‹ Traité de toxicologie (volume 2)Chapitre 25 sur 172 · MÉLANGE DE SUBLIMÉ CORROSIF ET D’ACIDE ARSÉNIEUX · texte numérisé non relu

MÉLANGE DE SUBLIMÉ CORROSIF ET D’ACIDE ARSÉNIEUX

Dissolution concentrée. Trois volumes de sublimé corrosif et autant d'acide arsénieux. — L’acide suif hydrique y fait naître un précipité jaune sale avec quelques parcelles noires ( mélange de sulfure jaune d’arsenic et de sulfure de mercure noir) ; en ajoutant de l’ammoniaque , on dissout le sulfure d’arsenic , et il ne reste que du sulfure de mercure noir. Le sulfate de cuivre ammoniacal précipite la dissolution en jaune verdâtre : c’est un mélange d’arsénite de cuivre vert et du précipité blanc que fait naître l’excès d’ammoniaque du réactif dans le sublimé. L 'azotate d'argent, s’il est acide, produit un précipité blanc de chlorure d’argent ; mais si on ajoute un peu d’ammoniaque , le dépôt devient légèrement jaunâtre , parce qu’il se forme de l’arsénite d’argent.

La potasse caustique fournit un précipité blanc , qui devient noir si l’on ajoute un excès d’alcali ; tandis que le sublimé seul précipiterait en jaune , et que l’acide arsénieux ne serait point troublé par cet alcali. Le premier de ces précipités , celui qui est blanc , est formé de protochlorure de mercure et d’arséniate de protoxyde de mercure ; le précipité noir est du mercure métallique et du protoxyde noir ; d’où il suit que l’acide arsénieux a passé à l’état d’acide arsénique , tandis que le sublimé corrosif se trouve transformé en protochlorure d’abord, puis en mercure. Voici les expériences qui mettent cette assertion hors de doute : si, après avoir lavé le précipité blanc, on le laisse sécher sur un filtre , on verra qu’il est d’un blanc jaunâtre ; traité par l’acide azotique faible à froid , il se dissoudra en partie (l’arséniate de protoxyde de mercure) , et la dissolution précipitera en noir par la potasse ; la portion non dissoute , lavée, desséchée et chauffée dans un tube de verre, se sublimera comme le protochlorure de mercure , et le produit de la sublimation offrira toutes les propriétés de ce protochlorure. Si l’on examine la

certain nombre, en employant des dissolutions et des réactifs que l’on considérait comme purs, et qui ne l’étaient pas , je n’ai pas toujours obtenu les résultats énoncés. Je dois encore prévenir que dans la partie analytique des opérations auxquelles je me suis livré, j’ai eu principalement pour but de déterminer la nature des poisons , et non pas d’en apprécier le s proportions d’une manière rigoureuse. Si telle eût été mon intention , j’aurais eu souvent recours à d’autres méthodes que celles que j’ai proposées. Je ne l’ai point fait , parce que cela m’a semblé inutile , et parce que les méthodes dont je veux parler ne seraient pas à la portée des experts peu habitués; à ce genre de recherches.

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liqueur dans laquelle se sont déposés d’abord le protochlorure de mercure , puis le mercure métallique , on verra qu’elle est très alcaline ; si on la sature par l’acide chlorhydrique pur, après l’avoir filtrée , qu’on l’évapore jusqu’à siccité, et qu’on dissolve le produit de l’évaporation dans l’eau , on obtiendra un solulum que le sulfate de cuivre précipitera en bleu (arséniate) , et dans lequel l’azotate d’argent fera naître un précipité blanc de chlorure d’argent mélangé d’ arséniate d'argent rouge ; donc, par suite de l’action de la potasse sur le mélange de sublimé et d’acide arsénieux, une partie de cet acide se transforme en acide arsénique.

L’ammoniaque versée dans la dissolution concentrée de sublimé et d’acide arsénieux, y fait naître un précipité blanc, beaucoup plus soluble dans l’ammoniaque que ne l’est le précipité fourni par cet alcali et le sublimé corrosif sans mélange.

Une lame de cuivre et la petite pile composée d’une lame d’or et d’une feuille d’étain roulée en spirale , se comportent avec cette dissolution comme avec le sublimé corrosif.

Analyse. — On lit dans le tome cinquième des Archives générales dc\ médecine une observation rapportée par Julia-Fontenelle , dans laquelle il s’agit d’un élève en pharmacie qui avala , dans le dessein de se suicider, k grammes de sublimé corrosif mêlé à 6 grammes d’acide arsénieux. On séparera aisément le sublimé corrosif de l’acide arsénieux en traitant la poudre ténue par l’éther sulfurique à froid, et en agitant de temps en temps dans un flacon à l’émeri bien bouché ; le sublimé seul sera dissous ; on décantera la liqueur, et on l’évaporera pour obtenir le bichlorure à l’état solide. Le même moyen devrait être employé si les deux poisons étaient dissous dans l’eau , l’éther jouissant de la propriété d’enlever à ce liquide une grande partie du bichlorure de mercure qu’il tient en dissolution , et n’agissant pas sur le solutum arsenical.

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