‹ Traité de toxicologie (volume 3)Chapitre 18 sur 85 · BU BEOMUEE SS POTASSIUM · texte numérisé non relu

BU BEOMUEE SS POTASSIUM

Action sur l’économie animale.

Injecté dans la veine jugulaire, le bromure de potassium tue les chiens à la dose de 60 à 75 centigrammes, en coagulant le sang.

Introduit dans l’estomac des mêmes animaux à la dose de 4 à 6 grammes, il détermine la mort s’il n’est pas vomi, et l’on trouve à l’ouverture des cadavres la membrane muqueuse stomacale enflammée , sans ulcérations ni état emphysémateux. (Barthez, lïissertaiion inaugurale soutenue en 1828. Paris.)

Il est absorbé et agit évidemment comme l’iodure de potassium.

Traitement de l’empoisonnement.

Il est le même que pour l’iode. (Voy. pag. 69.)

Recherches médico-légales.

Le bromure de potassium cristallise en cubes ou en parallélipipèdes blancs, d’une saveur piquante et amère; chauffé, il éprouve la fusion ignée et ne se volatilise pas sensiblement ; ii est soluble dans l’eau. Le solutum est décomposé par le chlore ou par l’acide sulfurique , qui en séparent du brome, facile à volatiliser et à reconnaître en chauffant le mélange dans un appareil distillatoire ; il précipite l’azotate d'argent en blanc jaunâtre ou en jaune; ce précipité de bromure d’argent est insoluble dans l’acide azotique et soluble dans une assez grande quantité d’ammoniaque.

Si le bromure de potassium était mélangé à des liquides végétaux et animaux , on évaporerait ces mélanges jusqu’à siccilé, et on les calcinerait dans une cornue ou dans un creuset de platine. Le résidu

DES POISONS IRRITANTS

renfermerait du bromure de potassium; il ne s’agirait que de le traiter par l’eau bouillante , qui dissoudrait ce sel. Le solutum serait reconnu aux caractères indiqués plus haut.

BU CEIOEE.

Action sur l’éeonomie animale.

Expérience ive. — On a injecté 10 à 12 centimètres cubes de chlore gazeux , à la température de 9° il., dans la veine jugulaire d’un chien de moyenne taille. Les effets de cette injection ont été bornés à quelques plaintes. Au bout de cinq minutes, nouvelle injection de 15 à 20 centimètres cubes du même gaz : au bout d’une minute, l’animal a poussé des plaintes, des cris de souffrance; la respiration est devenue difficile et rare, et il est mort trois minutes après la dernière injection. A l’ouverture du corps, qui fut faite quatre minutes après la mort, on trouva le sang entièrement liquide et semblable au sang veineux dans l’oreillette et le ventricule pulmonaires, qui ne contenaient ni gaz ni caillots.

Expérience iic. — A huit heures quarante-cinq minutes, on a injecté dans la plèvre droite d’un chien, du poids de 6 kilogrammes, 60 centimètres cubes de chlore gazeux, à la température de 13° R. Immédiatement après, agitation violente, éjection d’urine; l’animal tombe sur le côté, se roiclit un instant, et crie comme dans une extrême souffrance. Peu de temps après, il marche; mais il continuait à se plaindre. A midi, il ne se plaignait plus; il était le plus souvent couché. A quatre heures quinze minutes, tremblements des membres; nulle plainte. Le lendemain , il était triste , et restait couché. Le troisième jour, on le lit périr. Les deux plèvres étaient recouvertes de fausses membranes , et contenaient chacune environ 100 grammes de sérosité rougeâtre ; par le refroidissement il s’est formé dans le cœur des concrétions d’apparence gélatineuse, comme celles qu’on observe à la suite des maladies inflammatoires, et qui sont très analogues à la couenne pleurétique.

On sait, par un très grand nombre d’expériences, que les animaux ne tardent pas à périr lorsqu’on les plonge dans le chlore gazeux. Nyslen dit à cet égard : « Ce gaz n’est pas absorbé quand on le respire pur; il ne paraît agir qu’en irritant localement les bronches , et son action est si énergique que l’animal meurt avant de pouvoir être asphyxié par le sang noir. Ce qui prouve encore qu’il n’agit qu’en irritant , c’est que , quand on le respire étendu dans l’air et en trop petite quantité pour porter atteinte à la vie des poumons, il borne son action à déterminer une toux plus ou moins vive , et quelquefois, comme l’a remarqué Fourcroy, une phlegmasie de la membrane muqueuse des bronches. » ( Recherches de Physiologie et de Chimie , pag. 1 kl\ , ann. 1811.

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