GRAMINÉES
Avena saliva (L.). — Le péricarpe de Tavoine contiendrait un alcaloïde (avénine) qui excite les centres moteurs et causerait aussi, à ce que Ton prétend, l'excitation psychique que l'on observe chez les chevaux ayant mangé l'avoine à profusion. Ce même effet est amené chez les cobayes par Ogr.006 (2).
U Anthoxanthum orfora^wm(L.) contient de lacoumarine(voir ce mot), aussi, grâce à la présence de cette plante, comme lorsque le foin contient encore beaucoup de mélilot, les animaux peuvent être atteints de : coliques, engourdissement, accélération du pouls.
ZEA MATS (L.). V. Schizomycètes, p. 896.
PaspaJum scrobiculatum (L.). Les semences provoquent souvent dans l'Inde des empoisonnements caractérisés par : vomis-
(i) Janka, Oester. bot, Zeitschr., 1884, p. 273.
(2) Samson, Journ d'Ànat. et de Phystol,^ 1888, p. 81.
GRAMINÉES LOLIUM TEMULENTUM 881
sements, délire, perte de connaissance, tremblements, pouls faible et troubles respiratoires.
Le Sorghum halepense (Pers.) nuirait parfois au bétail dans l'Inde.
UAlopecut^s geniculatus \L.) rendrait, à ce que Ton prétend, les moutons malades. Les chevaux et les vaches mangent la plante.
Glyceria aquatica (Presl.) est une plante suspectée de causer des empoisonnements. On a observé des animaux qui, après l'ingestion de cette plante, étaient tombés malades d'une façon foudroyante.
Arundo phragmites (L.). Des empoisonnements d'animaux ^div\e Roseau onX, été fréquemment rapportés. Il est vraisemblable que la plante n'est pas toxique par elle-même, mais qu'elle le devient par suite des champignons qui pullulent sur elle, tels que Scirrhia rimosay etc.
LOLIUH TEHULENTUH (L.). — L'ivraie enivrante se trouvant au milieu de l'avoine et de Torge, surtout dans les années humides, peut s'insinuer ainsi dans le blé et rendre toxique le pain ou la bière. Une des parties constituantes actives, c'est la TÉMULINE (GWAz^O), base pyridinique bi-acide, très soluble dans l'eau (1). La plante contient encore un autre corps agissant sur l'estomac et l'intestin. Il y a plus de trente ans, on a obtenu en France, à l'état impur, en extrayant la plante par l'éther, un corps narcotique et un corps semi-solide nonnarcotique dont le premier est soluble dans l'eau. On admet que la toxicité de l'ivraie n'est pas détruite par la chaleur de cuisson, ni la chaleur d'ébuUition.
Les empoisonnements, autrefois épidémiques, surviennent à
(i) HoFMEisTER, Arck, f. exp. Path, u. Phavm., Bd XXX, p. 202.
Toxicologie. S6
présent à l'étal isolé, p. ex. par l'ingestion d'une pâte de farine d'avoine mélang-ée avec de l'ivraie, ou l'absorption de l'huile de graines de lin obtenue des graines de lins contenant du Lolium temulentum. Les vieillards et les buveurs seraient surtout susceptibles à l'action de l'ivraie. L'ivraie à doses élevées empoisonne aussi les chevaux, les bovidés, mais surtout les chameaux (Mongolie), tandis que certains oiseaux de basse-cour nourris avec Tivraie engraissent, et que l'homme, à ce que l'on prétend, la mangerait avec de la choucroute sans inconvénient aucun. L'extrait de Lolium^ à la dose de Igr. environ, provoque des phénomènes d'intoxication (I). Les chiens, qui supportent bien 8 gr. de poudre d'ivraie, sont intoxiqués par 15 gr., mais la mort n'est pas amenée même par 90 gr. (2).
La Tèmuline tue les grenouilles à la dose de 0gr.02, et les chats à la dose de Ogr.25 par kilo d'animal. Les symptômes consistent en : engourdissement, somnolence, abolition des mouvements volontaires, titûbation, tremblements, mydriase, respiration d'abord accélérée ensuite ralentie et devenue plus superficielle, abaissement de la température suivie d'élévation, altération des muscles lisses comme par l'atropine, et ralentissement du poul? par suite de son action sur les ganglions automatiques du cœur.
L'empoisonnement par l'ivraie se caractérise chez rhomme par les symptômes suivants : douleur et lourdeur de tête, vertigpes, titûbation, engourdissement, bourdonnements et tintements d'oreilles, somnolence, divagation (3), angoisse précordiale, quelquefois obnubilation de la vue ou chloropsie, nausées, vomissements, gastralgies, dysphagie (4), coliques, constipation ou diarrhée. Apparaissent encore ordinairement : mictions fréquentes, quelquefois difficiles, sueurs froides, pouls petit, irrégulier et tremblement des membres. La mort peut avoir lieu en
(1) Fantoni, Jahrb. f. prakt. Chem., Bd VI, p. 5.
(2) FIartwig, Brest. Samml., 1829, p. 407.
(3) Schneider, Henke's Zeitschr,, 14 Ergh., p. 76; — Cambkarius, MUr. cur, Dec, n, ann. 8, 1690, p. 430.
(4) llussA, Prager Vierteljahrsschr.y 1856, Bd II, p. 40.
GRAMINÉES GNETACÉES 883
convulsions, ou la guérison survient dans le cours des premières vingt-quatre heures.
Autopsie. — Chez les chevaux morts empoisonnés par l'ivraie, on n'a rien trouvé, ou seulement une gastro-entérite insignifiante.
Recherche. — Examen microscopique du blé, du pain ou des matières vomies. Les corpuscules d'amidon, très petits, présentent une structure réticulaire et les glumes sont munies de poils particuliers. Pour être en état de faire le diagnostic chimique, il serait nécessaire d'isoler la témuline, ce qui doit ne réussir que rarement, l'ivraie n'en contenant que 0,06 p. 100.
Traitement. — Vomitifs et purgatifs, ainsi que stimulants. Les semences vénéneuses seront soigneusement enlevées du blé.
Le Lolium perenne (L.) (L. remotum) constituerait un bon herbage.
AStipa viridula provoque chez les chevaux et les bœufs : incapacité des mouvements, manque de respiration et troubles de la miction.
[Les accidents, à allure parfois épidémique, déterminés par rivraie, ressemblent étroitement, sur nombre de points, aux accidents d'ergotisme et de lathyrisme. A côté de Talcaloïde Témuline signalé ci-dessus, la plante renferme encore une Saponine à laquelle il faut, à mon. avis, attribuer une bonne part des phénomènes observés]..
GNKÏ AGEES
VEphedra vulgaris (Rien.) fournit l'alcaloïde ÉPHÉDHiNEqui provoque la mydriase par excitation du dilatateur, et amène la mort par arrct du cœur et de la respiration chez les animaux à sangchaud, après avoir préalablement causé : convulsions et élévation de la température. La fseudo-éphédrine obtenue d'autres espèces d'Ephedra, est douée de propriétés analogues.