DE LA GUÊPE-FKELON
qui s’étaient manifestés à l’instant de la piqûre se calmèrent presque tout-à-coup , et cédèrent comme par enchantement (1).
Observation ke. — Dans le mois d’août, un homme âgé de quarante ans fut piqué au doigt du milieu de la main droite par une guêpe, et à l’instant il perdit connaissance et le pouvoir d’agir ; il lui semblait qu’un instrument tranchant avait pénétré à la fois dans toutes les articulations, et il comparait cette sensation à celle qu’occasionne une décharge électrique : seulement la douleur était beaucoup plus intense. La main, le bras, le visage, la tête, devinrent considérablement enflés. Les yeux étaient injectés, les conjonctives étaient aussi rouges que dans une ophthalmie aiguë, et le malade se plaignait d’y éprouver des douleurs et des démangeaisons. Des lignes rouges indiquaient sur le bras malade le cours des vaisseaux absorbants; prurit incommode de tout le corps. Dix minutes après l’accident, insensibilité complète, vomissement, désir du repos et besoin de sommeil, mouvements du cœur très ralentis, pulsations de l’artère radiale à peine perceptibles. On ne permit pas au malade de se livrer au sommeil, on le força de marcher, ou plutôt on le traîna pendant trois quarts d’heure, en le soutenant par le bras: cet exercice le lit revenir à lui par degrés. Aussitôt qu’il put avaler, on lui fit prendre de l’alcali volatil. La main et le bras restèrent enllés et douloureux , et le malade demeura pendant plusieurs jours dans un état de langueur très désagréable. Le même accident lui était arrivé cinq années auparavant, et il avait éprouvé les mêmes symptômes, mais moins intenses. (Observ. de Chirurgus. Bibl. médicale , t. lxvi, année 1819.)
Observation 5e. — Amoreux croit que la piqûre des guêpes et des frelons ne diffère pas essentiellement de celle des abeilles et des bourdons. Celles des guêpes, dit-il , sont plus cuisantes, et celles des frelons terribles. Elles sont plus ou moins mauvaises , selon la partie affectée, selon que le venin est plus ou moins abondant , selon que les insectes sont en fureur ou animés par la chaleur de la saison ou du climat, lorsqu’enün ils se sont reposés sur des plantes vénéneuses, sur des cadavres d’animaux mortsde maladies pestilentielles, et pendant des constitutions contagieuses. (Ouvrage cité, p. 250.)
Observation 6e. — L’illustre Béaumur, dans un très beau mémoire sur les guêpes ( Académie des sciences , année 1719) , assure « que quand on se laisse piquer paisiblement , jamais l’aiguillon ne demeure dans la plaie. Il est flexible; il ne perce pas un trou bien droit; la plaie est courbe ou en zigzag. Si on oblige la mouche à se retirer brusquement, les frottements sont assez forts pour retenir l’aiguillon , qui est en quelque sorte accroché : ils l’arrachent , tandis que si l’on ne presse pas la mouche , elle le dégage peu à peu. Les piqûres des guêpes-frelons sont plus sensibles que celles des guêpes plus petites. »
Traitement. — Il ne diffère pas de celui que l’on emploie dans la piqûre de l’abeille et du bourdon. (Voy. p. 685.)
(i) Dictionnaire des Sciences médicales , article Abeille.
DES POISONS SEPTIQUES.
Je pourrais encore parler d’autres insectes dont la piqûre occasionne des accidents analogues à ceux que je viens de décrire; mais je me bornerai à faire l’énumération de quelques uns d’entre eux : le cousin, le taon, la mouche à scie, Pichneumon , la tique, les œstres , la scolopendre , etc.
Des Animaux venimeux dont les liquides ont été dépravés par des maladies antécédentes.
On sait depuis long-temps que les chevaux , les bœufs, les moutons, les chiens, et même l’homme, contractent, dans certaines circonstances, des maladies dans lesquelles la salive, le sang et d’autres humeurs sont altérés , et capables d’occasionner, par leur contact avec des animaux vivants, désaffections funestes, suivies quelquefois de la mort: de ce nombre sont les pustules et les ulcères malins , la gangrène, la rage, etc. (Voy. les ouvrages de pathologie externe.)