DES SELS DE RHODIUM
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par les sels de rhodium?
Les sels de rhodium sont d’un rouge intense jaune ou brun, si leurs dissolutions sont concentrées, et roses si elles sont étendues. Les carbonates alcalins, l’acide sulfureux et le cyanure jaune de potassium et de fer ne les troublent point ; les alcalis caustiques en précipitent , au bout d’un certain temps, un oxyde jaune verdâtre ; le zinc et le fer , en séparent le rhodium à l’état métallique.
Action des sels de rhodium sur l’économie animale.
Le chlorure de rhodium et de sodium , introduit dans l’estomac , n’exerce aucune action nuisible ; il est très peu actif lorsqu’il est injecté dans les veines , puisque les animaux ne périssent , même lors-
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qu’il a été employé à forte dose, qu’au bout de quatre à cinq jours, et l’on ne découvre après la mort qu’une légère inflammation de l’estomac, de l’intestin grêle et des poumons. (Gmelin.)
DU PEROXYDE D’OSMIUM (Acide osmioUe).
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par le peroxyde d’osmium ?
Le peroxyde d’osmium est incolore , transparent , très brillant et cristallisable ; il a une saveur très caustique , analogue à celle de l’huile de girofle ; il a une odeur très désagréable; il est flexible comme la cire , plus fusible qu’elle , et très volatil. Il est très soluble dans l’eau ; cette dissolution bleuit par l’infusion de noix de galle ou par une lame de zinc ; elle noircit sur-le-champ lorsqu’elle est en contact avec des matières organiques humides.
Action du peroxyde d’osmium sur l’économie animale.
La dissolution d’oxyde d’osmium dans l’eau peut être introduite impunément, à la dose de 8 grammes , dans le système veineux des chiens : 60 grammes de cette liqueur, injectés dans la veine jugulaire des mêmes animaux , ont déterminé une évacuation alvine ordinaire, l’inappétence, des vomissements de matières écumcuses, de la fatigue , la difficulté de respirer, de légères convulsions , et la mort au bout d’une heure. A l’ouverture du cadavre, faite immédiatement après , on vit que les poumons étaient remplis d’un liquide séreux qui les paralysait et jetait le désordre dans leurs dépendances ; le ventricule droit du cœur, ainsi que le foie , les reins , la rate et les veines de l’abdomen étaient gorgés d’un sang noir, liquide, qui ne se coagula que long-temps après. On ne découvrit nulle part de traces d’inflammation.
Introduite dans l’estomac des chiens à la dose de 30, 38 à 60 grammes, la dissolution d’osmiuniagit essentiellement comme émétique, en sorte qu’elle est presque entièrement rejetée sans occasionner d’accidents notables; la portion qui n’est pas vomie, et qui traverse le canal intestinal, est réduite à l’état métallique par les fluides animaux , et sort avec les excréments sous forme de flocons noirs qui sont de l’osmium métallique. ( Gmelin. )
De l’JE»nÿ»oiso»t»te»nent ttrotluil pav «tes mélanges «le substances vénéneuses.
' Depuis quelques années , les recueils scientifiques ont fait mention d’empoisonnements occasionnés par des mélanges d’acide arsénieux et de laudanum, de proto-azotate de mercure et de vert-de-gris, etc. Les symptômes et les lésions de tissu déterminés par ces mélanges ont été décrits par les médecins qui les avaient observés ; mais personne , que je sache , ne s’est occupé de la partie chimique de ces empoisonnements composés. J’ai cru devoir étudier ce sujet avec d’autant plus de soin , que des phénomènes remarquables, et j’oserai dire inattendus, se sont présentés à mon observation. Plusieurs fois des poisons que l’on n’aurait pas cru susceptibles de se décomposer, ont fortement réagi les uns sur les autres, en sorte que lorsqu’on les cherchait par des réactifs propres à les déceler séparément , on ne découvrait que le produit de ces réactions , c’est-à-dire les composés qui s’étaient formés. Je n’hésite pas à le dire , l’expert le plus versé dans les opérations chimiques , s’il avait à reconnaître un empoisonnement par quelques uns des mélanges dont je vais faire mention, commettrait les erreurs les plus graves , s’il ne possédait pas les données qui font la base de ce travail; il pourrait, par exemple, conclure, d’après un certain nombre d’expériences , qu’un individu a été empoisonné , 1° par un mélange d’acide arsénique et de protochlorure de mercure ou de mercure métallique , tandis que l’empoisonnement aurait eu lieu par du sublimé corrosif et de l’acide arsénieux; 2° par de l’acide antimonique ( peroxyde ) , mélangé de prototartrate et de protochlorure de mercure , lorsqu’il n’y aurait eu d’avalé que du sublimé corrosif et de l’émétique. Je pourrais multiplier les citations , si celles-ci ne suffisaient pas pour faire sentir toute l’importance de ces recherches.
Je déterminerai , d’une part , quels sont les effets des principaux réactifs sur des mélanges des poisons minéraux les plus importants, et j’agirai , pour chacun de ces mélanges , avec des dissolutions concentrées. Ce problème résolu , je m’occuperai des moyens de séparer les poisons qui constituent les mélanges ; et si ce but ne peut pas être atteint , je donnerai du moins les procédés qui permettent d’apprécier la nature des métaux ou des oxydes métalliques qui constituent ces poisons (1).
(I) Mes expériences ont été faites avec des réactifs purs, et je mets d’autant plus d’empressement à le déclarer, qu’ayant eu l’occasion d’en répéter un