‹ Traité de toxicologie (volume 3)Chapitre 8 sur 85 · SECOND PROBLÈME · texte numérisé non relu

SECOND PROBLÈME

Déterminer quels sont les moyens généraux propres à combattre les effets des poisons introduits dans le canal digestif.

Il est d’autant plus important de fixer l’attention du lecteur sur le traitement de l’empoisonnement considéré d’une manière générale , que les médecins ne sont pas d’accord sur les avantages des diverses méthodes qui ont été proposées. Les uns pensent qu’il n’existe point de contre-poisons , et qu’en supposant même qu’il y en ait , il est dangereux de les employer. « Les spécifiques , dit Portai , sont recommandés aujourd’hui par quelques chimistes habiles, et par des médecins dont la clinique n’est pas encore bien avancée , presque toujours d’après les seuls résultats de quelques expériences sur les animaux vivants. » Voici comment les partisans de cette doctrine croient que l’on doit traiter l’empoisonnement : « Si le médecin arrive auprès du malade avant que les signes d’inflammation abdominale soient prononcés , il prescrit les vomitifs et les lavements purgatifs , le plus promptement possible , afin d’expulser hors du corps le foyer vénéneux , de quelque nature qu’il soit. Mais si Tint] amination de l’estomac est déjà caractérisée par des vomissements violents , des douleurs vives du bas-ventre , la tension des parois musculaires de cette cavité, les mouvements convulsifs, la fièvre plus ou moins vive, par l’urine qui est rouge , sanguinolente , alors , de quelque espèce que soit le poison avalé , le médecin ne prescrit ni ne doit prescrire le vomitif, parce qu’il serait funeste, et qu’il ajouterait à la cause du mal au lieu de la détuire. Les boissons adoucissantes, émollientes, légèrement anodines , sont les seules qui conviennent alors : aussi doivent-elles être abondamment prescrites : elles ne peuvent jamais être nuisibles en pareil cas, quand bien même elles faciliteraient les vomissements , parce qu’elles n’opéreraient cet effet qu’en relâchant le tissu des parties et non en l’irritant. » (Port al, Mémoires sur la nature et le traitement de plusieurs maladies , 4e année’, 1819, pag. 309 et 310. )

Il résulte évidemment de ce qui précède que Portai proscrit l'emploi des antidotes dans le traitement de l’empoisonnement ; ce qui prouve qu’il ne les croit utiles dans aucun cas. Cependant on lit , page 312 de l’ouvrage cité, une assertion qu’il est difficile de concilier avec les deux passages que je viens de transcrire. « S’il n’existe pas, dit-il, des symptômes d’inflammation, il faut, dans le cas d’empoisonnement par le tartre stibié, prescrire l’infusion de quinquina .

Foureroy et Berthollet ont cité d’heureux exemples de guérison d’*«fîammation abdominale causée par de fortes doses d’émétique, par la boisson d’infusion de quinquina. » Le quinquina agit-il autrement qu’en décomposant l’émétique , et en le transformant en une substance qui est sans action délétère sur l’économie animale ; en un mot, le quinquina n’est-il pas le contre-poison de l’émétique? Donc, pour être conséquent, Portai aurait dû reconnaître l’avantage de l’emploi des substances qui sont les antidotes des sels de mercure , de cuivre , de plomb , etc. , au moins lorsqu’il n’existe pas de symptômes d’inflammation. Portai ajoute, page 319 : <' A peine peut-on citer quelques exemples de leurs succès ( en parlant des antidotes ) ; tandis qu’il y a une si grande quantité d’heureux traitements par la méthode que je viens d’exposer, que nos livres en sont pleins, etc. » Le savant médecin dont je combats ici l’opinion n’ignorait point combien les cas d’empoisonnement sont rares ; il savait que les contrepoisons dont il cherche à contester l’utilité n’ont été proposés , pour la plupart, que dans le courant de l’année 1813, et que beaucoup de praticiens les ont rejetés, sans appel, avant de les connaître. Néanmoins, je puis affirmer que plusieurs médecins français et étrangers ont constaté par des observations recueillies chez l’homme que les résultats de mes expériences sont exacts ; loin de regarder les essais faits sur les animaux comme insignifiants, ils y ont a ttaché beaucoup d’importaqce, et leurs efforts ont été couronnés de succès. Parle-t-on sérieusement lorsque, pour annuler des données fournies par des expériences faites sur les contre-poisons, on dit qu’elles ont été tentées sur des animaux seulement ? Je ne le pense pas. En effet, que l’on introduise de l’acétate de plomb dans un verre, dans un pot, dans l’estomac d’un chien ou d’un homme; que l’on verse par-dessus du sulfate de soude ( contre-poison du sel de plomb) : aussitôt qu'il y aura contact , le poison sera décomposé, le contre-poison aura produit tout l’effet quel on en attendait. Que l’on substitue à l’acétate de plomb, les sels de mercure, de cuivre, et au sulfate de soude de l’albumine, on obtiendra des effets analogues. N’a-t-on pas lieu de s’étonner maintenant lorsqu’on entend dire que la décomposition du poison par le contre-poison a lieu dans l’estomac d’un chien, tandis qu’elle ne se fait pas chez l’homme? C’est comme si l’on disait : par cela seul que le poison et le contre-poison sont mêlés dans l’estmiac de l homme, l action chimique de l'un sur I autre cesse. Cette décomposition est indépendante du vase dans lequel elle s’opère; pourvu que le contact ail eu lieu entre le poison et le contre-poison , peu importe la nature du vase qui contenait le mélange. Notez que le même médecin qui tiendra ce langage n’hésitera pas à administrer

de la magnésie calcinée lorsqu’il soupçonnera la présence d’une trop grande quantité d’acide dans l’estomac; dans ce cas, il admettra que la magnésie s’empare de l’acide dans l’estomac , comme elle le ferait dans un vase inerte.

On doit distinguer deux époques dans le traitement de l’empoisonnement, ainsi que je l’ai établi dans la première édition de ce Traité. 1° Il n’y a pas long-temps que le poison a été avalé ; il se trouve dans le canal digestif ; il faut, autant que possible, l’empêcher d’agir en le chassant, soit par le haut, soit par le bas , ou en le combinant avec une substance qui neutralise ses propriétés vénéneuses : cet objet étant rempli , on doit combattre les symptômes qui ont été déterminés par le poison , à l’aide de moyens qui varient suivant les cas. 2° Le poison est avalé depuis long-temps ; des vomissements, des selles ont eu lieu ; tout annonce que la substance vénéneuse, qui n’a point agi, a été entièrement expulsée : on compromettrait la vie du malade si , dans ce cas , on s’obstinait à vouloir décomposer le poison : il faut tout simplement s’opposer aux progrès de la maladie par les moyens généraux appropriés.

Première époque . -- Il faut débarrasser le malade de la substance vénéneuse qui n’aurait point encore agi ; car si elle continue d’exercer son action sur le canal digestif, les accidents seront singulièrement aggravés , et les médicaments employés produiront à peine de bons effets. Or, il y a deux moyens d’empêcher l’action des poisons sur le canal digestif ; le premier consiste à les faire rejeter par haut ou par bas ; le second a pour objet de les neutraliser de manière à ce qu’ils n’exercent plus aucune action délétère sur nos tissus.

Evacuants'. — Les médicaments que l’on emploie pour déterminer le vomissement dans l’empoisonnement sont de deux sortes : les uns sont vraiment émétiques ; tels sont le tartre stibié , le sulfate de zinc , etc. : on en fait usage lorsque la substance vénéneuse introduite dans l’estomac n’est point irritante ; les autres sont aqueux , mucilagineux, adoucissants, et ne font vomir qu’en distendant l’estomac et en le forçant à se contracter : on les emploie dans les empoisonnements par les poisons irritants, âcres et corrosifs. On voit évidemment que, dans ce cas, il serait dangereux d’avoir recours à des vomitifs énergiques, qui augmenteraient l’irritation de l’estomac.

Quels que soient les évacuants dont on croira devoir faire usage , il sera souvent avantageux de les introduire dans l’estomac à l’aide d’un appareil dont on s’est disputé à tort l’honneur de la découverte dans ces derniers temps (1) , et qui est disposé de manière à ce que

(1) Plusieurs journaux ont annoncé, en 1824, la découverte importante qui

l’on puisse retirer les liquides contenus clans ce viscère. Voici la description de l’appareil telle qu’elle a été donnée dans le Hulletin de Pharmacie : « On se procure une seringue d’une grande capacité, à laquelle on adapte une canule en tissu élastique, pareille aux sondes creuses de caoutchouc, qui aura six décimètres de long et une entrée de deux centimètres de diamètre, c’est-à-dire assez grande pour recevoir le canon de; la seringue ; ce diamètre ira en diminuant jusqu’à ce qu’il n’ait plus que six millimètres, non compris l’épaisseur des parois, qui est partout de deux millimètres. L’autre extrémité de la canule sera assez pointue pour faciliter l’introduction, et cependant assez arrondie pour ne pas léser les organes. Les ouvertures, au nombre de deux, seront pratiquées latéralement à différente hauteur, mais l’inférieure toujours au bout de la canule. On tient prêle une. assez grande quantité d’eau tiède; on introduit la canule dans la bouche, l’œsophage, et même assez avant dans le ventricule; on évite la rencontre du larynx pour peu que l’on porte l’extrémité (h; la canule en arrière. Le sentiment de gêne qu’elle produit ne doit pas arrêter. Parfois, la contraction de l’œsophage étant fort vive, un peu d’effort de la part de l’opérateur est un mal nécessaire et léger en comparaison de celui auquel est exposé le malade. La canule étant adaptée comme nous l’avons dit plus haut, l’on injecte dans l’estomac l’eau tiède contenue dans la seringue; puis, quand la seringue sera vidée , on aspirera la même eau chargée de poison dissous. On réitérera cette opération avec célérité, et cela autant de fois qu’il sera nécessaire pour laver complètement l’estomac. Plus l’introduction de l'eau dans l’œsophage et son impulsion seront abondantes et réité-

venait d'être faite en Angleterre, d’une seringue métallique terminée par un tube placé à angle droit, qui permet d’introduire dans l’estomac des personnes empoisonnées une quantité considérable de liquides, et de les retirer après avoir dissous le poison. I n chien empoisonné par l’opium fut guéri sur-lechamp à l’aide de l’appareil en question. Une dame qui voulait se suicider, et qui avait pris du laudanum, fut rendue à la vie.

On ne larda pas a réclamer la priorité de cette découverte en faveur de Dupuylren. On rappela la description de l’instrument de ee professeur, donnée en février 1810 dans le Bulletin de Pharmacie : il eût été plus exact de dire que dès l’an x de la république, Renault et Dupuytren avaient fait connaitie des résultats semblables aux précédents ( voyez la Dissertation inau- (jur de de Renault, an x, n° 3), et que déjà, en 1744 , le célèbre liocrbaave disait, dans son article des Antidotes, qu’il fallait employer un instrument analogue, comme on peut en juger par le passage suivant : « Quattdo vero h<>miue\ ita convulsi sain, ut niliil degLitiant, délai prœsto esse canalis melallicus llexilis, qui supra linguam ad membranarn quœ vertebrus anterius succingit haie in vent riciihnn distendatnr , per eum médicamenta injicere oportel. » ' Prctlecliones Acad., tom. vi, pag. 338. ( ïoitimpc , 1744.)

CONSI DÉ R ATIONS GÉNÉRA LES.

rées , pins le malade sera promptement soulagé , et moins les suites de l’empoisonnement seront graves. O11 sait qu’il est des substances vénéneuses solides, telles que l’opium, qui ne peuvent être sur-lechamp entraînées par l’eau introduite dans l’estomac ; mais cette eau peut dissoudre et enlever d’abord ce qui était dissous , et même les matières administrées en poudre fine dans des liquides. »

O11 devra surtout avoir recours à l’appareil dont il s’agit lorsque les émétiques ou les boissons prescrites ne déterminent point le vomissement, ou que le malade ne peut pas avaler, soit parce qu’il éprouve un resserrement convulsif des mâchoires, une constriction à la gorge, ou par toute autre cause.

Contre-poisons. — On désigne sous le nom de contre-poison ou ({'antidote toute substance jouissant des propriétés suivantes :

1° Elle doit pouvoir être prise à grande dose sans aucun danger.

2° Elle doit agir sur le poison , soit liquide , soit solide , à une température égale ou inférieure à celle de l’homme.

3° Son action doit être prompte.

4° Elle doit être susceptible de se combiner avec le poison ou de le décomposer au milieu des sucs gastrique, muqueux, bilieux et autres que l’estomac peut contenir.

5° Enfin , en agissant sur le poison, elle doit le dépouiller de toutes ses propriétés délétères.

Il existe des substances médicamenteuses qui forment avec certains poisons des composés beaucoup moins vénéneux que ces poisons, mais qui sont encore délétères ; on ne saurait les considérer comme des contre-poisons parfaits , ce sont des médicaments qu’il faudra se hâter d’employer, jusqu’à ce que l’on en ait découvert d’autres qui soient capables de dépouiller ces poisons de toutes leurs propriétés délétères. On peut donc diviser les contre-poisons en deux sections : 1° ceux qui annulent complètement les qualités délétères des poisons; tels sont les sulfates solubles pour les sels de barium et de plomb , les chlorures solubles pour les sels d’argent, etc; 2° ceux qui diminuent notablement les effets funestes des poisons; tels sont l’albumine pour les sels de mercure et de cuivre, la noix de galle pour l’opium, etc.

Renault , dans une dissertation sur les contre-poisons de l’acide arsénieux , après avoir indiqué toutes les qualités des contre- poisons (1), insiste sur la nécessité d’essayer sur les animaux vivants les différents réactifs proposés comme tels, et de les forcer à séjourner dansl’esto-

(1) Nouvelles expériences sur tes contre-poisons de l'arsenic, dissertation soutenue à l’Ecole de Médecine, an x, p. 3.

J’ai omis à dessein de parler d’une condition dont Renault fait mention,

mac avec la substance vénéneuse , afin que rien ne soit expulsé par le vomissement. En effet , on ne peut affirmer qu’une substance soit l’antidote d’un poison qu’autant que l’on a empêché le vomissement chez les animaux soumis aux expériences , car le rétablissement de l’animal peut dépendre de l’expulsion du poison sur lequel le réactif chimique n’a exercé aucune influence ; ces sortes d’expériences ne sauraient donc avoir de valeur que dans le cas où le vomissement ri a pas eu lieu.

O11 dira peut-être qu’il est aisé de s’assurer si une substance est l’antidote d’un poison , en ayant égard à la durée de la vie des animaux empoisonnés et auxquels on a administré quelque contre-poison. Je crois cette assertion plus propre à induire en erreur qu’à nous éclairer : en effet , le degré de vitalité des animaux varie trop pour qu’on y puisse compter d’une manière absolue. Je puis assurer, d’après un très grand nombre de faits , a qu’un animal dont l’œsophage est maintenu lié, et auquel on n’a fait prendre aucune substance vénéneuse, vit quelquefois deux jours moins qu’un autre de la même espèce et de la même taille auquel on a fait avaler un poison , et qui d’ailleurs est placé dans les mêmes circonstances ; b que la mort arrive souvent deux ou trois jours plus tard chez un animal qui a pris une substance vénéneuse à la même dose qu’un autre animal de même espèce, leurs œsophages ayant été percés et liés. Il est donc impossible de tirer aucune conclusion rigoureuse si l’on a seulement égard au nombre de jours qui s’écoulent depuis le moment où l’animal a été empoisonné jusqu’à celui delà mort. Toutefois , il faut excepter quelques uns des poisons, comme le sublimé corrosif et les acides concentrés, dont le mode d’action est tellement énergique et constant , qu’ils déterminent toujours la mort en quelques heures. Que l’on introduise, par exemple , dans l’estomac d’un chien l\ grammes de sublimé corrosif dissous dans 250 grammes d’eau , et dans celui d’un autre chien de même taille une pareille quantité de ce corps mêlé avec 300 grammes du même liquide, dans lequel on aura préalablement délayé l’albumine provenant de 5 ou 6 blancs d’œufs, qui, comme je l’ai prouvé , est le contre-poison du sublimé , le premier périra constamment dans l’espace de quelques heures , le second vivra deux ou trois jours, les œsophages de ces animaux ayant été percés d’un trou et liés.

Lorsqu’il est avéré qu’un poison corrosif détermine l’inflammation,

et qui ne me paraît pas exacte. 11 dit « que les contre-poisons doivent être » dissolubles dans l'eau et dans les liqueurs animales : » or, il est évident que la magnésie, qui, de l’aveu de tous les praticiens, est un des meilleurs contrepoisons des acides minéraux , est un corps insoluble dans l’eau.

F ulcération , la scarification d’une ou de plusieurs parties du canal digestif, on doit sans hésiter reconnaître comme contre-poison de cette substance le réactif chimique qui l’empêche de produire tous ces désordres, quelle que soit l’époque 'a laquelle la mort survienne.

Le mot contre-poison a, parmi beaucoup de médecins, deux acceptions différentes : tantôt ils appellent ainsi une substance capable de décomposer rapidement le poison dans l’estomac , et de former avec lui une matière insoluble et sans action sur l’économie animale ; tantôt ils donnent ce nom à tout médicament qui, ne jouissant en aucune manière de la faculté de décomposer la substance vénéneuse ni de se combiner avec elle, diminue les effets auxquels elle a donné lieu, calme les accidents de la maladie et peut même les faire disparaître. Il est inutile de faire sentir combien la dénomination de contre-poison convient peu à ces derniers médicaments : par exemple, n’est-il pas inconvenant de dire que les sangsues, les bains, les fomentations émollientes, les lavements, voire même la diète, sont des contre-poisons des substances irritantes parce qu’ils ont souvent fait disparaître les symptômes d’inflammation qui avaient suivi l’ingestion d’un poison corrosif quelconque , que le café est le contre-poison de l’opium , comme le veut M. Devergie, parce qu’il dissipe les symptômes de narcotisme ? Et combien d’autres exemples de ce genre ne pourrais-je pas rapporter!

Un esprit juste n’admettra comme contre-poisons que les substances qui agissent contre le poison en le neutralisant ou en le décomposant, et non contre la maladie qu’il a déterminée.

Deuxieme époque. — Si le médecin est appelé auprès du malade long-temps après l’introduction du poison dans le canal digestif, lorsque la substance vénéneuse a été entièrement expulsée avec la matière des vomissements ou des selles, loin de chercher à faire usage des antidotes ou des vomitifs, qui pourraient être nuisibles dans beaucoup de cas, il doit examiner attentivement l’état de l’individu, la nature des symptômes qui se sont développés, les organes qui ont été primitivement ou secondairement affectés, le genre de poison auquel on peut attribuer les accidents, et agir différemment suivant qu’il se présente telle ou telle autre indication à remplir. Je me garderai bien de donnera cet égard des préceptes généraux, le mode de traitement qu’il convient de suivre dans un cas pouvant être funeste dans une autre circonstance; toutefois, comme il est avéré par mes expériences que la plupart des poisons, pour ne pas dire tous, sont absorbés, et qu’après avoir séjourné pendant un temps plus ou moins long dans nos organes , ils sont expulsés par Y urine et peut-être aussi par la voie de quelques autres excrétions, il est évident qu’en favorisant la sécrétion de l’urine, à l’aide de diurétiques doux et aqueux, donnés àcertai-

nés périodes de l' empoisonnement , on débarrassera ces organes au moins d’une partie de la substance vénéneuse et l’on hâtera le rétablissement.

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