‹ Traité de toxicologie (volume 2)Chapitre 53 sur 172 · MÉLANGE DE LAUDANUM DE SYDENHAM ET D’AZOTATE D’ARGENT · texte numérisé non relu

MÉLANGE DE LAUDANUM DE SYDENHAM ET D’AZOTATE D’ARGENT

Dissolution concentrée d'azotate d'argent et laudanum , parties égales. — Cette liqueur conserve la transparence , l’odeur et la couleur du laudanum ; elle précipite en noir par l’acide sulfhydrique, en olive très foncé par la potasse, en blanc par l’acide chlorhydrique ; le perchlorure de fer rougit la liqueur et la précipite ; le dépôt de chlorure d’argent une fois formé , la liqueur qui surnage offre la couleur rouge que l’acide méconique développe dans les sels de fer. Une lame de cuivre en sépare l’argent.

DES POISONS IRRITANTS

MÉLANGE DE LAUDANUM DE SYDENHAM , D’ACÉTATE DE PLOMB OU D’AZOTATE DE BISMUTH.

Ces sels , même lorsqu’ils sont étendus de beaucoup d’eau , précipitent assez abondamment par le laudanum, pour que je puisse me dispenser de m’occuper de pareils mélanges.

Il ne sera pas inutile , en terminant , de nous livrer à quelques considérations générales sur le travail qui fait l’objet de ces recherches. On a pu voir que dans la solution des divers problèmes relatifs à des mélanges de poisons , il sera souvent difficile , pour ne pas dire impossible , de soupçonner ces mélanges , si l’accusation ne vient pas au secours des experts, en indiquant que l’accusé était en possession de plusieurs poisons, ou qu’il en a acheté un certain nombre. Sans doute , l’on pourra se guider quelquefois d’après les propriétés physiques des mélanges , telles que la couleur, la saveur, etc, ; l’action des réactifs, qui sera différente de ce qu’elle est lorsqu’on agit avec une seule des substances vénéneuses connues , sera aussi un puissant auxiliaire. Quelquefois cependant ces réactifs fourniront des résultats propres à déconcerter les experts peu attentifs. Ainsi , lorsque, par suite de l’action de ces réactifs , les deux poisons se trouvent décomposés , comme , par exemple , le sublimé corrosif et l’acide arsénieux , que l’on traite par la potasse (voy. page 57) , il faut bien se garder de repousser l’idée de la possibilité d’un empoisonnement par ces deux poisons , puisqu’au contraire la transformation de ces deux substances vénéneuses en protochlorure ou en protoxyde de mercure, et en acide arsenique, est une preuve de leur existence simultanée dans la liqueur.

Mais si le problème dont je m’occupe est embarrassant lorsqu’il s’agit de constater la nature d’un mélange de deux poisons que je suppose solides ou dissous, sans addition d’aucune autre substance, il en sera bien autrement lorsque des matières colorées , des liquides provenant de vomissements , etc. , se trouvent unis à ces poisons : il faudra alors chauffer jusqu’à l’ébullition pour coaguler une partie de la matière organique , puis filtrer, et agir sur les liquides filtrés comme je viens de le dire. 11 pourrait se faire qu’on fût obligé de recourir à des procédés analytiques encore plus compliqués ; mais comme ces procédés peuvent varier beaucoup, et que pour les exposer convenablement il faudrait entrer dans de trop grands détails , je ne m’en occuperai pas, persuadé d’ailleurs que les chimistes, qui seuls de-

DU VERRE ET DE L’ÉMAIL EN POUDRE, vraient être chargés d’opérations si délicates , ne manqueraient pas d’entreprendre celles qui pourraient donner la solution du problème. (Voyez mon Mémoire dans le Journal de Chimie médicale, n° de mars 1832.)

Page 1