‹ Traité de toxicologie (volume 3)Chapitre 83 sur 85 · EMPOISONNEMENT PAR LES VAPEURS ARSENICALES · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT PAR LES VAPEURS ARSENICALES

Incinération par V azotate de potasse (voy. pag. 402). — Ce procédé a l’avantage de détruire complètement la matière organique , ce que l’on n’obtient par aucun des autres moyens connus jusqu’à ce jour, et de donner par conséquent de l’arsenic parfaitement pur; mais il a l’inconvénient de ne pas fournir, ni à beaucoup près, tout l’arsenic que l’on pourrait extraire d’une matière empoisonnée, soit qu’une portion d’acide arsénieux se volatilise avant d’être brûlée par le nitre , soit qu’une partie du composé arsenical pénètre dans la matière du creuset où s’opère la combustion. L’inconvénient que je signale se retrouve aussi dans la carbonisation par les acides azotique et sulfurique : aussi ne doit-on pas balancer à préférer à ces diverses méthodes de destruction delà matière organique, celle que je viens de décrire à la page 709. Toutefois, comme il ne serait pas impossible que certains experts, tentés par la simplicité de l’opération, préférassent l’incinération par l’azotate de potasse à la décomposition par le chlore , je dois ajouter à ce que j’ai dit (voy. p. 412) : 1° qu’après avoir traité par une petite quantité d’eau le sulfate de potasse obtenu , et avoir ainsi dissous la majeure partie de l’acide arsénique, il faut laver avec de l’alcool concentré le sulfate de potasse qui est sur le filtre , afin de dissoudre la totalité de l’acide arsénique ; la dissolution alcoolique doit ensuite être évaporée jusqu’à siccité , et le résidu traité par l’eau avant d’être mis dans l’appareil de Marsh; on sait en effet que l’alcool , introduit dans cet appareil, ne tarderait pas à arrêter le dégagement du gaz hydrogène arsénié; 2° qu’il faut substituer au tube de la page 382 un tube à boule recourbé en S , et luter le bouchon avec de la cire d’Espagne, comme je l’ai indiqué à la page 709; 3° qu’il faut employer une quantité de zinc plus considérable que celle dont on fait habituellement usage pour dégager du gaz hydrogène arsénié dans les expériences ordinaires , car la présence d’une certaine quantité de sulfate de potasse dans l’appareil détermine la formation d’un sulfate double de potasse et de zinc, qui au bout d’un certain temps cristallise, se dépose sur le zinc, le recouvre et l’empêche de continuer son action sur l’acide sulfurique étendu.

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