DE L’OXYDE NOIR D’ARSENIC
DE li’OXYBS i¥©lK B’ARSEMIC (composé (I’Arsenic et d’ÀciDE
arsénieux de quelques chimistes).
Cet oxycle est d’un gris noirâtre , quelquefois noir ; il est terne , sans éclat , peu dur et très friable. Mis sur les charbons ardents , il répand une vapeur blanche d’une odeur alliacée ; introduit dans un appareil de Marsh , il fournit de l’arsenic métallique. L’acicle azotique agit sur lui à peu près comme sur l’arsenic métallique. ( Voy. p. 303.) Son action vénéneuse est mise hors de doute par les expériences suivantes.
Renault fit prendre à un petit chien 30 centigrammes d’oxyde noir d’arsenic porphyrisé et mêlé avec de la graisse de porc : l’animal fut pris de vomissements quatre heures après avoir avalé le mélange. On s’opposa à ce que le poison fût expulsé de l’estomac; mais pendant deux heures le canal alimentaire fut presque continuellement en mouvement , et les déjections alvines très abondantes. L’animal ne tarda pas à mourir. Toute la poudre noire fut trouvée dans l’estomac. La membrane muqueuse de ce viscère , tapissée d’une couche de mucus épaissi, était de couleur de lie de vin rouge. L’inflammation ne dépassait pas les deux orifices , de manière qu’à 4 millimètres de là les parties étaient dans l’état naturel.
On donna à un autre chien plus gros que le précédent 20 centigrammes d’oxyde noir d’arsenic , qui furent vomis une demi-heure après; on les lui fit avaler de nouveau, et la majeure partie fut encore expulsée de l’estomac au bout du même intervalle de temps; il fut impossible de la lui faire garder. Dans les derniers vomissements , il rendit des mucosités sanguinolentes , et il mourut dix heures après l’empoisonnement. L’estomac était rempli d’un liquide sanguinolent d’un rouge vermeil ; la membrane muqueuse n’offrait aucune trace d’érosion : seulement elle était livide dans quelques endroits, et rouge dans le reste de son étendue. Les intestins ne paraissaient pas avoir éprouvé la moindre atteinte de la part du poison.