DU BOURDON
stants après. Sa face était enflammée , et il eut après la mort une hémorrhagie fort abondante par le nez (1).
2° Zacutus a vu la piqûre d’une abeille être suivie de la gangrène de la partie.
3° Amoreux dit : « Une piqûre d’abeille n’est rien dans le fond ; mais si ces insectes assaillissent en troupe un homme ou un animal , ils peuvent 1° charger de plaies et le faire périr, tant par la quantité de venin qu’ils introduisent dans son corps, qu’en le dilacérant (2). »
k" Sivanimerdam et Ludovic goûtèrent un peu du liquide venimeux contenu dans la vésicule de l’abeille , et ils éprouvèrent sur la peau et sur la langue la même sensation qu’avec l’eau-forte (acide azotique).
En général , la piqûre de l’abeille est suivie d’une vive douleur et d’une tuméfaction érysipélateuse, fort dure dans son milieu, qui blanchit et persiste autant que l’aiguillon reste dans la plaie.
5° Amoreux dit que la piqûre du bourdon est quelquefois plus à craindre que celle de l’abeilie. En 1679, plusieurs individus furent piqués , en Pologne , par de gros bourdons, et il se manifesta chez eux une tumeur inflammatoire qui faisait des progrès rapides, et qu’on ne pouvait arrêier qu’en faisant des scarifications profondes.
Traitement. — On doit avoir recours au procédé de Swammerdam , qui consiste à retirer l’aiguillon enfoncé dans les chairs, en ayant soin de ne pas exercer une forte pression sur la plaie , car le venin de la vésicule serait exprimé et pénétrerait davantage avec l’aiguillon. On ne doit pas se dissimuler que cette extraction est difficile, à cause des filaments latéraux dont l’aiguillon est armé: il faudrait donc couper avec des ciseaux tout ce qui est en dehors de la plaie , et enlever ensuite l’aiguillon, s’il était possible, au moyen d’une petite épingle. La partie piquée devrait ensuite être lavée avec de l’eau froide , et mieux encore , comme Dioscoride l’a reconnu le premier, avec de l’eau salée ou de l’eau de la mer. Il serait aussi très utile d’appliquer sur le lieu douloureux du suc laiteux de pavot blanc ou tout autre calmant. M. Delaistre rapporte, dans le Journal de médecine, qu’il fit usage de ce suc pour apaiser une vive douleur occasionnée par une abeille dont il venait d’être piqué : il ne tarda pas à être calmé , et il ne survint point d’enflure ( t. iv, p. 309 ). Les embrocations huileuses, l’eau de Goulard et les lotions d’urine peuvent aussi devenir utiles ; mais on ne doit ajouter que très peu de foi à cet incohérent assemblage de plantes dont se servent trop souvent les empiriques et les gens de la campagne.
(1) Observation de M. Desbret, Journal de Médecine, août 1765, p. 155.
(2) Ouvrage cité, p. 248.
DES POISONS SEPTIQUES.
, ©E LA GUEPE-FR.EL03J ( Vespa crabrO ).
Caractères de la guêpe-frelon. (Voy. pi. 21, fig. 7 de ma Médecine légale.) — Insecte de l’ordre des hyménoptères, section des porte-aiguillons, famille des diploptères, tribu des guêpiaires de Latreille. Longueur de 3 centimètres au moins; antennes obscures , avec la base ferrugineuse, tête ferrugineuse, pubesfiente; lèvre supérieure jaune, mandibules jaunes à sa base, noires à l’extrémité; corselet noir, pubescent , avec sa partie antérieure , et souvent l’écusson d’un brun ferrugineux; le premier anneau de l’abdomen noir, avec la base ferrugineuse et les bords jaunâtres; les autres anneaux noirs à la base, jaunes à l’extrémité, avec un petit point noir latéral sur chaque ; les pattes d’un brun ferrugineux; les ailes ont une légère teinte roussâtre. On la trouve dans toute l’Europe. (Latr.)
Caractères de la guêpe commune (vespa vulgaris, voy. pl. 21, fig. 6). — Longueur, 2 centimètres; antennes et tête noires; contour des yeux et lèvre supérieure d’un jaune obscur; mandibules jaunes, noires à l’extrémité; corselet noir, légèrement pubescent, avec une tache au-devant des ailes, un point calleux à leur origine , une tache au-dessous et quatre sur l’écusson , jaunes ; l’abdomen jaune, avec la base des anneaux noire, et un point noir distinct de chaque côté ; le premier anneau a une tache noire en losange au milieu ; les autres ont une tache presque triangulaire, contiguë au noir de la base; les pattes sont d’un jaune fauve avec la base des cuisses noire. On la trouve dans toute l’Europe. ( Latr.)
La piqûre des guêpes peut aussi devenir funeste.
Observation lrc. — Un jardinier de Nancy ayant porté à sa bouche une pomttie dans laquelle une guêpe était logée, en fut piqué au palais, près du voile , ce qui lui causa une inflammation subite et un gonflement douloureux qui, ayant intercepté l’usage de la respiration, fit périr ce pauvre malheureux dans l’espace de quelques heures (1‘.
Observation 2e. — Lanzonus parle d’une femme qui fut piquée à la joue par une guêpe , et qui eut un ulcère pendant trois mois (2).
Observation 3e. — Un agronome anglais, dit Chaumetm , a eu la satisfaction de sauver la vie à un de ses amis, piqué à l’œsophage par une guêpe qu’il n’avait pas vue dans un verre de bière. 11 lui fit avaler à plusieurs reprises du sel commun délayé dans le moins d’eau possible, de manière à former une espèce de bouillie ; les symptômes alarmants
(1) Gazette de Santé, n° 45, p. 185, ann. 1776.
(2) Observation 188, t. u, oper.