DE LA RESINE DE JALAP
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Expérience iiic. — Le 26 avril , à huit heures du matin , on fit avaler à un vieux chien 2 grammes de résine de jalap. A dix heures , il vomit des matières muqueuses, incolores, formées en grande partie par le véhicule dans lequel on avait administré la résine. Au bout de quelques heures , l’animal était abattu ; il avait de la soif, et il éprouvait des convulsions. Les jours suivants, il était dans le même état ; il mangeait peu ; ses déjections étaient solides, volumineuses et noires. Le 29, il rendit de l’écume par la bouche; rabattement était extrême. On le trouva mort le 1er mai. La membrane muqueuse de l’estomac était enflammée , principalement vers la petite extrémité et près du pylore : celui-ci était sain. L’intérieur du duodénum était tapissé d’un mucus jaunâtre ; la tunique sous-jacente offrait plusieurs granulations rougeâtres et une inflammation plus forte que dans les cas précédents; cette inflammation diminuait d’intensité à mesure qu’on avançait dans les intestins grêles : on la retrouvait vers la fin de l’iléum. Le rectum contenait une assez grande quantité d’excréments solides, de la même nature que les déjections dont on a déjà fait mention.
Expérience iv'. — Le 27 avril , à neuf heures du matin , on administra à un jeune chien un clystère préparé avec 45 centigrammes de résine de jalap, un jaune d’œuf et une petite quantité d’eau. A midi, l’animal ne paraissait éprouver aucune incommodité ; on lui fit prendre un second clystère composé comme le premier, et qui ne produisit pas plus d’effet. Le lendemain matin , à huit heures , on lui administra un troisième clystère, contenant 1 gramme 30 centigrammes de résine : au bout de cinq minutes, l'animal rendit des excréments solides, sanguinolents à l’extérieur et jaunes à l’intérieur. Le même jour, à dix heures, on lui fit prendre un quatrième lavement semblable au dernier, et on boucha l’anus pendant cinq minutes. A midi , ce remède n’ayant pas été rendu , on en administra un cinquième, qui fut également gardé. Le 29 au matin, on trouva une déjection liquide ; à deux heures après midi , il en avait eu une autre plus consistante. Le 30, l’animal mangea pour la première fois. A neuf heures, on tenta de lui administrer un clystère semblable aux précédents ; mais l’animal le rejeta en partie. A midi , on parvint à lui en faire prendre un autre : deux minutes après, deux selles liquides, jaunes, sanguinolentes, très fétides, et provoquant fortement les nausées : ces déjections se renouvelèrent d’heure en heure dans la journée; elles étaient moins fétides et quelquefois plus sanguinolentes. Le 1er mai, ranimai mangea ; ses déjections devinrent meilleures ; mais, par intervalles, elles étaient encore liquides et sanguinolentes. Dix jours après, on se décida à ouvrir le ventre. Les gros intestins, jusqu’à la valvule iléo-cœcale et la fin de l’iléum inclusivement, offraient une inflammation analogue à celle que l’on avait observée dans les diverses parties du canal digestif, dans les expériences précédentes. Le système veineux était tellement replet, surtout dans le rectum , qu’on aurait pu l’injecter.
Expérience v«. — Cinquante centigrammes de résine de jalap délayée dans un jaune d’œuf furent injectés le 1er mai, à huit heures du matin,
DES POISONS IRRITANTS
dans la cavité abdominale d’un chien de moyenne stature. L’animal urina plusieurs fois dans la matinée, et n’offrit du reste aucun phénomène particulier. Le lendemain , à neuf heures du matin, on trouva des déjections liquides, transparentes et teintes de sang : ces évacuations continuèrent pendant la journée : l’animal n’avait point mangé; il ne prenait que du lait. Le 3 mai , les selles étaient un peu plus consistantes; le b, elles étaient peu abondantes, jaunâtres et sanguinolentes. Le 7, elles devinrent noirâtres : l’animal mourut dans la journée. Le cadavre exhalait une odeur forte et suffocante; les articulations étaient roides ; les téguments de l’abdomen et principalement ceux du pénis étaient durs et résistants; les intestins étaient très contractés ; la portion du péritoine correspondante à la face antérieure de l’estomac était enflammée ; l’intérieur du ventricule contenait une très grande quantité d’un liquide écumeux et clair; la membrane muqueuse était noirâtre dans une assez grande étendue de la grande courbure. Les intestins renfermaient un liquide jaune; le rectum était singulièrement contracté et dur; il offrait, vers sa partie inférieure et antérieure , un ulcère arrondi , de l’étendue d’une pièce de 75 centimes, intéressant les membranes séreuse et musculeuse ; la tunique muqueuse correspondante à cette portion ulcérée était simplement phlogosée ; le foie paraissait très volumineux: la vésicule du fiel était remplie; la plénitude du système veineux était grande et générale.
Expérience vi*. — Cinquante centigrammes de résine de jalap délayée dans un jaune d’œuf furent injectés, le 2 mai à dix heures du matin, dans la cavité de la plèvre : l’animal éprouva bientôt après des frémissements, de la roideur dans les membres, et de l’abattement qui dura trois jours, pendant lesquels il prit fort peu d’aliments, et rendit seulement deux déjections jaunes et molles. On le trouva mort le 5 mai. Les articulations n’offraient aucune roideur. La résine était coagulée et réunie à l’ouverture de la plaie, qu’elle obstruait. La plèvre costale était très rouge; la plèvre pulmonaire était enflammée et recouverte d’une matière blanchâtre, purulente, coagulée sous forme de couenne. On voyait dans la cavité thoracique un liquide séro-sanguinolent. Le côté droit du thorax était plus malade que le gauche; il contenait une plus grande quantité de pus liquide et de pus coagulé ; le tissu du poumon droit était noirâtre, tandis que celui du côté gauche était légèrement rouge. Ce fait mérite d’autant plus d’être remarqué, que la résine avait été injectée entre la septième et la huitième côte gauche.
Expérience vne. — Le 29 avril, on frictionna, avec un mélange de b grammes de résine de jalap et de 8 grammes d’axonge, la peau de la partie interne des cuisses et du bas-ventre d’un jeune cbien, débarrassée de ses poils et parfaitement rasée. Au bout de trois jours, le mélange avait été employé en totalité , et l’animal n’avait offert aucun phénomène remarquable. Le 2 mai , à sept heures du matin, on fit une nouvelle friction, et on appliqua un emplâtre préparé avec de l’axonge et 8 grammes de résine. Le 3 mai , on frotta de nouveau ces parties , et on fi! une nouvelle application ; il en fut de même le lendemain : l’animal n’avait pas encore