‹ Traité de toxicologie (volume 3)Chapitre 19 sur 85 · DU CII LOUE · texte numérisé non relu

DU CII LOUE

Le docteur Williams Wallace, clans un mémoire sur le traitement des maladies du foie par le chlore , a étudié l’action de ce gaz sur l’homme et a obtenu les résultats suivants. (Voy. Arc h. gêné, de Mêd. , toin. Y, pag. 118, ann. 1824. )

La peau exposée dans un appareil convenable à l’action du chlore suffisamment mêlé à de l’air et à de la vapeur d’eau , sous une température de 110° F. (43° c.), éprouve au bout de dix à douze minutes, dans diverses parties de son étendue, des sensations analogues à celles que produiraient des piqûres ou des morsures de très petits insectes. Ces sensations vont en augmentant dénombré, mais non de force , et enfin elles font naître le désir cle frapper avec la paume de la main les parties ainsi tourmentées. Cette sensation de démangeaison n’est plus incommode quand on est sorti du bain, mais elle est généralement suivie d’un sentiment de prurit ou d’ardeur qui cesse cependant avant que le malade soit habillé. L’auteur assure que la peau conserve d’autant plus long-temps cette sensation qu’on a été soumis à un plus grand nombre de fumigations. • — Un autre effet immédiat du chlore est la sueur, qui commence généralement en même temps que le prurit, et qui quelquefois est très copieuse. Il croit que cette transpiration est plus abondante que celle cpii serait provoquée par le même degré de chaleur, seule ou unie à la vapeur d’eau. Il suait lui-même plus abondamment que de coutume la nuit qui suivait le bain de chlore. C’est à cette propriété qu’il attribue la plus grande partie des effets avantageux du remède. Enfin l’effet le plus évident de ce bain est une éruption de très petites pustules sur toutes les parties du corps , mais plus particulièrement au dos , aux lombes, à la poitrine, sur l’abdomen et sur les bras. L’apparition de cette éruption est toujours d’un bon augure. Rarement l’auteur a vu ces pustules suppurer. Pendant l’application locale du chlore gazeux, la peau prend une couleur rouge, et si l’application continue il en résulte une forte douleur qui , ainsi que la rougeur, va toujours en augmentant; la peau se soulève et se gonfle, et prend un aspect analogue à celui des téguments de la face atteinte d’érysipèle, puis elle devient le siège d’un malaise, tel qu’il existerait si les parties avaient été contuses. Ces sensations durent quelques jours comme si la peau était profondément affectée. Enfin survient le prurit , précurseur de la desquammation de l’épiderme. Il résulte de t uit cela que les effets immédiats de l'application du chlore gazeux, sont une exaltation de la sensibilité de la peau accompagnée de sensations particulières , de sécrétions augmentées , de congestions sanguines dans les capillaires, finalement d’une augmentation de température, ce qui autorise à conclure (pie les fonctions et les propriétés

vitales de la peau sent excitées d’une manière très active, excitation qui persiste quelque temps après l’opération.

Le docteur Wallace croit que le chlore exerce sur les membranes muqueuses une action analogue à celle qu’il produit sur la peau. La personne soumise à l’influence de ce remède montre une altération dans la quantité et la qualité des sécrétions opérées par ces membranes, mais plus particulièrement dans celles des organes biliaires , salivaires, urinaires et génitaux, etc.

L’auteur ne sait s’il doit attribuer seulement à la chaleur ou au %

chlore l’augmentation d’activité qui se manifeste dans la circulation et dans la respiration; il ignore également quelle est l’action spéciale de ce gaz sur le cerveau et sur le système nerveux.

Le docteur Christi son rapporte qu’un fabricant de produits chimiques de Belfort lui a dit que les ouvriers exposés à Faction du chlore gazeux sont obligés de prendre du carbonate de chaux pour neutraliser les produits acides qui se développent dans leurs estomacs , qu’ils ne deviennent jamais gras, quoique la durée de leur vie ne soit pas abrégée ( 1 réalisé on poisons , 697, 2e édit.) D’un autre côté, nous avons vu souvent , à F époque où Fou employait fréquemment des fumigations de chlore contre la phthisie , un accroissement notable dans les forces digestives, la constipation, la décoloration des matières fécales , etc.

Expérience me. — A neuf heures , on a introduit dans l'estomac d'un petit chien robuste 50 grammes de dissolution de chlore moyennement concentrée, et on a lié Fœsophage. Dix minutes après, l’animal a commencé à faire des efforts violents pour vomir. A midi, il était très abattu, et se plaignait considérablement. Il est mort dans la nuit. La membrane muqueuse de l’estomac était d’un rouge noir dans toute son étendue ; les autres organes paraissaient sains.

Expérience ivc. — On a répété la même expérience avec 6d grammes de la dissolution précédente que i’on a préalablement affaiblie avec 120 grammes d’eau. L’anima] est mort dans l’abattement quatre jours après l’ingestion de la substance vénéneuse. La membrane muqueuse de l’estomac , peu rouge , offrait vers le grand cul-de-sac quelques petits ulcères bordés d’une auréole jaune ; l’intérieur du duodénum et d’une partie du jéjunum était tapissé d’une couche jaune assez épaisse, provenant sans doute de la décomposition de la bile par l’acide chlorhydrique formé aux dépens du chlore et de l’hydrogène des tissus organiques.

Ces faits prouvent que le chlore liquide agit d’une manière analogue à celle des acides minéraux dont je parlerai bientôt.

Traitement de l'empoisonnement par le chlore.

Si les accidents ont été produits par du chlore gazeux , on s’attachera surtout à combattre, par des lotions émollientes, des gargaris-

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