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CONIFÈRES

ment de masses sentant l'essence de térébenthine, rougeur de la face, ptyalîsme, douleurs à la gorge, soif, météorisme, diarrhée et coliques Peuvent s'y associer : refroidissement des membres, pouls petit, parfois fréquent, et respiration irrégulière; l'air expiré sent quelquefois les violettes. Dans quelques cas isolés peut s'établir un état d'ivresse accompagné de : excitation, vociférations, tapage, la conscience étant complètement ou partiellement intacte, marche chancelante, secousses (surtout aux bras), strangurie, sensation de brûlure à la miction, hématurie, albuminurie, glycosurie, érections douloureuses et éruptions cutanées (érythème, papules, urticaire, vésicules, bulles^. La mort a lieu dans un coma profond. Chez deux femmes ayant inhalé longtemps les vapeurs de térébenthine dans une chambre récemment peinte (1), on a observé entre autres : nausées, accès de coliques, pâleur de la face, refroidissement et affaiblissement des membres et pouls ralenti à peine perceptible. Les stimulants ont amené la guérison. 11 peut y avoir aussi des phénomènes d'irritation du côté des bronches. La mort arrive chez les lapins et les chats ayant séjourné vingt à trente-quatre minutes dans une caisse peinte à l'essence de térébenthine (2). Le sang des animaux tués par l'essence de térébenthine est noir, on trouve dans les poumons des hémorrhagies ponctiformes, et dans l'estomac et l'intestin une desquamation intense de l'épithélium ainsi que des érosions hémorrhagiques.

Recherche. — L'essence de térébenthine bout entre 150° et 160®; l'essence américaine est dextrogyre, les essences française et allemande, lévogyres. L'essence détone lorsqu'elle est mélangée avec de l'iode pulvérulent.

Traitement. — Bains chauds, frictions, bouteilles chaudes, boissons mucilagineuses, café.

HUILE DE HARLEM. Ce remède secret (soufre soumis à l'ébullition avec l'huile de cade et l'essence de térébenthine) a provoqué souvent des empoisonnements. On a noté, en un an et demi.

(i) Marchal, C. h. de l'Ac. de Se, l XLI, p. lOil.

;2) LiensGH, Viertetjahrsschr. f, ger. Med , Bd XXII. p 232.

douze cas, dont deux avec issue fatale, présentant comme symptômes une néphrite violente et d'autres phénomènes d'intoxication par l'essence de térébenthine.

THUTA OGGIDENTALIS (L.i. — La partie constituante la plus active de VArbredevie^ c'est l'huile de thuya dont on a obtenu : Pinêne^ Thujone et Carvacrol. D'après les doctrines anciennes, elle appartient aux substances qui sont phlog-ogènes pour les muqueuses; et, grâce- à la propag-ation de 1 inflammation de rintestin aux organes du petit bassin, et peut-être aussi grâce à son action directe sur l'utérus ou sur les membranes de l'œuf, elle peut provoquer l'avortement. C'est dans ce but qu'est employé le thuya. Les doses élevées mettent toujours en danger la vie de la mère et de l'enfant. Une décoction concentrée de thuya a provoqué : la même nuit, coliques; le lendemain, diarrhée ; après douze jours, œdème des membres inférieurs, vomissements; le quatorzième jour, accès d'éclampsie, anurie, coma, albuminurie, cylindrurie; après seize jours, expulsion d'une partie nécrosée de la* muqueuse vésicale; le vingt-huitième jour, accouchement d'un enfant vivant, infarctus placentaires; et, comme suite des couches, thrombose des veines saphènes. Ces accidents furent suivis de guérison. Parfois le poison est expulsé par vomissement, ce qui explique l'absence de tout phénomène d'intoxication.

JUNIPERUS GOMMUNIS (L.). — On obtient des baies de genévrier commun l'huile de genièvre yPinêne^ Cadinène) qui, introduite dans l'estomac, est éliminée par les poumons et les reins. L'urine dégage l'odeur de l'huile. Donné à la dose de 15 gr., le genévrier provoque chez les lapins : aff*aiblissement de l'énergie cardiaque (1), respiration laborieuse, faiblesse des extrémités, diarrhée, cylindrurie et la mort survient dans l'espace de vingt-deux heures. On a observé de l'hématurie chez l'homme. La cavité abdominale dégage, chez les animaux, l'odeur de l'huile, et Ton

(1) Semon, Berl. Vereinsseit, 18i4, no 19, p. 85.

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trouve dans restomac et l'intestin des cellules épithéliales desquamées et de petites hémorrhagies.

Juniperus virginiana (L.). L'huile se présente sous forme d'une masse cristalline et est constituée de Camphre de cèdre et de Cédréne. L'empoisonnement (pour provoquer l'avortement) s'est manifesté chez la femme par : picotements dans tout le corps, convulsions toniques, perte de connaissance, rigidité des membres, vomissements, dyspnée et cyanose, délire peu accusé et pouls accéléré. La dose léthale est de 15 gr. environ, mais la guérison fut encore obtenue après cette dose (1).

Le Cupressus thyoïdes (L.) contient une huile, V Huile de cèdre blanchCy quiy administrée à l'intérieur à la dose de XVI gouttes, provoque : trismus et convulsions (2).

Le suc des feuilles de Cephalotaœus Fortuni (Hook.) et de C. pedunculata (Sieb. et Zucc.) contient un poison, soluble dans l'alcool, qui provoque chez les chiens.: secousses musculaires, vomissements, ralentissement du pouls et de la respiration, narcose; et la mort par arrêt du cœur survient dans le coma. On a trouvé les organes internes congestionnés.

TAXUS BACCATA (L.). — Vif commun, connu déjà des anciens comme étant vénéneux, provoque souvent chez l'homme et les animaux des empoisonnements graves ou mortels. Le roi des Eburons s'est empoisonné par l'if pour ne pas tomber dans les mains de César. Les empoisonnements ont pour causes chez rhomme : usage (comme ectrotfque) des feuilles et des tiges en poudre ou en décoction, plus rarement leur emploi comme anthelmentique, ainsi que accidents. Les animaux ayant rongé les haies d'if ne tardent pas à expirer. La partie constituante active de la plante, l'alcaloïde taxinb, se trouve dans toutes les parties de l'if, mais les feuilles en sont plus pourvues que les semences (3).

(i) Brown, Med. Nem, 1893, H, p. 45.

(2) Jahresber. f. d. ges. Med, 4872, I, p. 400.

(3) Marme, Centralbl. f. med, Wissensch, 4870, n° 6, p. 97.

La Taxine tue les grenouilles à la dose de Og^r.Oo à 0gpr.09 el les chats, en quinze à ving^t minutes, à la dose de Ogr.03 à OgT.05 par voie d'injection intra-veineuse. Les feuilles d'if tuent les chiens à la dose de 30 g^r., les chevaux, à la dose de 500 gr., en quarante-cinq minutes (1). L'extrait éthéré fait périrles chevaux à la dose de 3 à 15 gr., et les lapins à la dose de 1 gr. (2). L'extrait aqueux n'est pas toxique pour les animaux. Les décoctions, à la dose de 50 à 100 gr., ont provoqué la mort des adultes; l'ingestion d'une cuillerée de feuilles d'if, ou les baies rouges d'if mangées en trop grande quantité, ont amené la mort des enfants. Quant à l'accusation souvent répétée que c'est seulement la plante mâle qui contient la taxine (3), elle est inexacte ; l'if femelle (rameaux) est aussi vénéneuse. Les pousses printanières sont moins dangereuses tout le temps qu'elles gardent leur belle couleur vert-clair ; les animaux les mangent sans inconvénient aucun. Plutarque rapporte que l'if ne devient nuisible que quand il commence à fleurir.

Les premiers symptômes apparaissent, chez Thomme, dans Pes^ pace d'une demi-heure à. une heure et demie ; la mort parfois a lieu, elle aussi, après une heure et demie ou dans l'espace de dix à vingt-quatre heures. Des chevaux ont été vus expirant brusquement trois heures après l'ingestion du poison.

On voit survenir : vomissements, gastralgies, coliques, pâleur de la face, vertiges, engourdissement, abaissement des paupières comme si le sujet allait s'endormir, et albuminurie. Les membres et le tronc peuvent se couvrir de taches pourprées, et le cœur peut commencer à battre irrégulièrement, tandis que la respiration devient stertoreuse. La mort par asphyxie a lieu ordinairement en convulsions (4).

Autopsie. — Inflammation et production d'ecchymoses dans l'estomac et l'intestin : ces lésions n'ont rien de caractéristique. Chez les animaux, inflammation rénale. La présence de débris

(1) Chevallier, Duchesne, Reynal, An. d'hyg. pubL, i855, p. 35, 335. U) ScHROFK, Zeitzchv, d. Aertte su \Vien„ 1860, n© 21. (3) WoRTLEY, Pharm. Journ, a. Tratisact., 1892, 1158. (\) Borchers, Cniersuch. ûber Taxin., 1876.

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