui est en rapport avec sa richesse plus considérable en Vératrine. L'action éméto-cathartique et l'excitation sécrétoire sont beaucoup moins marquées avec les alcaloïdes (et cela d'autant moins que leur pureté est plus grande) qu'avec les plantes qui les renferment. La toxicité de la racine de V.album ou nigrtim n'est pas sensiblement diminuée par la dessiccation, et l'on assure môme que la plante peut contaminer le'foin en séchant. Un g'ramme de la racine fraîche par kilo d'animal suffit pour tuer un cheval et 2 gr, par kilo pour faire périr les ruminants.

Les manifestations g'astro-intestinales qui dominent la scène toxique lorsque les plantes sont absorbées en nature sont assez atténuées lorsqu'il s'ag'it de l'absorption des alcaloïdes. Une quantité de 3 àS milligr. d'acétate de vératrine détermine: verlig-es, obnubilation visuelle, sentiment de faiblesse {îÇ'énéraie et d'affaissement, accélération cardiaque bientôt suivie de ralentissement, faiblesse et irrég'ularités du pouls, nausées, vomissements, coliques, diarrhée, pâleur, refroidissement, et hoquet spasmodique durant parfois pendant plusieurs jours. Lorsque l'intoxication doit avoir une issue fatale, les mouvements respiratoires deviennent rares et pénibles,Jc pouls lent et extrêmement irrégulier, la température s'abaisse énormément, l'individu est en proie à une céphalée violente avec dilatation pupillaire, on observe des spasmes musculaires erratiques, des lipothymies, le pouls devient imperceptible, le sujet tombe dans le collapsus et la mort arrive précédée de syncopes. Pendant tout ce temps, l'intelligence est conservée.

De tout temps, les propriétés toxiques des Veratrums ont été connues et sig-nalées. Lucrèce dans son poème t De reimm naturâ » signale à la fois celte action toxique et l'immunité dont jouissent à son égard la chèvre et la caille M ATTHioLE rapporte que les animaux blessés avec des flèches imprégnées du suc de ces plantes périssent rapidement. Vicat, dans son « Histoire des plantes vénéneuses de la Suisse », cite l'observation suivante qui montre l'énergie toxique du V, album. Un tailleur, sa femme, ses enfants et ses ouvriers mang'èrent de la soupe dans laquelle on avait mis par mégarde de la poudre d'hellébore blancau lieu de poivre. Peu de temps après, iisfurenttous atteints d'accidents sérieux caractérisés par un état lipothymique durant lequel leur tégument se couvrait d'une sueur glaciale, leur faiblesse était extrême, leur pouls insensible, ils semblaient complètement privés de sentiment. Les enfants commencèrent, après de violents efforts, à vomir copieusement ; puis ce même phénomène se montra chez les autres malades. Ces vomissements furent favorisés par l'administration d'un mélange d'eau tiède et d'huile, suivie de l'ingestion de thé de mauve avec du miel. Quelques heures après, tous les malades se trouvaient assez bien, ne ressentant plus qu'une grande faiblesse accompagnée de parésie et de tremblements des membres inférieurs.

On a rapporté également un certain nombre de cas d'intoxication causés

par la Cévadille employée inconsidérémeut comme aothelminthique, et ron a môme relaté des exemples d'intoxication mortelle chez des brebis /galeuses dont on avait frotté la peau avec une pommade composée de beurre et de suc d'hel- Jébore. Murray cite Texemple d'un jeune homme qui perdit la raison pendant quelques jours après avoir saupoudré sa tète avec une grande quantité de cévadille. On a noté aussi des vomissements violents provoqués par lemploi de poudre de racine d'hellébore ou de poudre de graines de cévadille employées topiquement pour la destruction de la vermine. L'action irritante exercée parla plante en nature sur le tégument cutané détermine l'absorption du principe actif qui s'élimine ensuite par la muqueuse gastro-intestinale en provoquant ses manifestations habituelles, c'est-à-dire les vomissements et la diarrhée. J'ai déjà fait remarquer que l'action éméto-cathartique de la plante entière était notablement plus énergique que celle des principes actifs.

En plus de son action topique fortement irritante, presque caustique, déterminant une irritation violente de la muqueuse du tube digestif qui se traduit par des vomissements et une superpurgation, la Vératrine exerce encore une action énergique sur les systèmes musculaire et nerveux. Tous les animaux sont sensibles à son action : 5 à 10 milligrammes constituent une dose toxique pour rhomme et la plupart des mammifères supérieurs. L'alcaloïde agit, presque sans exception, sur les terminaisons périphériques de tous les nerfs sensitifs, moteurs, secrétoires, et notamment sur les régions du système nerveux central situées dans la moelle allongée. L'excitation du début, particulièrement intense sur les extrémités périphériques des nerfs sensitifs et se révélant par l'apparitibn de : éternûments, toux, picotements, démangeaisons, brûlures, etc., fait bientôt place à de la paralysie. De môme, après une phase passagère d'excitation, le nombre des mouvements respiratoires et cardiaques subit une notable diminution. On remarque un abaissement considérable de l'activité cardiaque et une vaso-dilatation intense par suite de la paralysie des centres vaso-moteurs. Cet affaiblissement des grandes fonctions cardiaque et respiratoire entraîne comme conséquence un abaissement, quelquefois considérable, de la température.

Une grande part dans les modifications causées par la Vératrine sur le coeur et la respiration doit ôtre attribuée à l'influence élective exercée par ce poison sur le muscle. Chez les animaux à sang froid, la grenouille notamment, le tracé de la courbe de contraction musculaire est tout particulièrement remarquable et revôt une importance primordiale au point de vue du diagnostic delà substance toxique. La période d'excitation latente et la forme ainsi que l'amplitude de la courbe ascendante restent normales ; mais la courbe descendante, la période de retour est de quarante à soixante fois plus longue que normalement.

Il s'agit ici d'une lenteur dans la décontraction et non pas de tétanos du muscle ; en eflPet, on n'observe pas de contraction induite de la patte galvanoscopiquc, celte sorte de contracture se produit malgré la section delà moelle, ou celle de tous les nerfs moteurs, ou la paralysie de la substance unissante des

LILIACÉES VERATRUMS 87S

plaques motrices terminales intra- musculaires par le curare. Au contraire, aucune modification de la courbe normale ne se produit sur les muscles d'une patte de grenouille préparée suivant le procédé de Claude Bernard, c'est-àdire isolée par une ligature de toutes les parties molles de la cuisse sauf le nerf sciatique. Il s'ag^it donc bien d'une action élective sur la fibre musculaire et non d'aune action se produisant par l'intermédiaire du système nerveux.

Sous l'influence d'excitations à courts intervalles, la courbe perd ces caractères et la forme des secousses se rapproche de la normale. La courbe caractéristique de la vératrine réapparaît par le repos. Sous l'influence d'excitations très rapprochées, il se produit du tétanos, une contraction nouvelle étant déterminée avant la fin de la précédente. Il existe empalement, comme je l'ai démontré pour certains alcaloïdes de la putréfaction, des substances capables d'entraver plus ou moins complètement cette action de la vératrine sur l'élément musculaire (i). Sous l'influence delà Yérairine^ les contractions musculaires sont plus énerg-iques ; et un muscle épuisé par des excitations successives très fréquentes se rétablit et se contracte plus énerg-iquement qu'auparavant, mais cette phase est passag-ère. On a même prétendu, mais sans que ce fait soit établi sur des i)ases certaines, que la contraction musculaire vératrique produirait une quantité de chaleur plus considérable que la contraction musculaire normale.

Chez la g-renouille, 0 millig-r. 05 suffit pour provoquer une remarquable modification des mouvements musculaires qui deviennent lents et pénibles ; l'animal semble ramper. La puissance musculaire n'est pas abolie mais en raison de la lenteur de la détente ainsi que de la contracture simultanée des muscles antag'onistes, les mouvements ne s'exécutent plus dans les conditions de liberté normale ; ils sont comme partiellement enchaînés, la lenteur de progression des ondes musculaires retardant plus ou moins considérablement le passage de l'état d'activité à l'état de repos. Avec de fortes doses, cette série de modifications est moins nette, parce que le cœur est frappé et se paralyse avant que les muscles aient pu être nettement influencés.

Chez les animaux à sang chaud, les modifications diffèrent sensiblement : les muscles deviennent rigides et se maintiennentquelque temps dans un état spasmodique faisant place ensuite à la résolution musculaire. Enfin, aux doses élevées, le muscle n'est plus directement excitable.

Les alcaloïdes appelés : Sahadilline^ Sabatrine, Vératramarine, Protovératrine, Ruhijei^ine, Pseudojervinej Vératralbine, Cévadine, Vérine, Vératroïne Vératroïdiney etc., ne me paraissent pas suffisamment définis pour qu'on puisse en admettre incontestablement l'existence. Ce sont des mélanges].

(1) G. PoucHET, Influcaces perturbatrices apportées par les ptomaïnes dans lesrés jllats de l'expérimentation physiologique en toxicologie : application à la recherche de la vératrine (Juillet 1887) ; Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 3e s?rie, t. XXIII, p. 188.

PALMACÉES

Les semences de Palmier-arec [Areca catechu (L.)]. employées comme aliment (I) contiennent l'alcaloïde arécoline ( C'W* AzO^) dont OgT.Oao tue un lapin, Og^r.Ol un chat, et Ogr.5 un cheval, tandis que Ogr.Oo empoisonne gravement un chien. Il y a accoutumance à ce poison. On peut citer comme principaux symptômes : affaiblissement de l'énergie cardiaque suivant la dose, accélération ou ralentissement de la respiration, hyperexcitabilité réflexe, convulsions suivies de paralysies, rarement myosis, diarrhée accompagnée de coliques, et augmentation des sécrétions salivaire, nasale et bronchique. La noix d'aréquier contient, à côté de l'arécoline, encore d'autres bases homologues (2). Les fruits d'^ . lutescens (Bory) provoquent aux lèvres et à la langue une sensation de brûlure intense, à ce que Ton prétend, mais à tort, grâce aux rhaphides se trouvant dans le mésocarpe.

Arenga sacchari fera (Labill.). Le péricarpe du fruit mûr irrite énormément les muqueuses avec lesquelles il vient en contact. Les Tagales s'en servent comme poison pour poissons.

Corypha iimhracidifera (L.) [Gembanga rotundifblia(BLVME) . Les fruits sont employés pour engourdir les poissons. Le suc des feuilles de C. silvestr'ts (Mart.) agit comme émétique.

Borassiis flabelliformis (L.). Le Toddy enivrant est obtenu de son suc, ainsi que des Caryota urens (L.),' Cocos niicifera (L.^l et Phœnix silvestris (Roxb.). Les fruits de ce dernier provoqueraient parfois des empoisonnements (3).

Cycas média (R. Br.). Le fruit non préparé est vénéneux. Les indigènes de l'Australie battent, rôtissent et font tremper le noyau.

(1) L. Lewin, Ceber Areca Catechu, etc., StuUgart, 1890.

(2) Jahns. Ber. d. chem, Ges.. Bd XXI, p. 3404; et Marmé, Gôtt. Nachr., 1889,p. 125.

(3) Watt, Dictionary, VI, 1, p. 3H.

TYPHACÉES — AROÏDACÉES 877

TYPHACÉES

Typha latifolia (L.). Le Roseau des étangs serait vénéneux. Des vaches ayant mangé la plante fraîche furent atteintes de : raideur des extrémités et accélération de la respiration.

AROi'DACÉES

Le Symplocarptcs fœtidus (Nutt.) provoque de la dermatite.

Le Calla palustris (L.) (Porcelle, Galle des marais) et d'autres espèces de Calla possèdent, à l'état frais, un poison phlogogène. Sous le nom de « Calla Lily » on a rapporté l'empoisonnement prétendu d'un enfant en ayant sucé les tiges. Il fut atteint dans la nuit de : rigidité, pâleur, vomissements, lividité, intermittence du pouls et convulsions. Des exanthèmes papulo-hémorrhagiques sont survenus après trois jours.

Le La^ia Zollingeri (Sghott), ainsi que le Cyrtosperma Mer^ kusii (Schott) et d'autres espèces de Cyrtosperma sont vénéneux par suite de leur teneur en acide cyanhydrique.

Pythonium Wallichianum (Kunth). Toutes les parties de la plante provoquent : inflammation locale, surtout à la bouche et au pharynx, tuméfaction et œdème. L'ébuUition les rend nonvénéneuses.

La racine et les semences à* Amorphophallus campanulatus (Bl.) contiennent une substance irritant considérablement les muqueuses. La teneur de la plante en oxalate de chaux n'entre pas essentiellement en ligne de compte pour cet eff'et. Une espèce à" Amorphophallus est employée à Malacca pour être ajoutée aux poisons des flèches (Lekyer) (1) : il s'agit de VA.prainii (Hook.). Il en est de même .quant à VEpipremnum giganteum (Schott). Il résulte de mes expériences que les extraits aqueux des deux

(1) L. Lewin, Die Pfeilgifte, 1895, p. 405.

premières plantes provoquent une in|i|[animation locale dans le tissu cellulaire sous-cutané. Le Syndnïhenas sylvatica (Schott) est aussi doué des propriétés irritantes appartenant à ce g^roupe de plantes.

Montricha7*diaarborescens {Schott). Le suc agit comme caustique.

V Homalomena cordata (Schott) est employé dans les Indes néerlandaises comme poison pour poissons. Une espèce à^IIo^nalomena est employée à Sumatra comme poison des flèches.

Le Philodendron guttiferum (Kunth), le Ph. Imbe (Schott) et quelques autres espèces possèdent un suc caustique et agissent comme drastiques; l'usage externe prolongé contre l'orchite causerait l'atrophie complète des testicules.

Dieffenoachia Seguine (Schott) [Caladium seguinuyn (y¥:sT.) . Le suc cause à la peau une sensation de brûlure et une inflammation érisypélatoïde et, pris à l'intérieur : tuméfaction de la langue et pharyngite. La mort surviendrait chez l'homme à la suite de 3 à 4 gr. de suc. Le suc des feuilles teint le linge en noir foncé. C'est probablement à cette plante qu'il fautattribuer Tempoisonnement survenu après l'ingestion de sa racine et d'un radis et se caractérisant par : inflammation des voies digestives supérieures, mutisme de trois jours de durée, toux et tuméfaction de l'épiglotte. Un enfant ayant avalé une fleur de Dieffenbachia rex (probablement une modification de D.seguinum) fut atteint de : tuméfaction des lèvres et de la langue, salivation, impossibilité de parler et accélération du pouls. Les vomitifs ont amené la guérison.

Caladium bicolor (Vent.). Le suc acre, caustique provoque, à doses élevées, une entérite. Le C. arôor^^c^n^ (Vent.) agit de même.

Le Colocasiamacrorrhiza (Schott) est considéré dans quelques régions de l'Australie comme étant vénéneux pour les troupeaux.

AROÏDACÉES ARUM 879

Le C. virosa (Kunth) passe dans l'Inde pour être vénéneux (1), et VAlocaêia indica (Schott) agit comme irritant local.

V\ Les tubérosités de Sau7'omatum pedatum (Schott) sont acres.

VA ARUM. — Les feuilles de g^ouet commun (Pied de veau) Arum

mac ul atum (L.). anraieni provoqué chèzJes enfants des empoisonnements mortels. Les symptômes consistaient en ^ tuméfaction de la langue et convulsions. Surviennent aussi : mydriase, ainsi que ànesthésie et perte de connaissance. L'ingestion de la racine de cette plante amène la mort des chiens dans l'espace de trente-cinq heures environ (2). Les limaçons ne touchent point aux feuilles ni aux tubérosités, même après plusieurs jours de jeûne (3). La racine produit un suc contenant de la saponine qui irrite la peau. 11 est inexact d'admettre que les rliaphides seuls causent les symptômes locaux. UA. italiciim (Mill.) qui irrite localement contiendrait, lui aussi, une saponine.

Arum venenatum surinam{Punkin), Les feuilles, longues de un pied, ainsi que toutes les autres parties de la plante sont vénéneuses. Le suc, à la dose de Ogr.06, tue les chiens en un quart d'heure. L'attouchement des feuilles avec la langue en provoque la tuméfaction, ainsi que celle des lèvres, etc. et fait apparaître des bulles. La plante prise à l'intérieur produit : dysphagie et gastralgies. Le sang demeurerait liquide longtemps après la mort. La plante bouillie ou desséchée devient non-vénéneuse. L^i tubérosité fraîche de A, Rumphii (Gxudicu.) contient un poison causant des phénomènes d'irritation locale ; la tubérosité soumise à la lixiviation n'est plus vénéneuse. Agissent de même : A. triphyllum (L.), A. Dracunculus (L.)^ A. for^ nicatum (Roxb.) et beaucoup d'autres.

Arisœma triphyllum (Schott). Le suc de cette plante, ainsi que celui d'^. Dracontium (Schott), provoquent Tinflammation de la peau. VA. curvatum (Kunth) et 1'^. speciosum (Mart.)

(i) Watt, Dictionary, H, p. 511.

(2) Orfila, ToxikoL (trad. allem. par Krupp), B. II, p. 136; — Murrell, Brit. med, Journ., 1881, 7 mai.

(3) St ABL, Jenaische Zeitschr., 1888, p. 641.

provoqueraient aussi des phénomènes d'intoxication générale; et VA. tortuosum (Schott) tue la vermine des bêtes.

Le Lagenandra toxicaria (Dalz.) est considéré comme vénéneux dans rinde méridionale.

ALISMACÉES

Alisma Plantago (L.). Le Plantain d'eau {Pain de crapaud)^ de saveur acre, ferait périr les bêtes à cornes qui le mangent. Il contient un principe irritant la peau, vésicant. Les chèvres mangent volontiers plusieurs espèces à' Alisma,

CYPÉRACÉES

Le Carex brevicollis (DG.) engourdit et fait chanceler les chevaux (1).

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