‹ Traité de toxicologie (volume 2)Chapitre 58 sur 172 · OB LA RÉSINE DE JALAP · texte numérisé non relu

OB LA RÉSINE DE JALAP

mangé ni rendu de déjections. Le 5 mai, il avait eu une selle liquide et jaune. On mit un troisième emplâtre : celte déjection fut suivie d’une déjection alvine accompagnée d’épreintes. Le 6 mai , il y avait eu deux selles mêlées de matières glaireuses ; à neuf heures , il y en eut une nouvelle accompagnée de ténesme. Plusieurs autres évacuations eurent lieu dans la journée, mais elles furent liquides et sanguinolentes. L’animal était triste et abattu ; mais il semblait se ranimer par l’usage du lait. Deux jours après, les déjections n’étaient plus sanguinolentes, elles étaient consistantes; l’appétit revint, et le rétablissement ne tarda pas à être complet.

Expérience viiic. — Quatre grammes de résine de jalap finement pulvérisée furent appliqués sur le tissu cellulaire du dos d’un chien :on ne remarqua d’autre effet que celui que l’on observe dans les plaies simples, entretenues par un corps étranger.

Expérience ixc. — Quarante-cinq centigrammes de résine de jalap dissoute dans du jaune d’œuf furent injectés le 3 mai dans la veine jugulaire gauche d’un jeune chien. Le lendemain, l’animal n’avait offert aucun phénomène notable : il était rétabli quelques jours après.

Expérience xc. — On recommença la même expérience le 5 mai, sur un carlin assez fort. Le lendemain , il mangea avec appétit. Quelque temps après, on fit une nouvelle injection dans la veine crurale droite : elle fut suivie de convulsions ; mais les jours suivants, le rétablissement fut progressif ; l’appétit revint, les déjections furent constamment dures.

Expérience xie. — On injecta 1 gramme 30 centigrammes de résine dissoute dans du jaune d’œuf dans la veine jugulaire d’un troisième chien, qui ne donna d’abord aucun signe d’incommodité; les deux jours suivants, il rendit des excréments mous et décolorés; il perdit l’appétit, mais il ne tarda pas à se rétablir.

Il résulte de ce qui précède , l°que la résine de jalap, appliquée sur les membranes muqueuses, produit une excitation générale, et provoque des sécrétions abondantes de la part de ces membranes et de l’appareil de la sécrétion biliaire ; d’autres fois , eile occasionne les symptômes d’une inflammation locale, et le plus souvent alors les suites en sont funestes ; 2° que si on la met en contact avec le péritoine après l’avoir dissoute , elle agit d’abord comme diurétique ; la péritonite qui est la suite de cette injection est accompagnée d’une diarrhée abondante, puis de dysenterie, et d’une entérite qui se termine par gangrène ; les fonctions du foie participent évidemment à la perturbation générale ; 3 “ qu’injectée dans la plèvre, la résine de jalap borne ses effets aux symptômes de l’inflammation locale ; 4" que les frictions de résine de jalap combinée avec la graisse, et ses applications réitérées à forte dose sur la peau de la région hypogastrique , ont déterminé la diarrhée et la dysenterie; 5" qu’étant appliquée sur le tissu cellulaire sous-cutané de la région lombaire, cette résine se borne à développer

IDES POISONS IRRITANTS

une inflammation locale ; 6" que l’injection de la résine de jalap dans les veines à une assez forte dose ne produit aucun effet remarquable au bout de dix jours.

Traitement. (Voy. tom. Ie1', pag. 51. )

IÎE U C03.0QUINTE.

La coloquinte est le fruit du cacumis colocynthis ( monœcie syngénésie de L. ) , qui appartient à la famille des cucurbitacées , et qui croît dans les îles de l’Archipel. Ce fruit se rapproche beaucoup de la baie , et il est composé d’une écorce , d’une substance charnue , et d’un grand nombre de graines; l’écorce est dure, unie, luisante, jaune ou verdâtre ; mais comme le plus souvent le fruit dont je parle est privé de sou écorce lorsqu’il nous arrive d’Espagne ou de l’Archipel, je crois devoir m’attacher à donner la description de celui qui a été écorcé. Il est presque rond, de la grosseur d’une orange, léger, spongieux, sec, d’un blanc jaunâtre, d’une odeur désagréable, et d’une saveur excessivement amère ; la substance charnue à laquelle appartiennent les caractères qui viennent d’être indiqués, est composée de feuillets membraneux , et présente un très grand nombre de cellules dans lesquelles se trouvent renfermées plusieurs graines petites, planes, oblongues, semblables à des pépins de poires, brunes, et amères à l’extérieur , et dont l’amande est blanche , douce et charnue.

Action de la coloquinte sur l’économie animale.

Expérience re. — A neuf heures du matin , on a détaché et percé d’up trou l’oesophage d’un chien de moyenne taille, et on a introduit dans son estomac 12 grammes de coloquinte réduite en poudre fine et contenue dans un cornet de papier : on a lié l’œsophage. A deux heures , l’animal avait eu une selle liquide, noirâtre : il se plaignait de- temps en temps; mais il n’avait ni vertiges ni convulsions. A huit heures du soir, sa respiration était un peu accélérée et gênée ; il ne conservait plus les facultés du sentiment ni du mouvement ; on pouvait le déplacer comme une masse inerte, et il lui aurait été impossible de se tenir un instant debout. Il était couché sur le côté ; ses pattes , un peu allongées , sans contraction remarquable des muscles qui en font partie , n’étaient le siège d’aucun mouvement convulsif. Il est mort à minuit. L’estomac offrait , à l’intérieur, une couleur rouge violette ; il était distendu par une assez grande quantité d’aliments solides et par un liquide dans lequel était suspendue la poudre de coloquinte ; la membrane muqueuse de ce viscère, fortement enflammée dans son étendue, était d’un rouge noirâtre dans la portion correspondante au grand cul-de-sac, d’un rouge vif dans les autres par-

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