DU BI-OXYDE DE CUIVRE
Le bi-oxyde de cuivre anhydre, d’une couleur brune noirâtre, sera facilement reconnu, l°à la facilité avec laquelle le charbon et les corps gras le désoxyderont à une température élevée ; 2° à sa solubilité, sans effervescence,’ dans l’acide sulfurique faible et à la température ordinaire; 3° aux propriétés de la dissolution qui en résultera (voyez Sulfate de cuivre) ; 4° au changement de couleur qu’il fera
DES POISONS IRRITANTS
éprouver à F ammoniaque : cet alcali le dissoudra sur-le-champ et deviendra d’une belle couleur bleue; 5° enfin, à son insolubilité dans l’eau.
DU CARBONATE WE CUIVRE VERT (Vert-de-gris naturel).
Il se forme spontanément à la surface des vases de cuivre rouge, de laiton, d’airain, des pièces de monnaie, etc. Traité parle charbon, par l’ammoniaque et par l’eau (1), il se comporte comme le bi-oxyde dont je viens de parler ; mais, il en diffère par sa couleur verte , et parce qu’il se dissout avec effervescence dans l’acide sulfurique affaibli , ce qui dépend évidemment du dégagement du gaz acide carbonique qui entre dans sa composition.
Le bi-oxvde et le carbonate de cuivre sont vénéneux.
Expériences. — Drouard donna à un petit chien 4 pièces de cuivre oxydé : un quart d’heure après, l’animal vomit un peu de bile; au bout de huit jours , il ne les avait pas encore rendues, et il n’avait éprouvé aucune nouvelle incommodité : on lui en donna deux autres , et on l’ouvrit trois heures après. Les six pièces furent trouvées dans l’estomac ; les deux dernières présentaient une surface extrêmement brillante ; les quatre autres étaient plus noires qu’au moment où l’animal les avait avalées. Drouard pense que les sucs gastriques dissolvent l’oxyde de cuivre, et avivent la surface des pièces; mais que l’acide sulfhydrique qui se dégage dans l’estomac ou dans les intestins brunit de nouveau le cuivre, et te transforme en sulfure.
M. Lefortier s’est assuré , en administrant à des chiens du bœuf mélangé avec 7 décigrammes de bi-oxyde de cuivre, que cet oxyde était dissous par les acides qui font partie des sucs gastriques , et transformé en sel. 11 a obtenu les mêmes résultats avec du carbonate de cuivre parfaitement pur. ( Annales d’hygiène, juillet 1840.)
On sait que plusieurs personnes ont éprouvé des coliques et des vomissements pour avoir avalé des pièces de cuivre oxydé.
L’oxyde et le carbonate de cuivre , qui se trouvent assez souvent à la surface des bassines de ce métal , se dissolvent facilement à l’aide de la chaleur dans plusieurs substances acides, telles que certains aliments , le suc d’oseille , les confitures de pommes , de coings , de groseilles, de verjus, etc. Il suit de là que toutes les préparations de ce genre , faites dans des vases de cuivre ainsi altérés, contiennent
(1) On sait que l’eau qui séjourne dans des fontaines de cuivre reste sans altération, et ne donne à l’analyse chimique aucune trace de ce métal , lors même que la surface de la fontaine est enduite de bi-oxyde et de carbonate de cuivre. Ce fait dépend évidemment de l’insolubilité de ces deux substances.